Recensement agricole de l'Yonne : premières tendances

Département le plus céréalier de la région, l’Yonne conforte ses exploitations de grandes cultures et accroît son nombre d’exploitations viticoles. C’est ainsi le département bourguignon qui perd le moins d’exploitations et d’exploitants entre 2000, année du recensement précédent, et 2010. 9 000 permanents dont plus de 5 300 exploitants, associés à une main-d’oeuvre saisonnière en baisse, représentent 7 100 unités de travail annuelles.

Recensement agricole de l'Yonne : premières tendances

9 000 permanents dans la production agricole

Les exploitations icaunaises comptent 9 000 permanents à temps plein ou partiel, soit 1 900 de moins qu’en 2000. Cette baisse de 18 % est légèrement inférieure à celle observée au niveau régional (- 20 %). Le travail agricole demeure principalement familial : 74 % des actifs permanents appartiennent à la famille des exploitants contre 79 % en 2000. Les 5 330 exploitants constituent le pilier de cette main-d’oeuvre : ils fournissent 58 % de la force de travail. La participation du reste de la famille, traditionnelle dans ce secteur, se réduit très fortement : le nombre d’actifs familiaux autres que les exploitants est divisé par deux. Ils ne fournissent plus que 8 % du travail contre 14 % en 2000. Cependant, ces contributions familiales sont davantage reconnues : le nombre de salariés familiaux augmente ainsi de 38 %. Parmi les exploitants, la féminisation progresse mais reste modérée :1 200 femmes sont exploitantes, soit 22 % contre 19 % en 2000. La réduction de l’activité familiale a peu profité à l’emploi salarié.

Le nombre de salariés permanents hors cadre familial a très légèrement augmenté (1 %). On en dénombre désormais 2 300. Leur part a progressé. Ils assurent désormais 26 % du travail contre 24 % en 2000. La légère hausse de l’emploi salarié est principalement le fait de la viticulture dont le nombre de salariés a augmenté de 24 %.La main-d’oeuvre occasionnelle ou saisonnière diminue d’un quart. Elle n’assure que 6 % du travail. Elle intervient principalement en viticulture (à 39 %) et dans les exploitations céréalières (22 %) et de polyculture polyélevage (17 %). La contribution au fonctionnement des exploitations des entreprises de travaux agricoles et Cuma a doublé depuis 2000, mais reste faible (1 % du travail). Au total, les actifs agricoles fournissent un travail équivalent à 7 100 UTA (personnes à temps plein sur l’année). Le nombre d’UTA par exploitation est passé de 1,6 en 2000 à 1,7 en 2010. La productivité du travail progresse. En 2010, il faut 1,7 UTA pour mettre en valeur 100 hectares contre 1,9 UTA en 2000.

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4 300 exploitations, encore plus spécialisées

En 2010, l’Yonne compte 4 300 exploitations soit 21 % du total Bourgogne et 0,9 % du total France métropolitaine. 800 exploitations ont disparu en dix ans, trois sur cinq en quarante ans. Depuis 2000, ces disparitions ont concerné en majorité les petites exploitations. Leur nombre a diminué de 33 % (40 % au niveau régional). Par contre, les exploitations ayant un potentiel de production supérieur à 25 000 euros ne baissent que de 9 %, moins qu’au niveau régional (15 %). Ces 3 300 moyennes et grandes exploitations représentent désormais 77 % de l’ensemble : elles contribuent à 98,8 % de la production agricole potentielle départementale et occupent 97,5 % de la superficie agricole.

Les grandes exploitations dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros sont un peu plus nombreuses qu’en 2000 (+ 1 %) et occupent une part plus importante : 49 % contre 41 % en 2000. Elles concentrent 87 % de la production agricole potentielle départementale sur trois principaux systèmes de production : les grandes cultures, la viticulture et le système mixte « grandes cultures et élevage bovin ». Ces trois orientations technico-économiques (Otex) concernent 79 % des exploitations moyennes et grandes du département (75 % en 2000). L’Otex grandes cultures prédomine toujours : 53 % en 2010 contre 50 % en 2000. Elle résiste mieux au mouvement de concentration des exploitations que le système mixte « grandes cultures et élevage bovin » (- 5 % contre - 32 %).

Le nombre d’exploitations moyennes et grandes spécialisées en viticulture est le seul à croître entre 2000 et 2010 (+ 15 %). Il s’établit à 18 % des exploitations icaunaises (14 % en 2000). La moitié des producteurs de lait sont également céréaliers. Les éleveurs hors-sol sont à 50 % spécialisés (porcs), les autres partagent cette activité avec les grandes cultures.Sur le territoire, les spécialisations sont bien distinctes et impactent le paysage : céréales et oléo-protéagineux dominent le sénonais et les plateaux de Bourgogne, cohabitent avec des prairies en Puisaye, alors que le vignoble s’affiche en Chablisien.

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Une surface agricole plutôt stable

Les exploitations occupent un espace important : 417 300 hectares de superficie agricole, cultivée ou utilisée, mais aussi des surfaces de bâtiments, de cours, de bois, de landes. Au total, les exploitations agricoles s’étendent sur 424 400 hectares. La superficie agricole utilisée par les exploitations diminue de 0,5 % en dix ans (- 3,2 % en France métropolitaine). Pas de déprise donc, les exploitants qui cessent leur activité permettent aux autres de s‘agrandir : une petite exploitation sur trois a été englobée, et seulement une moyenne ou grande sur dix.

La surface moyenne d’une exploitation icaunaise frôle ainsi 98 ha contre 83 en 2000. Cet agrandissement de 18 % est néanmoins le plus modeste de la région en lien avec la disparition d’exploitations la plus faible. Les exploitations viticoles valorisent en moyenne 9,5 ha de vigne. 20 % d’entre elles ont plus de 15 ha et entretiennent ensemble plus de la moitié du vignoble icaunais. Si la vigne occupe moins de 2 % des surfaces, les exploitations de l’Yonne consacrent, en 2010, 52 % du territoire aux céréales, 23 % aux oléoprotéagineux et 17 % aux fourrages, surtout de l’herbe. Au sein de l’élevage bourguignon, l’Yonne se distingue par une présence laitière (malgré une forte baisse), par ses élevages hors sol : porc, en baisse, et volailles certifiées dont le nombre de places augmente encore. Ovins et bovins allaitants se côtoient aux abords du Morvan et en Terre Plaine.

Source Agreste

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