Recensement agricole d'Alsace : premières tendances

En une décennie, l’agriculture alsacienne a perdu 20% de ses unités de production et 15% de ses emplois permanents. Cependant, cette évolution est moins marquée que dans le reste de la France et l’Alsace a préservé l’essentiel de ses structures de production.

Recensement agricole d'Alsace : premières tendances

Main-d’oeuvre familiale prépondérante

En Alsace, environ 27 600 personnes participent régulièrement au travail qui est nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles. Les chefs d’exploitation et co-exploitants constituent le pilier de cette main d’oeuvre. Ils fournissent 50,7 % du travail en 2010, 51,5 % en 2000. En revanche, si la participation du reste de la famille est traditionnelle dans ce secteur, elle s’est réduite et ne constitue plus que 21,4% de la force de travail, 26,4% en 2000. Les salariés permanents hors cadre familial fournissent 14,0 % du volume de travail soit 3 points de plus qu’en 2000. Sur la même période, la contribution des saisonniers au volume de travail passe de 9,6 % en 2000 à 12,6 % en 2010. Cette évolution est marquée dans les exploitations les plus grandes dans lesquelles le travail fourni est de plus en plus assuré par les salariés permanents et les saisonniers. La viticulture nécessite à elle seule la moitié du travail saisonnier. En une décennie, l’externalisation du travail par le biais des CUMA et ETA passe de 0,7 % à 1,3 %.

En totalité, quelques 16 767 UTA ont été nécessaires pour assurer l’activité agricole, soit 2 150 de moins qu’en 2000. En 2010, pour mettre en oeuvre 100 ha de SAU, 5 UTA sont nécessaires contre 5,6 au précédent recensement.En 2010, tout comme en 2000, les contributions de courte durée (moins d’un quart de temps complet) sont le fait de 36 % des actifs agricoles. Ce type de contribution est le temps de travail le plus fréquent parmi les actifs familiaux. Il caractérise aussi les activités orientées en «grandes cultures» et en «viticulture», ainsi que dans les petites exploitations. A contrario, la durée des contributions augmente avec la taille des exploitations : 6 personnes sur 10 font plus de 75 % d’un temps complet dans les plus grandes structures.

Potentiel conservé

L’Alsace, petite région occupant1,5% du territoire, compte 12 014 exploitations agricoles en 2010, soit 2,5% de l’ensemble métropolitain. Cette proportion, certes faible, est néanmoins plus élevée qu’en 2000 car le taux de disparition des exploitations régionales est inférieur à la moyenne nationale. En 10 ans, l’Alsace a perdu un peu plus de 3 000 unités agricoles, soit une sur cinq, décennie durant laquelle une exploitation sur quatre cessait toute activité ou se regroupait avec une autre sur le territoire français. Moins nombreux, les agriculteurs alsaciens ont cependant conservé globalement leur surface agricole à un niveau légèrement supérieur à ce qu’il était en 2000 voire en 1970. Pour cela, certains ont recours à des terres situées hors région (plus de 6 700 ha dont 4 500 dans des départements limitrophes de l’Alsace – Source PAC 2010).

Au total, la Superficie agricole utilisée (SAU) par les agriculteurs alsaciens est estimée à 336 640 ha. En conséquence, la taille moyenne des exploitations a progressé passant de 22 à 28 ha en dix ans soit seulement la moitié de la SAU moyenne française. La viticulture qui constitue l’orientation dominante d’un tiers des exploitations, explique en grande partie cet écart car la vigne est généralement cultivée sur de petites surfaces.

Recensement agricole d'Alsace : premières tendances

Concentration accrue

En 2010, 6 750 exploitations ont un potentiel de production d’au moins 25 000 euros, ce qui correspond par exemple à une exploitation ayant 85 ares de vigne AOP ou 17 ha de maïs ou 12 vaches laitières. Ce sont les moyennes et grandes exploitations. Elles représentent 56% de l’ensemble des unités de production, 90% de la SAU et contribuent pour 95% de la production agricole potentielle. Leur part augmente par rapport à 2000 où il y avait pratiquement autant de petites que de moyennes et grandes. Les grandes unités, dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros, sont, elles aussi, de plus en plus nombreuses : 28% contre 23% en 2000. Elles contribuent à  hauteur de 78% à la production potentielle régionale.

Vignes et céréales

La vigne encore au top !

En 2010, les exploitations à dominante viticole ne sont plus prépondérantes en Alsace car les unités orientées «grandescultures» les ont dépassées en terme d’effectif. Toutefois, la viticulture conserve un potentiel productif deux fois plus élévé en valeur (45% / 22%) et, si on fait abstraction des petites unités, à effectif équivalent, ce différentiel est encore plus marqué (46% / 21%). Les exploitations mixtes (polyculture – élevage) complètent le trio de tête.

Encore plus de céréales !

Si les parts respectives des terres labourables et des superficies toujours en herbe sont toujours sensiblement les mêmes qu’il y a 10 ans, celle des céréales augmente encore pour atteindre 56% de la SAU. Cette extension se fait essentiellement au détriment des jachères et le «blé tendre» en est le principal bénéficiaire ; le maïs qui demeure malgré tout la culture la plus répandue en Alsace reste stable en occupant 40% de la SAU, comme en 2000.

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Porcs et Bovins

Les étables s’agrandissent …

Le nombre d’élevages bovins continue de se réduire assez fortement : près d’un élevage sur 3 a disparu en 10 ans. Cependant, le cheptel lui-même n’a perdu que 5% de son effectif. L’élevage moyen compte 68 têtes (contre 49 en 2000) mais 63% des élevages n’atteignent pas ce seuil. La structure des élevages bovins se modifie. La part des vaches laitières diminue de 2 points et celle des vaches allaitantes reste stable. La reconversion du troupeau régional (lait → viande) est lente mais perceptible.

… moins que les porcheries !

En 10 ans, l’élevage porcin alsacien s’est fortement concentré. Les effectifs porcins ont progressé d’environ 15% alors que près de 2/3 des élevages ont cessé leur activité dans le secteur. En conséquence, la taille moyenne des porcheries a triplé.

Source Agreste

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