Rats taupiers : Traiter de façon collective, c'est s'assurer de l'efficacité dans la légalité

Renaud Saint-André

Rats taupiers : Traiter de façon collective, c'est s'assurer de l'efficacité dans la légalité

Le FDGdon, qui regroupe une soixantaine de groupements de défense contre les organismes nuisibles, a tenu son assemblée générale annuelle.

Le fléau perdure. Les populations de rats taupiers (autrement appelés campagnols terrestres) sont plus ou moins actives, changent parfois de secteur géographique, mais restent - hélas - bien présentes. Pour preuve, le constat dressé vendredi par la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGdon). À l'issue de cette réunion, le président, André Dampeyroux (agriculteur à Arnac), constatait que les préoccupations demeuraient bien présentes, malgré la difficulté à mobiliser les agriculteurs sur une lutte collective et précoce. Pourtant, comme l'a souligné Christophe Chabalier, technicien à la Chambre d'agriculture, la loi oblige à ce que la lutte chimique contre les nuisibles se fasse dans le cadre d'un groupement. Seul le piégeage peut être pratiqué individuellement, sachant que les appâts vendus dans le commerce ne sont pas agréés pour les rats de bâtiment. Bernard Pradier, du service régional de la protection des végétaux à la Draf Auvergne, l'a rappelé. Il est aussi intervenu sur les homologations obligatoires - et somme toute relativement contraignantes - préalables à l'utilisation du gaz de type PH3 pour asphyxier les taupes. Des agréments qui risquent de s'étendre à bien d'autres produits phytosanitaires et pour lesquels des contrôles stricts seront effectués, compte tenu de la toxicité de ces matières manipulées.

Les secteurs les plus touchés

Au cours de cette même assemblée, qui regroupait une cinquantaine de présidents de groupements communaux, Damien Muratet, technicien embauché par la FDGdon a fait le point sur la situation départementale. Ce sont dans les secteurs de l'Aubrac et dans le canton de Pierrefort que les dégâts sont les plus importants. Le secteur de Saint-Cernin s'avère également particulièrement touché, notamment en direction d'Ally. Localement, certains coins de Châtaigneraie sont aussi très infestés. C'est par exemple le cas de Marcolès ou de Roannes-Saint-Mary. “Contrairement à ce que l'on pouvait attendre, il n'y a pour l'heure qu'assez peu de dégâts de rats taupiers sur le Cézallier”, remarquait-il après les relevés de terrain opérés entre octobre et janvier. Mais il reste vigilant. Sur ces plateaux, la présence de taupes a de quoi inquiéter. Le rat utilise les galeries de celles-ci ; le campagnol peut donc redevenir actif ce printemps.

Déjà une livraison de 20 tonnes en 2008

Cette carte départementale est réalisée d'après une observation objective du territoire, quadrillé à raison de 1 km de côté. Sur chacun de ces carrés, le spécialiste attribue une note de 0 à 3, allant de l'absence de rats taupiers à une infestation complète. Cette appréciation globale est communiquée début mars aux responsables de groupement qui, à leur tour, transmettent l'information auprès de leurs adhérents, au cours de réunions où des intervenants peuvent éclairer sur des sujets techniques ou réglementaires. Il convient ensuite de passer en commande des appâts, à un prix très avantageux, actuellement de l'ordre de 24 euros le sac de 20 kilos de blé empoisonné à la bromadiolone pour traiter un hectare. Le traitement doit être effectué dans des périodes de quinze jours fixées par arrêté municipal (jusqu'à dix par an). En 2007, le FDGdon a rétrocédé 22 tonnes d'appâts aux groupements. Sur 2008, déjà 20 tonnes ont été livrées sur les trois premiers mois, laissant augurer une certaine recrudescence du phénomène. Pourtant, la bromadiolone est en cours de réévaluation au niveau européen. De quoi inquiéter les groupements qui savent que cette molécule est à ce jour la plus efficace.

Source journal L'Union du Cantal »

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