Recensement agricole de Gironde : premières tendances

En 2010, en Gironde, 9 400 exploitations mettent en valeur 242 000 hectares de surface agricole. En dix ans, le département a perdu le quart de ses exploitations et 17 500 hectares de terres à vocation agricole. Les grandes exploitations spécialisées résistent mieux. Les petites, orientées vers des productions combinées, reculent. En dix ans, une sur deux a disparu.

Recensement agricole de Gironde : premières tendances

242 000 hectares de surface agricole utilisée

En Gironde on recense 9 400 exploitations. Elles recouvrent une surface agricole utilisée de 242 000 hectares à laquelle il faut ajouter 3 100 hectares de cours et bâtiments et 37 700 hectares de bois, landes et autres surfaces non productives. Toutefois, en dix ans la SAU a diminué de 7%. Avec près de 120 000 hectares le vignoble représente près de la moitié de la SAU. Viennent ensuite les fourrages et surfaces toujours en herbe, les céréales et les jachères qui représentent respectivement 23%,17% et 4% de la SAU. Les autres cultures (légumes, oléagineux et protéagineux, vergers, pommes deterre) recouvrent moins de 7% de la SAU.

Une forte concentrationd’exploitations en zone viticole

Les sièges d’exploitation sont plus particulièrement situés sur la moitié est de la Gironde avec une plus forte concentration en zone viticole. Sur la moitié ouest, les exploitations sont beaucoup moins nombreuses mais s’étendent sur de plus grands espaces.

Recensement agricole de Gironde : premières tendances

La Gironde, le cinquième département agricole français

Une exploitation sur quatre a disparu en dix ans

Entre 2000 et 2010, l’agriculture girondine a perdu le quart de ses exploitations. Dans le même temps, près de 18 000 hectares de terres à usage agricole en 2000 ont disparu en 2010. Qu’elles soient spécialisées ou diversifiées, la baisse du nombre d’exploitations affecte la plupart des orientations, animales ou végétales.Côté exploitations « spécialisées » : le recul de l’élevage se confirme. Les secteurs bovins, ovins et porcins voient disparaître en moyenne la moitié de leurs unités. Dans le secteur végétal, fleurs et horticulture perdent une exploitation sur cinq, la vigne une sur quatre, fruits et légumes une sur trois. Seul le secteur des grandes cultures se distingue. Il perd une exploitation sur dix. Côté exploitations « diversifiées » : en dix ans, le nombre d’exploitations mixtes (polyculture, polyélevage, autres associations) est divisé par deux. Par l’abandon de l‘atelier « animal », en particulier dans le secteur laitier, et en ne gardant que la partie culture, une partie de ces exploitations est venue rejoindre le secteur des grandes cultures.

4% du potentiel agricole national

Entre 2000 et 2010, le taux de disparition des exploitations est inversement proportionnel à leur taille. Les petites exploitations (voir encadré) se replient de - 41%, les moyennes de - 27% et les grandes de -10%. Les grandes exploitations, dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros, représentent 46% de l’effectif girondin, contre 26% en Aquitaine, et 3% dans le restant de l’hexagone. Neuf sur dix sont recensées en viticulture. Au total, elles contribuent aux neuf dixièmes de la valeur du potentiel de la production départementale. En 2010, la Gironde représente 39% du potentiel économique agricole aquitain, et 4% du national. Ce qui la positionne, sur ce critère, au 5ème rang des départements agricoles français.

Gironde : le plus grand employeur agricole

Plus de 14 300 salariés permanents travaillent en Gironde en 2010, ce qui en fait le premier département français en terme de main-d’oeuvre, loin devant la Marne (7 300 permanents). Le nombre de permanents a diminué de 12% en dix ans, accompagnant, mais de manière moins accrue, le recul du nombre d’exploitations.

Le travail salarié (saisonnier et permanent) représente plus de 63% du volume de travail total des moyennes et grandes exploitations du département. Un poids sans commune mesure avec le reste de la France (30%). La viticulture y est pour beaucoup, qui emploie plus de 89% du temps de travail des salariés girondins.

En dix ans, le volume de travail des salariés saisonniers diminue de façon régulière, tandis que celui des ETA (Entreprises de Travaux Agricoles) et CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole) augmente de moitié sur la même période. La Gironde emploie 11% de la quantité de travail des ETA et CUMA France entière.Le nombre d’actifs familiaux poursuit son recul. La Gironde perd ainsi un quart de son volume de travail familial entre 2000 et 2010. En cause, la baisse du nombre d’exploitations, mais aussi des actifs familiaux, hors chefs et coexploitants, qui travaillent de moins en moins sur l’exploitation. Les chefs et coexploitants fournissent ainsi 80% du volume de travail familial.

La profession d’exploitant agricole s’est légèrement féminisée en dix ans (26% des chefs en 2010), plus particulièrement dans les élevages ovins et hors sol. La Gironde reste cependant le département aquitain où la part d’hommes à la tête d’une exploitation est la plus forte. Le statut de coexploitant, permis par l’essor des formes sociétaires, équilibre la donne avec 48% de femmes coexploitantes.La moitié des chefs ont 53 ans ou plus, contre 52 ans chez leurs homologues aquitains. Les exploitants de moins de 40 ans sont plus nombreux dans le nord-est du département. Parmi eux, sept sur dix consacrent un plein temps à leur activité professionnelle, contre moins de six sur dix pour les chefs plus âgés.

Recensement agricole de Gironde : premières tendances

Diversification, circuits courts : un complément de revenu

La diversification : un complément d’activité pour 7% des exploitations

Afin de mieux valoriser leurs produits, outils ou site de production, près de 700 exploitations, soit 7% de l’ensemble des exploitations agricoles de Gironde, développent une activité de diversification : transformation des produits à la ferme, travaux à façon, tourisme vert, production d’énergie renouvelable… La contribution de celle-ci au chiffre d’affaires, modeste dans les moyennes à grandes unités (moins de 10% du chiffre d’affaires pour 70% d’entre elles), peut se révéler vitale pour les petites exploitations : pour près de 3 unités sur 5, elle représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de l’exploitation.

Parmi les services offerts, l’agritourisme (hébergement, restauration, activités de loisir) arrive en tête, il est proposé une fois sur deux. Complémentaire ou véritable vocation à l’accueil touristique, l’agritourisme en Gironde est souvent pratiqué par des exploitations spécialisées en viticulture (une fois sur sept). Près de la moitié d’entre elles sont de grandes unités avec un potentiel de production dépassant 100 000 euros.

Les circuits courts : un mode de distribution complémentaire aux autres types de commercialisation

La commercialisation des produits de l’exploitation via des circuits courts (hors vins, voir encadré) concerne plus de 700 exploitations en Gironde. Deux unités sur trois, engagées dans cette démarche, réalisent ainsi plus de 50% de leur chiffre d’affaires.

Ce sont les fruits et légumes et les produits animaux (transformés ou non) qui sont les produits les plus souvent commercialisés dans ce cadre. Ils concernent respectivement 29% et 22% des exploitations pratiquant des ventes via des circuits courts. La vente de miel, assurée à 90% par les petites exploitations, est proposée une fois sur sept.

Près de 90% des exploitations concernées par les circuits courts ne mobilisent qu’un seul mode de commercialisation. La vente directe à la ferme constitue le mode le plus utilisé (42% des cas), viennent ensuite la vente sur les marchés (20% des cas) et la vente à un commerçant détaillant (12% des cas). Bien développée en Gironde, la vente en panier (type AMAP) est proposée cinq fois sur cent.

Source Agreste

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