Recensement agricole d'Auvergne : premières tendances

L'Auvergne représente 4,8 % de l'ensemble des exploitations de métropole et contribue pour 2,7 % à la production brute standard nationale. Les 17 % plus grandes exploitations contribuent à la moitié du potentiel de production standard de la région.

Recensement agricole d'Auvergne : premières tendances

42 100 emplois permanents consacrés à l'agriculture auvergnate

En Auvergne, 42 100 personnes participent de façon régulière aux activités des exploitations agricoles. En dix ans, le nombre d’actifs de l’agriculture régionale a diminué de 27 %. Cette main d'oeuvre permanente en 2010 fournit l'équivalent du travail de 30 600 personnes occupées à temps plein pendant une année (notion d'unité de travail annuel : UTA). L'agriculture est une affaire familiale profondément ancrée en Auvergne. En effet, plus de 93 % des tâches sont effectuées par les actifs familiaux, contre moins de 81 % sur l'ensemble du territoire national. En 2000, la famille auvergnate fournissait 96 % du potentiel de travail. Cependant, l'essentiel des activités agricoles repose sur les épaules des chefs d'exploitation et des coexploitants. Ils sont 29 500 toutes exploitations confondues et représentent 7 actifs permanents sur 10. Ensemble, ils fournissent plus des trois-quarts (78 %) du travail régulier (67 % en France). La plupart d'entre eux (71 %) travaille à temps complet sur l'exploitation. La participation du reste de la famille s'est fortement réduite et ne constitue plus que 15 % de la force de travail, soit 10 points de moins qu'en 2000. Plus l'exploitation est grande et plus les activités requièrent un temps de travail important. Ainsi, dans les moyennes et grandes exploitations, 9 chefs ou coexploitants sur 10 passent tout leur temps sur l'exploitation, c'est le cas pour 3 sur 10 dans les petites unités. Dans la masse de travail, le poids des salariés permanents hors cadre familial a augmenté. Il passe de 4 % à 7 % en 10 ans, en compensation de la baisse des actifs familiaux. En 2010, ils sont 2 700, comme en 2000, essentiellement employés dans les moyennes et grandes exploitations. Au travail fourni par ces actifs réguliers s'ajoute celui des saisonniers, l'équivalent de 1 113 UTA, une centaine de moins qu'en 2000. Le recours à des prestataires extérieurs (entreprises de travaux agricoles- ETA et coopératives d'utilisation du matériel agricole - CUMA) reste très marginal (200 UTA).

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Agrandissement et spécialisation renforcée

En 2010, l'Auvergne compte près de 23 700 exploitations agricoles, 4,8 % de l'ensemble national. On en recensait 29 947 en 2000. Ainsi, en dix ans, environ 6 300 ont cessé leur activité. Le taux annuel de disparition est de - 2,3 %, un rythme plus faible que sur la période précédente, 1988-2000, (- 3,1 % annuellement). C'est aussi un des quatre plus faibles de métropole. Les grandes exploitations ont bien résisté et leur nombre s'est étoffé. Ce sont surtout les moyennes, les plus nombreuses dans la région, qui ont le plus diminué (- 3,1 % chaque année). Les exploitations auvergnates mettent en valeur 1 456 200 ha de superficie agricole utile, une surface qui s'est réduite de 3,6 % en dix ans. Cette réduction est un peu plus marquée qu'en France (- 3,2 %). Toutes exploitations confondues, la SAU moyenne est passée à 62 ha, en progression de 11 ha depuis 2000. En France, la SAU moyenne est de 55 ha et le gain par rapport à 2000 atteint 13 ha. Aujourd'hui, 61 % des exploitations, soit 14 500, sont classées moyennes ou grandes. Elles occupent 71 % des actifs, s'étendent sur 90 % de la SAU et assurent l'essentiel de l'activité agricole (95 % de la production brute standard - PBS régionale). La spécialisation bovine concerne près de 57 % des exploitations de la région. Dans un contexte général de baisse, la spécialisation viande (7 500 exploitations) résiste mieux que le secteur laitier toujours en restructuration (- 31 %) ou mixte qui tend à se spécialiser (- 40 %). Ces évolutions sont différentes selon la taille de l'exploitation. Le nombre de petites structures se réduit quelle que soit l'orientation, à l'exception du secteur "grandes cultures" qui progresse de 21 %.

Les exploitations auvergnates se diversifient ...

En Auvergne, près d'une exploitation sur dix élargit son activité de production agricole en réalisant des activités annexes telles que la transformation de produits agricoles, la prestation de services (agricole ou non), la sylviculture, la transformation du bois, la production d'énergies renouvelables, l'artisanat ou encore des activités de tourisme ou d'accueil à la ferme. L'Allier se caractérise par le taux de diversification le plus faible (7 %) alors que le Puy-de-Dôme tient la tête avec plus de 10 % d'exploitations diversifiées. Ces activités complémentaires sont conduites au sein même de l'exploitation dans 85 % des cas. Les agriculteurs qui se lancent dans cette entreprise sont plus jeunes que la moyenne. Ainsi, 6 sur 10 ont moins de 50 ans (5 sur 10 dans l'ensemble des chefs). La différence est particulièrement marquée chez les moins de 40 ans (27 % contre 20 %). La prédominance de l’exploitation individuelle (62 %) est moins marquée que pour l’ensemble des exploitations (77 %). Les formes sociétaires sont plus largement représentées : 20 % contre 12 % pour les GAEC et 14 % contre 9 % pour les EARL. La transformation du lait à la ferme (615 exploitations) est concentrée sur la zone d'appellation Saint-Nectaire, alors que la transformation des autres produits agricoles, peu présente dans le département de l'Allier, se répartit de manière diffuse dans les trois autres départements. Les activités d'hébergement, de restauration et de loisir (600 exploitations) sont implantées sur tout le territoire. Les activités de service agricole trouvent naturellement une place prépondérante dans la plaine céréalière de la Limagne alors que les activités forestières et de travail du bois sont plutôt implantées dans le Livradois-Forez.

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... et vendent en circuit court

En 2010, une exploitation sur dix réalise la commercialisation d'une partie de ses produits via des circuits courts. Dans 80 % des cas c'est l'exploitation qui en assure elle-même la vente. Les trois principaux modes de commercialisation sont : la vente à la ferme pratiquée par 1 500 exploitations, la vente sur les marchés (770 exploitations) et enfin la vente directe à des commerçants détaillants (730 exploitations). Les produits commercialisés sont à l'image des exploitations de la région où les produits animaux sont au premier rang (60 % des produits commercialisés).

Source Agreste

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