Recensement agricole de l'Indre : premières tendances

L’Indre reste un département à vocation agricole dont le potentiel de production se maintient depuis dix ans.Ce résultat s’explique par une agriculture qui se spécialise et s’intensifie dans les orientations grandes cultures et bovins viande.La réduction du nombre d’exploitations s’accompagne d’un gain notable de productivité.

Recensement agricole de l'Indre : premières tendances

Les gains de productivité compensent la baisse du nombre d’exploitations

Dans l’Indre en 2010, 8 670 personnes participent régulièrement au travail des 4 880 exploitations agricoles. Le nombre d’actifs baisse de 2 630 personnes depuis dix ans en raison de la réduction du nombre d’exploitations, des économies d’échelle et d’une mécanisation accrue. Les surfaces moyennes par structure augmentent sensiblement et la productivité du travail s’accroît. Ainsi, il faut 1,3 UTA (unité de travail annuel) en 2010 pour exploiter 100 ha de SAU, alors qu’il en fallait 1,6 en 2000.

La production agricole par unité de main-d’oeuvre agricole a ainsi progressé de 22 % en dix ans, plus qu’en moyenne régionale (20 %). Ce sont les chefs d’exploitation et coexploitants qui sont principalement à la base de ces gains de productivité. Ils sont les piliers des exploitations : ils assurent 71 % du travail, c’est une progression de trois points depuis 2000. En revanche, la part des autres actifs familiaux diminue, passant de 12 % à 7 % pour les conjoints et de 5 % à 2 % pour le reste de la famille.On dénombre 1 100 salariés permanents hors cadre familial dont 58 % travaillent à temps complet. Ils assurent 14 % du travail des exploitations, en augmentation de près de deux points par rapport à 2000. Les trois-quarts de cette main d’oeuvre travaillent dans les grandes exploitations.Le travail réalisé par la main-d'oeuvre saisonnière évolue peu : 4 % du volume de travail en 2010 contre 3 % en 2000. Leur présence est liée à des productions de fruits ou à des activités viticoles. Enfin, la sous-traitance reste à un niveau modeste, même si elle s'accroît depuis dix ans. La part du travail réalisé par des prestataires externes (ETA ou CUMA) progresse de 1 % à 2 %, principalement dans le domaine des grandes cultures pour des travaux de moisson.

Recensement agricole de l'Indre : premières tendances

Davantage de grandes exploitations spécialisées

On dénombre 4 880 exploitations dans le département, soit 19 % des exploitations régionales. En dix ans, 1 430 exploitations ont disparu soit une diminution de 23 % voisine de celle observée en région (- 24 %). La structure de la production s’est modifiée: les grandes exploitations ont progressé de 10 % alors que les petites et moyennes structures sont moins nombreuses (respectivement 31 % et 34 %). En région, les évolutions sont très proches sauf pour les grandes exploitations dont le nombre est stable. Le statut individuel reste majoritaire dans le département, il correspond à 69 % des exploitations contre 79 % en 2000. Cette diminution profite aux EARL et aux autres formes sociétaires, la part des GAEC étant stable.

Les exploitations du département contribuent à 14 % du potentiel de production agricole régional, valeur similaire à cellede 2000. Ce potentiel de production s’est légèrement réduit en dix ans (baisse de3 %). Mais le rang de l’Indre est quasiment resté le même, 51e place en 2010 dans le classement de la production départementale française, pour une 52e place en 2000. Les exploitations assurant cette production sont essentiellement réparties au sein de trois orientations technico-économiques : 39 % sont spécialisées en grandes cultures, 18 % en bovins-viande et 16 % en polyculture-polyélevage. Depuis 2000, l'orientation polyculture-polyélevage est celle qui a le plus décliné quant au nombre d'exploitations (42 % de moins en dix ans). En revanche, le nombre d’exploitations spécialisées a mieux résisté : recul de 8 % engrandes cultures, de 18 % pour les spécialisées bovins viandes, de 25 % en ovins/caprins.

Recensement agricole de l'Indre : premières tendances

Une structure de production qui se maintient

Le département conserve une vocation agricole affirmée.

Depuis 2000, la superficie agricole utilisée (SAU) baisse de manière contenue (- 2 %contre 2,3 % au niveau régional). Elle atteint 452 700 hectares soit près des deux tiers du territoire. La répartition des productions est également restée quasiment stable en dix ans.

Grandes cultures et élevage restent les fondements de l’agriculture départementale.

A côté des grandes cultures, qui assurent 45 % du potentiel de production agricole départemental, le secteur de l’élevage reste largement représenté avec les orientations polyculture-polyélevage et bovins viande représentant 32 % du potentiel de production du département.

Un territoire divisé entre grandes cultures et surfaces en herbe.

Pour les productions végétales, les grandes cultures sont majoritaires et occupent 58 % de la surface agricole avecnotamment des productions de blé tendre, d’orge d’hiver et de colza. Les superficies en herbe (fourrages et surfaces toujoursen herbe) s'étendent, quant à elles, sur 36 % de la SAU, soit 161 100 ha en légère progression de 0,8 %.

Une spécialisation des productions animales.

Les surfaces en herbe sont principalement dédiées aux bovins qui constituen tla majorité du cheptel du département avec 235 400 animaux répartis dans1 910 exploitations. 91 % du cheptel bovin est à orientation viande, on dénombre ainsi 91 600 vaches nourrices dans 1 670 exploitations. En dix ans, le troupeau allaitant est resté stable mais on observe une spécialisation de la production avec des troupeaux de plus grande taille (41 à 55 vaches en moyenne par exploitation). Ces exploitations sont surtout orientées vers la production de broutards, la part de l'engraissement demeure limitée. Cette spécialisation accrue se retrouve également pour les autres productions animales dont la taille des élevages a augmenté. Elle masque, cependant, des situations contrastées : si la production caprine progresse avec 20 % de chèvres en plus, le troupeau laitier enregistre unebaisse sensible (- 18 % de vaches laitières) alors que l’élevage ovin, en perte de vitesse, perd 38 % de son cheptel.

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