Pyrénées-Orientales : La spiruline s'épanouit au “Chant de l'eau”

Pyrénées-Orientales : La spiruline s'épanouit au “Chant de l'eau”

Cédric Lelièvre et Joaquim Cabrol cultivent une algue alimentaire appelée spiruline. C'est au pied du splendide Mont Canigou dans les Pyrénées-Orientales que leur EARL Le Chant de l'eau a élu domicile. Panorama d'une production originale.

Il y a dix ans, Cédric Lelièvre se lance, seul et en pionnier, dans la culture de la spiruline. Cette algue alimentaire, à l'époque peu connue en France, a de multiples vertus. Riche en oméga 6, elle contribue à une alimentation saine et équilibrée. À la fois consommateur et producteur de ce produit encore confidentiel dans l'Hexagone, Cédric débute la production avec un bassin de 100 m2 et une production de 40 kilos par an. Il souhaite : “commencer petit pour assurer la production, mais aussi la distribution”. Au fil de l'expérience acquise et du développement des débouchés, il augmente sa surface de production dans l'objectif de dégager un salaire. Puis, pour donner un nouvel essor à son projet et limiter l'astreinte de la surveillance des bassins de production, il propose à Joaquim, un ami de longue date, de travailler à ses côtés. Ainsi naît, l'EARL “Le chant de l'eau”.

Une surveillance quasi permanente

Pour assurer une qualité irréprochable de la spiruline, Cédric et Joaquim assurent une surveillance quasi permanente des bassins. Ils veillent au bon fonctionnement de la roue à eau qui permet de renouveler et d'oxygéner l'eau provenant du canal d'irrigation alimenté par le torrent de la Rotja. Ils contrôlent également le pH des bassins et leur concentration en spiruline. La récolte de l'algue s'effectue de mai à novembre, avec une pointe de travail durant la période estivale. Les deux associés cultivent désormais 1000 m2 de bassins. Pour ce faire, leur équipement est sommaire, “du bricolé et du recyclé maison, car rien n'existait en la matière. C'est aussi un choix pour diminuer les charges” expliquent-ils.

Le bouche-à-oreille

Pour eux : “croire en son produit permet de mieux le valoriser”. Pas question de se lancer dans la production de masse. “Cette place est largement prise par les cultures industrielles chinoises, indiennes ou américaines”. Pour nourrir leur réseau de distribution, les associés participent à des salons bio et à des marchés locaux. Le bouche-à-oreille leur apporte chaque année de nouveaux clients. “C'est notre meilleure publicité” estiment-ils. Ils valorisent également leur récolte (spiruline fraîche et séchée), tout au long de l'année, en vente directe à la ferme et par correspondance. Ils vont même jusqu'à associer cette algue à des graines de sésame pour séduire les fines bouches.

 

La force du partage

“Voilà 12 ans que la spiruline est cultivée à Bangui, en république Centrafricaine, où sa richesse en protéines sauve de la malnutrition des milliers d'enfants avec seulement 250 m2 de bassin”, révèlent Cédric et Joaquim. “L'association de cette algue, qui contient des oméga 6, avec du poisson gras, qui contient des oméga 3, aide à restaurer l'équilibre en acides gras essentiels, piliers des défenses du système immunitaires” précisent ces ambassadeurs de la nutrition santé. C'est en se rendant sur place, accompagné par un médecin de l'ONG “NSB”* que Cédric a pu partager ses connaissances avec des producteurs locaux.

(*) NSB = Nutri-Santé-Bangui est une ONG qui rachète la production de spiruline aux producteurs locaux pour nourrir les enfants.

La spiruline, fraiche ou séchée, est vendue à la ferme ou par correspondance.

La spiruline, fraiche ou séchée, est vendue à la ferme ou par correspondance.

 

Une vision d'avenir

Le Chant de l'eau s'investit aussi en France. Cette année, Cédric et Joaquim ont contribué à la création d'un groupement de producteurs français de spiruline. Les deux associés oeuvrent pour que le jeune groupement contribue à maintenir une production éco-citoyenne, notamment via un cahier des charges qui reste à élaborer. Comme ils le soulignent : “la spiruline se vend en moyenne 140 € le kilo. Sa qualité est amplement conditionnée par la méthode de production utilisée qu'il convient de maîtriser”.

 

Source CER France, Gérer pour gagner

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