Recensement agricole de Lorraine : premières tendances

Les premiers résultats du recensement agricole 2010 viennent de paraître. Cette photographie de l’agriculture permet de mesurer précisément l’évolution de ce secteur au cours des dix dernières années.

Recensement agricole de Lorraine : premières tendances

26 500 actifs permanents

En 2010, 26 500 personnes participent régulièrement à l’activité des exploitations agricoles lorraines. Les chefs d’exploitations et les coexploitants constituent le pilier de cette main-d’ouvre et fournissent les 2/3 du travail nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles. Leur contribution relative augmente même car leurs effectifs diminuent proportionnellement moins que ceux des autres actifs familiaux. La participation de la famille, en appui ponctuel, est traditionnelle dans ce secteur mais elle se limite à 14 % de la force de travail contre 22 % dix ans plus tôt. Notamment, les épouses d’agriculteurs travaillent de moins en moins à la ferme, 63% d’entre elles ne participent pas aux travaux. Lorsqu’elles y participent, elles recherchent un statut plus affirmé ; le nombre de celles sans statut officiel a fondu d’un tiers. Enfin, l’effectif des membres de la famille ayant le statut de salarié sur l’exploitation augmente mais reste faible. La progression du salariat compense en partie la diminution de la main d’oeuvre familiale. Les salariés, hors cadre familial, fournissent 12 % du travail, cette part est en augmentation de 4 points. Ils représentent plus de la moitié de l’apport de main d’oeuvre pour les unités maraîchères ou horticoles et plus du quart pour les élevages de volailles et de porcins (élevages hors sol). Par ailleurs, 6 % du travail est assuré par une main d’oeuvre occasionnelle ou saisonnière. Ce type de contribution est caractéristique des productions fruitières, maraîchères et viticoles.

Enfin, les prestations externes, fournies par les entreprises de travaux agricoles ou les CUMA, interviennent pour 1 % du travail total. Cet apport a augmenté de près de 50 % depuis 2000 et cible surtout les unités de grandes cultures, fruitières ou d’élevage hors sol. Les chefs d’exploitation et coexploitants sont de mieux en mieux formés. Ainsi, 79 % des moins de 40 ans ont au moins un niveau baccalauréat contre 49 % en 2000. En 2010, ils sont 46 % à être issus de l’enseignement supérieur (BTS agricoleen majorité) contre 20 % en 2000. Les agriculteurs sont ainsi plus formés que la moyenne de la population française.

Les exploitations s’agrandissent avec plus de formes sociétaires

La surface agricole utilisée (SAU) moyenne lorraine gagne 22 ha, elle évolue ainsi de 68 ha à 90 ha en 10 ans (de 42 ha à 55 ha au plan national). L’agrandissement des exploitations entraîne une baisse de leur nombre. En 2010, la Lorraine compte 12 650 exploitations, soit 2,6 % du total national. Ce sont 4 000 exploitations, l’équivalent de une sur quatre, qui ont disparu en 10 ans. Ce recul, qui concerne surtout les plus petites exploitations est moins marqué en Lorraine qu’au plan national. Les terres des exploitations qui disparaissent étant reprises par les unités pérennes ou nouvelles, la superficie agricole utilisée par les exploitations lorraines se stabilise, alors qu’elle baisse de 3 % au niveau national.

Cette concentration de la surface agricole se traduit par une baisse de 35 % du nombre d’unités de moins de 100 ha, et de 10 % pour celles faisant 100 à 200 ha. A l’inverse, le nombre d’exploitations de plus de 200 ha s’accroît de 39 % avec 450 unités supplémentaires. Le statut des exploitations évolue vers le développement des formes sociétaires et notamment des exploitations à responsabilité limitée (EARL). Leur part a doublé et elles sont désormais plus nombreuses que les groupements d’exploitation en commun (GAEC). L’importance des exploitations peut être abordée par la dimension économique qui illustre le potentiel de production végétale et animale exprimé en valeur. Ainsi, 7 900 exploitations présentent un potentiel de production d’au moins 25 000 euros, ce qui correspond par exemple à une unité ayant au moins 26 hectares de blé ou 12 vaches laitières. Ces exploitations, qualifiées de moyennes et grandes, regroupent 62 % de l’ensemble des exploitations lorraines, occupent 96 % de la superficie agricole et contribuent à 97 % de la production agricole potentielle régionale. Bien que leur nombre ait légèrement diminué, les grandes exploitations, dont la dimension dépasse 100 000 euros, sont plus nombreuses en proportion (40 % des unités contre 32 % en 2000). Elles réalisent 84 % de la production agricole potentielle régionale.

Recensement agricole de Lorraine : premières tendances

La lorraine reste une terre de polyculture élevage. Trois exploitations sur quatre ont des bovins

Trois grands types d’exploitations, les élevages bovins, les exploitations mixtes de culture-élevage et les unités spécialisées en grandes cultures dominenttoujours l’agriculture lorraine. Ces trois catégories regroupent 90 % des exploitations et 97 % de la SAU. L’élevage bovin reste le groupe le plus important avec 3 100 unités malgré un repli du nombre d’élevages de 30 % en dix ans, plus marqué pour les unités orientées vers les bovins laitiers. 2 100 structures mixtes associant culture et élevage sont recensées en 2010, contre 2 400 précédemment. A l’inverse, l’orientation grandes cultures voit ses effectifs progresser de 14 % pour approcher 2 000 exploitations. Une vision globale des dominantes communales laisse transparaître une région largement orientée vers la polycultureélevage, avec une poussée des grandes cultures en Meuse. Les exploitations spécialisées lait dominent dans les Vosges et les zones de piémont. Des micro zones de maraîchage apparaissent à proximité des villes, et des communes arboricoles sur les Côtes de Meuse et le Toulois.

Recensement agricole de Lorraine : premières tendances

La vente à la ferme : le circuit court privilégié

13 % des exploitations lorraines, soit 1 050 unités, commercialisent leurs produits en circuit court. Pour un quart d’entre elles, ce débouché représente plus de la moitié du chiffre d’affaires. La grande majorité des exploitations commercialise en nom propre, seules 5 % le font par le biais d’une autre entité juridique. Ces circuits ciblent des productions comme la viande découpée ou transformée, les oeufs et les volailles, les produits laitiers, les légumes, les fruits, le miel et le vin. Les producteurs certifiés Agriculture Biologique sont plus proches du consommateur final : près de la moitié des exploitants bio pratiquent les circuits courts contre 12 % pour les non bio.

Les trois quarts des unités présentes sur les circuits courts privilégient la vente directe. Moins d’une sur dix traite par vente indirecte, faisant intervenir un seul intermédiaire. Et près de deux sur dix cumulent ces deux procédés. Parmi les différents modes de commercialisation relevant des circuits courts, la vente à la ferme est de loin le plus pratiqué, et cela quel que soit le produit concerné. La moitié des unités se limitent à ce type de vente. Suivent la vente sur les marchés (19 %) et à destination de commerçants détaillants (18 %). Pour certaines productions, la vente en tournée ou à domicile se développe ou encore la vente en paniers pour les produits maraîchers. Le recours aux circuits courts est plus affirmé dans les départements de la Moselle et des Vosges, avec 14 % et 17 % des exploitations. Les produits d’origine animale y sont en général plus présents ; les fruits se retrouvant davantage en Meurthe-et-Moselle et Meuse. Les unités pratiquant les circuits courts se caractérisent par un apport conséquent de main d’oeuvre non familiale qui se retrouve au niveau du travail global : 2,6 UTA contre 1,9 UTA pour les autres.

Source Agreste

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