Recensement agricole de Charente-Maritime : premières tendances

Avec 7 400 exploitations et 8 700 exploitants et coexploitants recensés en 2010, la Charente- Maritime figure toujours en tête des départements agricoles de la région.

Recensement agricole de Charente-Maritime : premières tendances

Les salariés agricoles se substituent aux actifs familiaux

En Charente-Maritime, 13 800 personnes contribuent régulièrement au fonctionnement des exploitations agricoles pour un équivalent temps plein de 9 200 unités de travail agricole (UTA). Les chefs d'exploitation et les coexploitants constituent le pilier de la main-d'oeuvre puisqu'ils réalisent 57 % du temps de travail effectif. La contribution des autres membres de la famille, traditionnelle dans ce secteur, s'est fortement réduite. Le nombre de conjoints non coexploitants, ainsi que celui des autres membres de la famille participant aux travaux de la ferme, a diminué de moitié. Ils ne représentent plus que 11 % de la force de travail, contre 18 % en 2000. Pendant ce temps, l'effectif des salariés permanents non familiaux est demeuré stable entre 2000 et 2010, avec environ 2 300 actifs. La proportion de salariés par rapport au nombre d'actifs agricoles est donc passée de un sur huit en 2000, à un sur six en 2010. Leur apport relatif a augmenté puisque, hors cadre familial, ils fournissent 18 % du travail effectif contre 14 % en 2000. Par ailleurs cette professionnalisation des actifs agricoles s’accompagne d’une diminution des temps partiels : 51 % des personnes travaillant régulièrement sur l'exploitation sont à temps complet en 2010, contre 44 % en 2000. Un salarié sur trois travaille dans une exploitation spécialisée en viticulture. Cette filière a aussi fortement recours aux saisonniers et à la main-d'oeuvre occasionnelle. Sur les 12 % de force de travail fournie par cette main-d'oeuvre, un peu moins de la moitié est mobilisée par la viticulture. Enfin les prestataires externes, entreprises de travaux agricoles (ETA) et coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA), interviennent pour 2 % du travail, soit une progression de près de 40 % par rapport à 2000.

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7 400 exploitations se partagent 448 100 hectares

Les exploitations agricoles occupent 65 % du territoire de Charente-Maritime, soit 448 100 hectares. La superficie agricole utilisée (SAU) s'élève à 430 500 hectares, le solde correspondant aux bâtiments, aux cours, ainsi qu'aux bois et landes. Cette superficie a perdu 12 500 hectares (- 3 %) en dix ans. Durant la même période, 2 600 exploitations, principalement des petites et moyennes, ont disparu. Cette évolution est identique à la tendance nationale. Le nombre d'exploitations agricoles en Charente-Maritime s'élève désormais à 7 400, soit 29 % du total picto-charentais. Cet ensemble comprend 5 100 exploitations qui affichent un potentiel de production annuel d'au moins 25 000 euros. Ces exploitations, dites de moyenne ou grande taille, contribuent à hauteur de 98 % à la production potentielle départementale et occupent 95 % de la superficie agricole. La catégorie dite des grandes exploitations, dont le potentiel de production annuel dépasse 100 000 euros, ne diminue que de 8 % par rapport à 2000. En revanche, en proportion elle rassemble 38 % des exploitations contre 30 % dix ans auparavant. Elles constituent 79 % de la production agricole potentielle départementale sur 68 % de la SAU.

Progression des céréales et oléagineux et maintien de la viticulture

La Charente-Maritime s'est nettement orientée vers les grandes cultures (blé, maïs et tournesol en particulier). En 2010, le département consacre 42 % de sa superficie totale aux céréales et oléagineux. Les exploitations de cette filière représentent 37 % du potentiel de production agricole départemental. Cette progression s'est faite au détriment de l'élevage. Deuxième source de revenu agricole avec 29 % du potentiel de production, la viticulture constitue un atout majeur dans ce département. Ce secteur a vécu d'importantes réorganisations. Entre 2000 et 2010, la surface de vigne apte à la production d'eau de vie a diminué de 11 %, alors qu’en Charente, elle a augmenté de 3 %. Le nombre d’exploitations spécialisées en viticulture a diminué de 30 %. Une exploitation viticole spécialisée sur deux dispose d’une surface en vigne d’au moins 12 hectares.

Recensement agricole de Charente-Maritime : premières tendances

Montée en puissance des exploitations sous forme sociétaire

Le nombre d’exploitations individuelles enregistre une baisse de 37 %. Les plus petites exploitations sont attachées à ce statut juridique à 96 %, alors que la proportion tombe à 39 % pour les grandes exploitations. Le nombre de sociétés, tous statuts confondus, s’accroît de 17 %. Les structures du type exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL), dont le nombre a progressé de 25 % entre 2000 et 2010, sont les principales bénéficiaires de cette période. Ce type de statut est choisi en raison de ses nombreux atouts juridiques, fiscaux et administratifs. A l'inverse, le nombre (environ 280) de groupements agricoles d'exploitation en commun (GAEC), baisse de 26 %. Les autres sociétés civiles, principalement sociétés civiles d’exploitation agricole (SCEA), sont peu nombreuses (environ 600). Mais grâce à la taille imposante de leurs structures, leur produit s'élève à plus de 17 % du potentiel de production agricole départemental.

Source Agreste

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