Recensement agricole de la Nièvre : premières tendances

Entre 2000 et 2010, la Nièvre perd 21 % de ses exploitations agricoles, tandis que la surface occupée par l’agriculture est presque stable. Les 3 500 exploitations recensées se sont encore agrandies. Avec en moyenne 106 hectares par exploitation et 67 vaches allaitantes par élevage, la Nièvre est le premier département bourguignon pour la taille de ses exploitations et le premier département français pour la taille de ses troupeaux allaitants.

Recensement agricole de la Nièvre : premières tendances

6 900 personnes dans la production agricole

En 2010, 6 900 personnes travaillent de façon permanente, à temps plein ou partiel sur les exploitations agricoles nivernaises. Depuis 2000, le nombre d’actifs agricoles a diminué de 18 %, soit un peu moins qu’en Bourgogne (- 20 %). Avec 84 % des actifs issus de la famille des exploitants contre 79 % en Bourgogne, le travail agricole demeure familial. Les 4 150 exploitants constituent le pilier de cette main d’oeuvre.Ils fournissent les deux tiers de la force de travail. En revanche, la participation du reste de la famille se réduit et ne constitue plus que 13 % des effectifs contre 19 % en 2000. Cette baisse est marquée pour les conjoints non exploitants travaillant sur l’exploitation (- 30 %), même si elle demeure inférieure à celle observée en Bourgogne (- 41 %). Néanmoins, ces contributions familiales sont mieux reconnues : 7 % des membres actifs de la famille, hors exploitants, en sont salariés, soit une hausse de 22 %.

Contrairement aux autres départements bourguignons, la baisse des actifs familiaux n’a pas entraîné d’augmentation de l’emploi salarié hors cadre familial. On dénombre 1 100 salariés permanents, soit autant qu’en 2000. Ils fournissent désormais 17 % du travail contre 14 % en 2000. Cependant, cette évolution des effectifs varie selon l’orientation des exploitations : fortement positive dans les exploitations viticoles (+ 30 %), elle chute dans les exploitations de grandes cultures (- 22 %) et de« polyculture-polyélevage » (- 11 %). La main-d’oeuvre occasionnelle ou saisonnière a diminué de 9 %. Elle ne représente que 4 % du travail et intervient surtout dans les exploitations viticoles (27 %) et la production de bovins viande (23 %). Les prestataires externes, entreprises de travaux agricoles et Cuma interviennent pour 1 % du travail, deux fois plus qu’en 2000. Au total, les actifs agricoles fournissent un travail équivalent à 5 100 UTA (unitéde travail annuel). Le nombre d’UTA par exploitation, stable depuis 2000, est inférieur à celui de la Bourgogne (1,5 UTA contre 1,7). En 2010, il faut1,4 UTA pour mettre en valeur 100 hectares contre 1,7 en 2000.

Recensement agricole de la Nièvre : premières tendances

3 500 exploitations en 2010

En 2010, la Nièvre compte 3 500 exploitations, soit 17,1 % du total Bourgogne et 0,7 % du total France métropolitaine. En 10 ans, un peu plus de 900 ont disparu, moins de deux sur trois en quarante ans. Depuis 2000, ces disparitions ont concerné en majorité les petites exploitations. Leur nombre a diminué de 37 % (40 % au niveau régional). Par contre, les exploitations ayant un potentiel de production supérieur à 25 000 euros ne baissent que de 12 %, moins qu’au niveau régional (- 15 %). Ces 2 500 moyennes et grandes exploitations représentent désormais 73 % de l’ensemble : elles contribuent à 98 % de la production agricole potentielle régionale et occupent 96,5 % de la superficie agricole.

Les grandes exploitations dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros sont plus nombreuses qu’en 2000 (+ 12 %) et occupent une part plus importante : 33 % contre 24 % en 2000. Elles concentrent 73 % de la production agricole potentielle départementale. Les trois principaux systèmes de production sont l’élevage « bovins viande », les grandes cultures et le système mixte « grandes cultures et élevage bovin ». Ces trois orientations technico-économiques (Otex) concernent 81 % des exploitations moyennes et grandes du département (83 % en 2000).

L’Otex dominante reste l’élevage « bovins viande » malgré la forte baisse de 17 % du nombre d’exploitations. Le système mixte « grandes cultures et élevage bovin » recule aussi (- 17 %). Seules les grandes cultures résistent (- 3 %). Toutes les exploitations spécialisées en bovins viande et en « grandes cultures et élevage bovin » concentrent respectivement 72 % et 20 % du troupeau de vaches allaitantes du département. En 2010, année à la sécheresse peu marquée, elles ont utilisé 91 % des 116 000 tonnes de paille achetées par les éleveurs nivernais, dont 86 % par les seuls spécialisés. L’Otex « maraîchage et horticulture » a une progression apparente liée au fait que les producteurs de sapins de Noël ont été recensés pour la première fois en 2010. Les spécialisations sont territorialisées: les bovins à l’est et au sud et les grandes cultures au nord-ouest.

Recensement agricole de la Nièvre : premières tendances

Des exploitations très grandes ...

Malgré la diminution importante du nombre d’exploitations, la surface agricole utilisée (SAU), estimée en 2010 à 370 200 hectares, accuse une légère baisse de 0,7 % par rapport à 2000. En moyenne, au cours des 10 dernières années, les exploitations nivernaises se sont agrandies de 2 hectares par an. La SAU moyenne des exploitations a ainsi progressé de 24 % depuis 2000 pour atteindre 106 hectares et 141 hectares pour les exploitations moyennes et grandes. La Nièvre se situe ainsi au 1er rang en Bourgogne et au 8e rang national pour la taille des exploitations.

Cet accroissement est significatif pour les exploitations de plus de 200 hectares et encore plus marqué pour celles de plus de 300 hectares. Le nombre de ces dernières a augmenté de 70 %. Les unités de plus de 200 hectares mettent en valeur 40 % de la SAU totale. La Nièvre demeure un département à vocation herbagère : la superficie toujours en herbe représente 52 % de la SAU ; elle a augmenté de 0,8 % depuis 2000. Si l’on ajoute les prairies temporaires, la surface en herbe représente 62 % de la SAU. Les céréales constituent la deuxième utilisation du territoire et occupent un quart de la SAU, tandis que les oléagineux en représentent 10 %.

Plus de 1 500 hectares sont consacrés à la vigne. Cette surface a augmenté de 15 % depuis 2000. La Nièvre est le premier département de France pour la production de sapins de Noël avec plus de1 000 hectares consacrés à cette activité. Malgré une baisse de 23 % du nombre de détenteurs, le cheptel bovin est au même niveau qu’en 2000. La taille moyenne des troupeaux s’est agrandie de 30 % passant de 128 bovins en 2000 à 166 bovins en 2010. La Nièvre occupe ainsi la première place au niveau national pour le nombre de vaches allaitantes par élevage : 67 contre 52 en 2000.

Source agreste

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