Recensement agricole de Charente : premières tendances

En Charente, 7 900 chefs d'exploitation et coexploitants assurent la direction de 6 500 unités de production et apportent 59 % du travail agricole. La part de la main-d'oeuvre saisonnière et occasionnelle passe de 7 % à 9 % en 10 ans.

Recensement agricole de Charente : premières tendances

Les exploitants et coexploitants assurent 60 % du travail

L'agriculture charentaise emploie 12 200 personnes. Elles ne travaillent pas toutes à temps complet, aussi l'activité agricole représente-t-elle un équivalent temps plein de 8 200 unités de travail annuel (UTA). Comme ailleurs, l'essentiel du travail repose sur les chefs d'exploitation et sur les coexploitants. Ils réalisent 59 %du temps de travail effectif. Les conjoints et les autres membres de la famille exercent de plus en plus des activités non agricoles. Leur contribution pour faire fonctionner l'exploitation a diminué de moitié entre les deux recensements. Dans le même temps, l'effectif des salariés permanents non familiaux est resté stable entre 2000 et 2010, autour de 2 200. La quantité de travail fournie par les salariés a, en proportion, augmenté et couvre désormais 20 % des besoins (contre 10 % en 2000). Le salariat assure une UTA sur six en 2010 contre une sur huit en 2000.

Le temps de travail des salariés a également augmenté, conséquence de la diminution des temps partiels : 51 % des personnes travaillant régulièrement sur l'exploitation sont à temps complet en 2010, contre 44 % en 2000. Trois salariés permanents sur cinq travaillent dans une exploitation spécialisée en viticulture. Même si les vendanges se réalisent principalement à la machine, les viticulteurs ont besoin d’un complément de main-d'oeuvre saisonnière qui représente 9 % de la force de travail. Près de 5 saisonniers sur 8 sont mobilisés dans la viticulture. Enfin, les exploitants en appellent à des prestataires externes, entreprises de travaux agricoles (ETA) et coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA). Cela représente 2 % du travail, soit une progression de près de 63 % par rapport à 2000.

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6 500 exploitations cultivent 366 200 hectares

L’agriculture utilise 65 % du territoire de Charente, soit 389 500 hectares. La superficie agricole utilisée (SAU) couvre 366 200 hectares, le solde correspondant aux bâtiments, aux cours, ainsi qu'aux bois et landes. Une exploitation picto-charentaise sur quatre a été recensée en Charente, soit 6 500 contre 8 840 en 2000. L'agriculture en Charente a perdu 2 300 exploitations, principalement des petites et moyennes. Durant la période intercensitaire, le rythme de cessation d'activité agricole a été proche de celui observé au niveau national. Par ailleurs les agriculteurs exploitent 9 800 hectares de moins qu'il y a dix ans (- 3 %). Le secteur viticole résiste bien. Comme en 2000, près de deux exploitations sur cinq sont spécialisées en viticulture. Mais le nombre d'exploitations en grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux) est seul à progresser, en valeur absolue comme en part relative. Cette orientation regroupe une exploitation sur quatre en 2010 contre une sur six en 2000. Les exploitations affichant un potentiel de production annuel d'au moins 25 000 euros sont au nombre de 4 300. Ces exploitations, dites de moyenne ou grande taille, contribuent à hauteur de 98 % à la production potentielle départementale et occupent 94 % de la superficie agricole. La catégorie des grandes exploitations, dont le potentiel de production annuel dépasse 100 000 euros, diminue de 6 % depuis 2000. Mais en proportion, elle rassemble 38 % des exploitations, contre 29 % dix ans auparavant. La capacité de production des grandes exploitations s'est renforcée et dispose de 82 % du potentiel de la production agricole et 64 % de la SAU.

1 830 exploitations spécialisées dans la viticulture

La vigne qui prédomine dans le Cognaçais est valorisée par 2 770 exploitations contre 4 630 en 2000. Les surfaces viticoles s'étendent sur 40 600 ha soit 1 500 ha de plus qu'en 2000, alors que la Charente-Maritime, dans un même temps, a perdu 1 350 ha de vignes. La filière viticole s’oriente vers la qualité. Les vignes sont destinées pour 96 % d'entre elles à la production des eaux-de-vie et à la fabrication de pineau. Les superficies se concentrent dans des exploitations plus spécialisées. Ainsi 1 830 vignerons spécialisés entretiennent en moyenne 20 ha de vigne. Une exploitation sur deux dispose d’au moins 15 ha de vignes. Ces exploitations vinifient 97 % de leur récolte en cave particulière et commercialisent leur production essentiellement par le biais des négociants (97 % des ventes).

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L'EARL, toujours plus

La concentration des exploitations s'est accompagnée d'un développement des formes sociétaires (+ 15 %). Aujourd’hui, leur part atteint 33 % contre 21 % en 2000. Les exploitations individuelles demeurent cependant majoritaires malgré un recul de 38 %. En effet, 67 % des exploitations ont adopté ce régime juridique : les plus petites y sont attachées à 96 % alors que la proportion tombe à 80 % pour les moyennes et 32 % pour les grandes exploitations. Plus petites, les exploitations individuelles disposent de 33 % du potentiel de production agricole départemental. L'essor des exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) marque cette dernière décennie : leur nombre a progressé de 37 % entre 2000 et 2010. Dans un cas sur trois, elles ne comptent qu'un seul associé et conservent une dimension économique modeste puisque ces EARL unipersonnelles ne possèdent que 11 % du potentiel de production agricole départemental. A l'inverse, les 290 groupements agricoles d'exploitation en commun (GAEC) accusent un retrait de 31 %. Les autres sociétés civiles, principalement les sociétés civiles d’exploitation agricole (SCEA), sont 600. Mais grâce à la taille imposante de leurs structures, leur produit contribue pour 22 % de la production départementale.

Source Agreste

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