Recensement agricole de l'Eure-et-Loir : premières tendances

L’Eure-et-Loir renforce son potentiel de production agricole depuis dix ans. Sa vocation céréalière lui permet de conforter une productivité du travail basée sur l’implication des chefs d’exploitation.

Recensement agricole de l'Eure-et-Loir : premières tendances

Forte productivité de la main d’oeuvre agricole

En 2010, en Eure-et-Loir, 7 800 personnes contribuent au travail de production agricole dans les 4 318 exploitations que compte le département. La réduction du nombre d’exploitations s’accompagne d’un accroissement de la productivité du travail. Une personne à temps plein exploite désormais 84 hectares contre 70 hectares il y a dix ans, affichant ainsi le meilleur niveau de la région. L’Eure-et-Loir le doit en partie à son activité céréalière largement prépondérante et fortement mécanisée, qui nécessite moins de main-d’oeuvre que d’autres activités agricoles.Le renforcement de la production légumière de plein champ n’a, semble-t-il, pas freiné les gains de productivité.

Prépondérance des chefs d’exploitation.

La main-d’oeuvre agricole a pour socle les chefs d’exploitation et coexploitants qui fournissent 66 % du volume de travail, taux élevé comparé à celui de la région (59 % en moyenne). Dans l’agriculture, la main d’oeuvre est historiquement issue de la famille ; celle-ci contribue toujours en Eure-et-Loir à 74 % de la quantité de travail, mais son importance recule (78 % en 2000). Ainsi, les conjoints d’agriculteurs contribuent de moins en moins au travail de l’exploitation.Le travail produit par les salariés agricoles augmente mais reste modeste comparé aux autres départements de la région. Seulement 18 % de la main-d’oeuvre est assurée par les salariés permanents, 6 % par les saisonniers. La sous-traitance des travaux agricoles reste limitée en Eure-et-Loir, avec environ 3 % du volume de travail. Le recours aux entreprises de travaux agricoles (ETA) est cependant de plus en plus fréquent : près de la moitié des exploitations sont concernées, notamment pour la moisson. L’attractivité des exploitations euréliennes se confirme : 46 % des chefs d’exploitation de plus de 50 ans connaissent leur successeur contre 37 % en moyenne régionale. La personne pressentie appartient au cercle familial, mais le plus souvent ne travaille pas dans une exploitation.

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Une vocation agricole nettement confortée

Les 4 318 exploitations euréliennes représentent 17 % des structures de la région Centre. Avec 76 % de la surface départementale cultivée, part supérieure à tous les autres départements de la région, l’Eure-et-Loir affirme sa vocation agricole. Fait remarquable, le potentiel de production est en hausse de 7 % pour atteindre 549 millions d’euros. Le département est le seul de la région à afficher une hausse.

L’Eure-et-Loir se positionne au deuxième rang des départements de la région derrière l’Indre-et-Loire. Le gain de produit brut standard est principalement dû à la remise en culture des jachères et au développement de la production légumière mais aussi à un recul contenu du nombre d’exploitations et à une bonne maîtrise de la surface agricole. En dix ans, moins de 900 exploitations ont disparu, au rythme de 1,8 % par an, taux le plus faible de la région (2,7 % au niveaurégional). La surface agricole s’est également faiblement réduite, en cédant 440 hectares par an, soit seulement 1 % depuis 2000. La surface moyenne cultivée par exploitation s’est ainsi accrue, pour atteindre 105 hectares en 2010 contre 88 hectares en 2000. La moitié des exploitations dépasse 100 hectares de SAU, le quart ont plus de 150 hectares. En Eure-et-Loir, 3 420 moyennes et grandes exploitations contribuent à 99 % de la production agricole du département. Pour la moitié d’entre elles, le potentiel dépasse 100 000 euros : ce sont les grandes exploitations. Elles sont de plus en plus nombreuses, on en compte presque 2 200 en 2010 pour à peine 2 000 dix ans plustôt. Elles contribuent à elles seules à 83 % du potentiel de production du département. En Eure-et-Loir, la production des exploitations à dominante végétale est à l’origine de 82 % de la production brute standard.

Recensement agricole de l'Eure-et-Loir : premières tendances

Les grandes cultures dominent, mais les surfaces en légumes se développent

L’Eure-et-Loir reste le premier département producteur de céréales de métropole, et a fortiori de la région Centre. Elles occupent 64 % de la surface agricole du département, pour 52 % en moyenne régionale. Le département se classe au cinquième rang des départements français. Quant à la superficie de blé tendre, production phare avec 162 000 hectares, le quart de la surface régionale, au deuxième rang des départements de métropole pour les surfaces en blé dur. Au niveau régional, il tient également la tête pour la productionde colza avec 25 % de la surface et concentre 41 % des superficies en pois et autres protéagineux.

Pommes de terre, betteraves et légumes sedéveloppent.

La pomme de terre de consommation tient aussi le haut du pavé avec 7 000 ha, soit 63 % de la surface régionale. La betterave cultivée sur 8 200 hectares a gagné du terrain ces dernières années et représente près de 30 % de la production régionale, devancée par le Loiret. L’Eure-et-Loir a cependant une autre corde à son arc. Il concentre 27 % de la surface régionale de légumes destinés au marché du frais. Les surfaces sont en augmentation de 500 ha en dix ans et atteignent 3 660 hectares, juste derrière le Loiret et le Loir-et-Cher. La production d’oignons, de haricots verts, desalades, petits pois et carottes est importante. On note également la présence de cultures plus spécialisées, cultures de plantes aromatiques et médicinales, de fleurs et plantes, mais aussi de petits fruits, principalement des groseilles ou framboises.

Une activité d’élevage très modeste.

A coté d’une production végétale particulièrement dominante dans le département, celui-ci abrite des structures d’élevage, qui restent néanmoins modestes. On dénombre 162 exploitations ayant 7 600 vaches laitières (12 % du cheptel régional) et 364 unités élevant 8 300 vaches allaitantes, soit 4 % du troupeau régional. L’effectif de bovins poursuit son recul depuis 2000 : - 11 % pour les vacheslaitières, - 15 % pour les vaches allaitantes. L’effectif porcin progresse à 71 000 têtes (21 %du cheptel régional).

Le statut individuel domine toujours largement.

La forme individuelle reste dominante dans les exploitations euréliennes (62 % des exploitations), en dépit du recul qui se poursuit. Ces exploitations sont à l’origine de 40 % de la production agricole départementale. Le statut d’entreprise agricole à responsabilité limitée (EARL) domine les formes sociétaires : il rassemble en 2010 le quart des exploitations pour 16 % en 2000.

Source Agreste

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