Recensement agricole de Haute-Saône : premières tendances

Les premiers résultats du recensement agricole 2010 en Haute-Saône confirment la progression des grandes exploitations au détriment des petites et moyennes. Les structures individuelles laissent place aux formes sociétaires qui font progresser le nombre de coexploitants et améliorent la prise en compte du statut des conjoints, en particulier celui des femmes.

La Haute-Saône, grenier à blé de la Franche-Comté

En 2010, près de 5 500 personnes participent régulièrement aux travaux nécessaires au fonctionnement des 2 790 exploitations agricoles de Haute-Saône. Cette quantité de travail représente l’équivalent de 3 700 emplois permanents à temps complet. Pilier du fonctionnement des fermes haut-saônoises, 3 660 exploitants agricoles fournissent 70 % du travail. Le nombre d’exploitants diminue au même rythme que la moyenne régionale (- 19% en 10 ans). Le développement des formes sociétaires a permis aux moyennes et grandes exploitations de résister à cette érosion. Le nombre d’exploitants n’y a baissé que de 13% entre 2000 et 2010. A contrario, les exploitants des petites structures, souvent retraités ou double actifs, qui consacrent moins de la moitié de leur temps à l’activité agricole, ont perdu 30% de leur effectif. La part de l’aide familiale représente aujourd’hui 14% de la quantité de travail, soit une réduction de six points en 10 ans. Cette baisse concerne uniquement les conjoints non coexploitants qui travaillent davantage à l’extérieur des exploitations. Par ailleurs, l’activité de celles et ceux qui continuent de participer à l’activité de l’exploitation s’est amoindrie.

En contrepartie, le nombre de salariés agricoles a augmenté de 32% en 10 ans. Désormais, 510 salariés agricoles fournissent près de 10% des UTA soit trois points de plus qu’en 2000. En y ajoutant le travail apporté par les saisonniers ou la main d’œuvre occasionnelle, l’agriculture hautsaônoise fait travailler l’équivalent de 3 930 équivalents temps plein (UTA) soit une baisse de 19% en dix ans. Ainsi, le nombre d’UTA diminue proportionnellement moins que le nombre d’exploitations. En effet, avec l’agrandissement des exploitations, la quantité de travail nécessaire au fonctionnement d’une exploitation moyenne augmente de 1,3 à 1,4 UTA. Néanmoins, selon la spécialisation, cette quantité de travail peut varier du simple au double. En effet, un élevage bovin lait haut-saônois nécessite deux UTA quand une exploitation céréalière n’en utilise qu’une.

Recensement agricole de Haute-Saône : premières tendances

300 exploitations mettent en valeur plus de 200 hectares chacune

Avec 2 790 exploitations agricoles recensées en 2010, le département de la Haute-Saône a perdu un quart de ses exploitations en 10 ans. Les petites et moyennes exploitations, c’est-à-dire celles qui disposent d’un potentiel de production inférieur à 100 000 €, sont particulièrement touchées avec une baisse respective de 30% et 40%. Ces disparitions se font au profit de l’agrandissement des structures, soit par le regroupement de plusieurs unités de production, soit par la reprise des terres disponibles. Ainsi, le nombre de grandes exploitations est en augmentation, pour représenter aujourd’hui 37 % des fermes haut-saônoises contre 28 % en 2000. Désormais, elles exploitent 75 % de la Surface agricole utilisée (SAU) du département. La part prépondérante de ces grandes exploitations explique pourquoi la Haute-Saône affiche la SAU moyenne par exploitation la plus élevée de Franche-Comté, avec 84 ha par exploitation (toutes tailles d’exploitations confondues), contre 68 ha pour la moyenne régionale et même 170 ha pour les grandes contre 140 ha en Franche-Comté.

En forte expansion, les 300 exploitations ayant une SAU de plus de 200 ha représentent à ce jour 11% des exploitations et mettent en valeur 37 % de la SAU totale. En revanche, le nombre d’exploitations ayant une SAU inférieure à 50 ha a diminué de deux tiers en vingt ans. Néanmoins, avec 1 300 unités, elles représentent encore 46 % des exploitations. Conjointement à l’agrandissement des structures agricoles, la forme juridique évolue. En forte diminution de 35%, les exploitations individuelles cèdent du terrain au profit des formes sociétaires. En particulier, le succès des Exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL), qui permettent de protéger les biens personnels en les séparant du capital de la société et donnent un statut de coexploitants aux conjoints actifs, ne se dément pas. Entre 2000 et 2010, le nombre d’EARL est passé de 270 à 400 unités, avec une augmentation des surfaces mises en valeur de 20 000 ha. Cette évolution impacte le mode de faire valoir des terres, la part du fermage augmentant au détriment du faire valoir direct.

Recensement agricole de Haute-Saône : premières tendances

Le tiercé gagnant : lait, viande bovine et grandes cultures

La spécialisation bovins lait reste l’orientation agricole principale des exploitations de Haute-Saône. En effet, malgré une baisse de près d’un tiers de leur nombre, les élevages laitiers représentent encore 34 % des moyennes et grandes exploitations. Représentant 20% du total, le nombre d’exploitations mixant élevage et grandes cultures connaît également une forte baisse (- 20%). En revanche, les exploitations spécialisées en grandes cultures sont en nombre à peu près constant sur les dix dernières années. Principalement localisées dans l’ouest du département, elles représentent aujourd’hui 18% des fermes haut-saônoises, soit cinq points de plus depuis 2000. Par ailleurs, 56% des exploitations hautsaônoises cultivent des céréales. Parallèlement, les surfaces en grandes cultures progressent en Haute- Saône. En dix ans, les soles de blé et de colza ont augmenté respectivement de 4 000 ha et 3 000 ha, grâce à la remise en cultures de jachères et à la baisse de la sole de tournesol. En 2010, les surfaces en blé et en colza de Haute-Saône représentent respectivement 56% et 70% de la sole régionale.

Un tiers des bovins élevés en Franche-Comté paissent dans les prairies haut-saônoises. Malgré la baisse de 27% du nombre d’exploitations élevant des bovins, l’effectif du cheptel ne diminue que de 5% en dix ans. Ainsi, la taille du troupeau moyen augmente et atteint 121 bovins contre 92 en 2000. Le troupeau laitier reste le plus important malgré une baisse de 9% de l’effectif de vaches laitières. Un tiers des exploitations laitières ayant disparu en 10 ans, elles élèvent aujourd’hui en moyenne 48 vaches soit 12 de plus qu’en 2000. Après une forte hausse du nombre de vaches allaitantes entre 1988 et 2000, ce cheptel s’est stabilisé ces dix dernières années. La disparition de 16 % des exploitations conduit à un cheptel moyen par ferme de 30 vaches nourrices en 2010 contre 25 en 2000. La Haute-Saône est le département franc-comtois qui compte le plus d’ovins. 540 exploitations de toutes tailles élèvent 28 000 brebis, soit 56% du cheptel ovin régional. Avec une augmentation significative du nombre de porcins (+ 7 500 têtes), cent exploitations élèvent plus de 35 000 porcs soit 30% du cheptel franc-comtois.

Source Agreste

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