Recensement agricole de Haute-Normandie : premières tendances

La Haute-Normandie compte près 11 500 exploitations agricoles sur lesquelles 22 800 personnes travaillent régulièrement. Des petites exploitations individuelles aux grandes exploitations souvent en formes sociétaires, l’agriculture régionale revêt des aspects bien différents. Environ 40 % des exploitations peuvent être qualifiées de « grandes », elles ont une surface moyenne de 135 ha, alors que les « petites », qui représentent également 40 % du total ne dépassent pas 7 ha en moyenne.

Recensement agricole de Haute-Normandie : premières tendances

Le travail dans les exploitations : moins de membres de la famille, plus de salariat

En Haute-Normandie, 22 800 personnes participent régulièrement au travail nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles. L’ensemble représente 15 100 unités de travail annuel (emplois à temps plein). Un peu plus de 14 000 chefs d’exploitations et coexploitants, constituent le noyau dur de la main d’oeuvre, ils assurent 60 % du travail. La participation des autres membres de la famille, longtemps traditionnelle en agriculture, se réduit fortement, elle représente moins de 13 % de la force de travail contre 20 % en 2000. Le nombre de conjoints actifs sur l’exploitation a diminué de 41 % par rapport à 2000. Nombre d’entre eux ne travaillent plus du tout sur l’exploitation et ceux qui le font consacrent moins de temps aux travaux agricoles : moins d’un mi-temps pour deux tiers d’entre eux. La diminution du travail des membres de la famille est compensée par la progression du travail assuré par les salariés permanents. Ces derniers réalisent aujourd’hui 19 % du travail agricole contre 16 % en 2000. C’est la catégorie d’actifs qui a le moins diminué : - 6 % en 10 ans et ils travaillent plus souvent à temps plein (45 % en 2010 contre 41 % en 2000). En Haute-Normandie, compte tenu des productions régionales, le travail assuré par des salariés saisonniers ou occasionnels est peu important, il représente 4 % du travail total. Enfin, deux exploitations sur trois ont recours aux services des entreprises de travaux agricoles, mais leur contribution qui porte principalement sur la réalisation de travaux mécanisés, reste relativement faible en volume avec moins de 2 % du travail total.

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Des exploitations moins nombreuses et plus grandes

La Haute-Normandie compte 11 500 exploitations agricoles en 2010. En dix ans, leur nombre a diminué de 29 % contre 26 % au niveau national. La baisse affecte surtout les petites et moyennes exploitations qui ont perdu respectivement 42 % et 34 % de leurs effectifs en 10 ans, alors que le nombre de grandes exploitations n’a diminué que de 5 %. L’agriculture régionale exploite 774 000 ha. Depuis 2000, la surface agricole utilisée (SAU) a diminué de 2,5 % soit 19 700 ha. Les exploitations sont donc moins nombreuses en 2010 mais elles sont plus grandes. Leur surface a progressé de 18 ha en moyenne depuis 2000, passant de 49 ha à 67 ha. Elle atteint 107 ha dans la catégorie des moyennes et grandes exploitations. Une exploitation sur quatre dépasse 100 hectares. Environ 7 000 exploitations, soit 60 % de l’effectif, ont un potentiel de production annuel qui dépasse 25 000 euros, ce qui correspond au produit brut de vingt hectares de blé. Qualifiées de« moyennes » et « grandes », ces exploitations représentent 98 % du poids économique de l’agriculture régionale, exploitent 96 % de la surface agricole utile et mobilisent 88 % du travail agricole total. Les petites exploitations, bien qu’en forte diminution, sont encore presque aussi nombreuses que les grandes. Orientées principalement vers l’élevage d’herbivores, elles exploitent en moyenne 7 ha.

Recensement agricole de Haute-Normandie : premières tendances

Progression des grandes cultures

Par rapport à 2000, la hiérarchie des orientations technico-économiques (OTEX) régionales pour les moyennes et grandes exploitations n’est que peu modifiée, mais la part respective des différentes orientations a évolué en faveur des grandes cultures. Elles restent en 2010 la première orientation en nombre d’exploitations et concerne 40 % d’entre elles contre 30 % en 2000. C’est aussi la seule orientation qui ait vu progresser ses effectifs. La polyculture et polyélevage, bien qu’ayant subi une baisse de 31 % des unités de production, se maintient en deuxième position avec 23 % des exploitations. Les élevages spécialisés en bovins lait ont perdu 39 % de leurs effectifs, ils conservent cependant la troisième place avec 17 % de l’ensemble contre 23 % en 2000. Les élevages mixtes (lait et viande) ont diminué de plus de 50 % et sont maintenant moins nombreux que les élevages spécialisés en bovins viande. Dans l’Eure, la spécialisation vers les grandes cultures, déjà importante en 2000 avec près de 50 % des exploitations moyennes et grandes, s’est encore accentuée, elle concerne désormais près de 60 % des exploitations. En Seine-Maritime les changements sont plus importants. Les exploitations spécialisées en bovins lait qui étaient les plus nombreuses en 2000 dans ce département, viennent désormais en troisième position, devancées par les systèmes polyculture et polyélevage et par les systèmes grandes cultures. Quand aux petites exploitations, elles sont surtout orientées vers l’élevage : une sur trois élève des ovins, une sur cinq des bovins viandes et une sur cinq élève des chevaux.

Source Agreste

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