Recensement agricole de Basse-Normandie : premières tendances

29 300 chefs d’exploitation et coexploitants contribuent pour deux tiers au travail agricole. Travail familial en retrait : 20 % du travail en 2010, 27 % en 2000. Hors cadre familial, 6 600 salariés en 2010, 6 400 en 2000. 4 % de main-d’oeuvre saisonnière et occasionnelle. Volume de travail des ETA et Cuma en légère augmentation : 1 % du total.En 2010, plus de la moitié des emplois agricoles sont à temps complet.

Recensement agricole de Basse-Normandie : premières tendances

Un quart de force de travail en moins en dix ans

En 2010, en Basse-Normandie, l’agriculture emploie 45 000 personnes, soit environ 7,5 % des actifs ayant un emploi dans la région. Au total, ces actifs fournissent 31 000 unités de travail annuel (UTA), soit une baisse de 26 % en dix ans. Les chefs d’exploitation et les coexploitants représentent les deux tiers de ce volume de travail. La famille demeure un pilier de l’emploi agricole mais sa part recule sensiblement, passant de 27 % en 2000 à 20 % en 2010. Cette diminution est notamment marquée dans les plus grandes exploitations. Malgré cette baisse de la population agricole, le nombre de salariés agricoles augmente. Ces derniers comptent aujourd’hui pour 15 % des emplois agricoles contre 10 % en 2000. Ils représentent même 17 % des UTA. Bien évidemment, ces salariés sont surtout employés par les plus grands exploitants. En 2010, les emplois à temps complet sont devenus majoritaires (51 % contre 44 % en 2000). Ils témoignent ainsi de l’agrandissement des exploitations. Pour autant les emplois occupant un quart de temps restent au même niveau qu’en 2000 (28 % des UTA). De plus, les cultures fortement employeuses de main-d’oeuvre saisonnière que sont le maraîchage et l’arboriculture, sont peu répandues dans la région. De ce fait, les saisonniers occupent une place réduite dans le travail agricole (4 %).

Une femme pour deux hommes

En 2010, les femmes occupent un emploi agricole sur trois. Leur présence dans les exploitations se généralise parmi les salariés. En 2010, 25 % des emplois salariés sont en effet occupés par des femmes contre 15 %, il y a dix ans. Elles privilégient les activités d’élevage pour les trois quarts d’entre elles. Les élevages avicole et équin sont les plus féminisés, tout comme les activités de maraîchage et d’horticulture.

Recensement agricole de Basse-Normandie : premières tendances

12 000 exploitations de moins qu’en 2000

La Basse-Normandie regroupe 24 000 exploitations en 2010, soit pratiquement 5 % des exploitations métropolitaines. C’est 12 000 de moins qu’en 2000. Chaque semaine, 23 exploitations ont disparu en moyenne dans la région entre 2000 et 2010. Le rythme était de 28 au cours des trente années précédentes. Au total depuis quarante ans, les deux tiers des exploitations se sont éteintes dans la région. Les grandes et moyennes exploitations occupent toujours l’essentiel de la surface agricole aujourd’hui (93 % contre 91 % en 2000).

La taille moyenne des exploitations gagne 15 ha

Entre 2000 et 2010, la superficie agricole utilisée (SAU) a elle aussi diminué. La ville a gagné sur les terres agricoles et 60 000 hectares dédiés à l’agriculture jusque-là ont trouvé une autre vocation : habitat, loisirs ou infrastructures. La SAU a ainsi diminué de 4,6 % en dix ans, beaucoup moins donc, que le nombre d’exploitations. Du coup, la taille moyenne des fermes bas-normandes s’est accrue considérablement, passant, toutes tailles confondues, de 35 à 50 hectares (+ 15 ha) et même de 66 à 86 hectares (+ 20 ha) si on ne considère que les moyennes et grandes exploitations. Cet agrandissement de la SAU moyenne explique que la part des exploitations dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros soit en forte hausse (32 % en 2010 contre21 % en 2000). Pour autant leur nombre a très peu augmenté (7 700). À elles seules, elles produisent aujourd’hui 82 % de la production agricole contre 67 % en 2000.

Les petites exploitations ne sont plus majoritaires

Malgré cette croissance, l’importance des petites exploitations caractérise toujours la Basse-Normandie. Il en existe encore 11 000 sur le sol régional, c’est-à-dire près d’une exploitation sur deux. À lui seul, le département de la Manche en abrite près de 6 000 et compte parmi les trois départements français où le nombre de petites exploitations dépasse 5 000 unités avec les Pyrénées-Atlantiques et l’Hérault. Au total, dans la région, plus de 40 % de ces petites exploitations ont disparu depuis 2000. Celles qui restent sont un peu plus grandes qu’il y a dix ans (8 ha en moyenne contre 6,5 en 2000) mais la part de la SAU régionale qu’elles exploitent a reculé de 28 %. Elles pratiquent plutôt l’élevage, notamment le bovin-viande, les ovins-caprins et les chevaux.

Les élevages laitiers reculent, les exploitations céréalières se développent ainsi que les élevages de chevaux

Les structures professionnelles définissent les orientations agricoles de la région. Elles sont à l’origine de 96 % de la production. Les aléas économiques de la production laitière et les contraintes organisationnelles des éleveurs bovins sont sans doute à l’origine du recul important de l’emprise de l’élevage laitier dans l’agriculture basnormande. Les exploitations laitières, majoritaires en 2000, ne représentent plus aujourd’hui que 44 % de l’ensemble des exploitations grandes ou moyennes. En revanche, la tendance de cette première décennie du XXIe siècle est à l’expansion des céréaliers (+ 18 %) et des éleveurs de chevaux (+ 11 %). Les surfaces en céréales sont de 278 000 ha en 2010, 30 000 ha de plus qu’en 2000. Les oléagineux sont bien plus cultivés aussi, pratiquement 20 000 ha supplémentaires. Corollaire de cette transformation, les surfaces fourragères perdent régulièrement du terrain : - 75 000 ha pour l’ensemble maïs fourrage, prairies temporaires et surfaces toujours en herbe. Il reste encore plus de 500 000 ha de prairies naturelles pour permettre, entre autres, le développement considérable des équidés chez les éleveurs professionnels. En effet, leur nombre atteint 43 000 têtes en 2010, soit 16 000 de plus en dix ans, + 10 000 chevaux de selle, sport, loisirs et course et + 6 000 juments.

Recensement agricole de Basse-Normandie : premières tendances

Un millier d’EARL en plus en dix ans

Malgré une forte poussée des formes de statuts sociétaires, les exploitations individuelles restent fortement majoritaires. En 2010, elles représentent encore trois quarts des exploitations. Le statut qui s’est le plus développé au cours des dernières années est celui des exploitations à responsabilité limitée, les EARL. Ce statut juridique concerne, en 2010, 13 % des exploitations contre 6 % dix ans auparavant. Il y a eu 1 000 EARL supplémentaires entre les deux recensements. Enfin, la part des groupements d’exploitation en commun, les GAEC, passe de 5 % en 2000 à 8 % en 2010, pour un nombre de GAEC finalement stable sur les dix années, autour de 1 900.

Les plus jeunes des agriculteurs installés dans le bocage

Le plus grand nombre d’installations d’agriculteurs de moins de 40 ans se fait dans les activités d’élevage de vaches laitières (30 % environ), suivis par l’élevage de bovins et les cultures de céréales. Dans les secteurs bocagers aux confins des trois départements bas-normands, la part des « jeunes » agriculteurs est relativement plus importante qu’ailleurs et ils dépassent le plus souvent le quart du total, qui est la moyenne régionale. En 2000, il y avait un tiers des agriculteurs professionnels dans cette tranche d’âge.

Source Agreste

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier