Recensement agricole de Lozère : premières tendances

Baisse de la surface agricole utilisée(SAU) contenue à 4 % (entre 2000 et 2010), diminution du nombre d'exploitations limitée à 14 %, hausse du nombre de chefs et coexploitants travaillant à temps plein, l’agriculturelozérienne se distingue nettement dans une région fortement impactée par la mutation de la viticulture.

Recensement agricole de Lozère : premières tendances

4 800 personnes travaillent dans les exploitations agricoles

Depuis 2000, l’agriculture de la Lozère, département d’élevage, a évolué mais de façon moins sensible que dans les quatre autres départements de la région impactés par la mutation de la viticulture. 4 800 personnes participent régulièrement au travail nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles.S'y ajoutent le travail saisonnier et celui fourni par les entreprises de travaux agricoles (ETA) et les coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma), pour l'équivalent de 200 emplois à temps plein.

Au total, les exploitations agricoles utilisent 3 800 unités de travail annuel (UTA). Le pilier de cette main-d'oeuvre est constitué par 2 650 chefs d'exploitation et 600 coexploitants. Majoritaires en nombre, ceux-ci le sont également dans le temps de travail : leur part a encore augmenté passant de 69 % il y a 10 ans à 75 % en 2010. En parallèle, la part du temps de travail des saisonniers double et atteint 5 %. A l’inverse, la contribution de la famille au temps de travail diminue fortement passant de 26 % en 2000 à seulement 17 % en 2010. Cette baisse apparente peut également résulter d'une meilleure reconnaissance des conjoints à travers le statut de coexploitant. La contribution des salariés permanents et des prestataires externes (ETA et Cuma) est stable par rapport à 2000 et reste faible (respectivement 2,5 % et 0,4 % du temps de travail). En 10 ans, le nombre de chefs d'exploitation et coexploitants travaillant à plein temps a augmenté. C’est le seul département de la région dans ce cas. Cette hausse est en outre notable (+11 %) et d’autant plus remarquable que le nombre d'exploitations a diminué (-14 %) sur la même période.

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Concentration sur les exploitations moyennes

La Lozère compte près de 2 650 exploitations agricoles en 2010, soit 9 % du total régional. Ces exploitations se distinguent par la taille de leur superficie agricole utilisée (SAU) : plus de 91 ha en moyenne, ce qui permet à ce département d’être le premier sur le plan de la SAU (241 700 ha de SAU au total, le quart de la SAU régionale). Autre fait notable, c’est en Lozère que la SAU moyenne par exploitation a le plus progressé, gagnant 10 ha en 10 ans. Cet agrandissement concerne toutes les catégories d'exploitations. Ce sont 440 exploitations qui ont disparu en dix ans, soit 14 % d'unités en moins sur la période.

Après les exploitations moyennes (plus de la moitié des exploitations), les petites structures restent nombreuses avec 36 %. Les grandes quant à elles représentent 7 % mais participent à 24 % de la production brute standard (PBS) départementale. En 2010, les moyennes et les grandes exploitations sont au nombre de 1 700 (soit 64 % de l'ensemble). Elles contribuent à 91 % de la PBS du département, et exploitent 87 % de la SAU du département. Leur SAU moyenne atteint 124 ha.

Les formes sociétaires progressent

Les exploitations individuelles restent fortement majoritaires : 80 % même si leur nombre a diminué de 22 % depuis 2000. Ce statut est celui de 85 % des petites et moyennes exploitations et encore de 18 % des grandes exploitations. Les exploitations individuelles produisent 61 % de la production brute standard agricole totale, sur une superficie moyenne de 69 ha. 20 % des exploitations sont en forme sociétaire. Elles produisent 38 % de la production brute standard agricole, sur une SAU moyenne de 188 ha et représentent au total 39 % de la SAU du département. Parmi elles, le nombre d'exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) a doublé depuis 2000 pour atteindre 124 unités. Les groupements agricoles d'exploitation en commun (GAEC) enregistrent pour leur part une augmentation de 33 %, ce qui est à l’opposé de la tendance régionale (- 10 %). Les sociétés civiles de type société civile d'exploitation agricole (SCEA) sont en augmentation de (+ 70 %) mais restent peu nombreuses.

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L’élevage dominé par la filière bovine

L’élevage reste largement prédominanten Lozère. Les trois principaux systèmes de production sont l’élevage “bovins viande”, l’élevage “ovins-caprins” et l’élevage “bovins lait”. Les spécialisations (otex) bovines concernent 1 480 unités soit 56 % du nombre total d’exploitations et 62 % de la SAU départementale. La spécialisation viande (un millier d’exploitations comme en 2000), résiste mieux que le secteur laitier avec ses 330 exploitations (en baisse de 34 % par rapport à 2000) ou que les bovins mixtes (bovins lait, élevage et viande) avec ses 145 unités (- 6 %). Les exploitations de l’Otex bovins viande représentent 31 % de la PBS du département contre 16 % pour les bovins lait et 9 % pour les élevages bovins mixtes. Les 66 000 vaches se partagent en un quart de vaches laitières et trois quart de vaches allaitantes. Les races les plus répandues sont : l’Aubrac (51 %), la Montbéliarde (16 %), la Limousine (7 %), l’Abondance (4 %) et la Charolaise (4 %). C’est ensuite l’élevage d’ovins qui est le plus présent avec 490 exploitations spécialisées, soit 19 % des exploitations départementales et 30 % de la SAU. Avec près d’un tiers de la PBS départementale, il fait part égale avec l’élevage bovin viande.

135 000 brebis mères se répartissent entre la filière lait (52 %) et la filière viande (48 %). L’élevage caprin augmente de 20 % malgré une baisse de 28 % du nombre d’exploitations. Au total, les exploitations spécialisées dans les élevages bovins, ovins et caprins sont au nombre de 2 040 et constituent ainsi plus des trois quarts (77 %) des exploitations du département.Viennent ensuite les unités des Otex polyculture-polyélevage avec 200 exploitations (8 %), moins de 2 % de la SAU et 4 % de la PBS et “autres herbivores” avec 170 exploitations, 3 % de la SAU et 3 % de la PBS du département.

La Lozère demeure un département à vocation herbagère : la superficie toujours en herbe (190 450 ha), même si elle a diminué de 7 % depuis 2000, représente encore 79 % de la SAU. Elle se répartit entre les prairies productives pour 23 % et les parcours, landes pâturées peu productives pour 77 %. Si l’on ajoute les cultures fourragères (38 300 ha), pour l’essentiel des prairies temporaires (37 400 ha) en augmentation de 16 %, la superficie fourragère principale représente 95 % de la SAU. Le solde est principalement occupé par la sole des céréales (12 000 ha) et la culture de châtaigniers (600 ha). Les élevages bovins et ovins sont essentiellement de type extensif avec un taux de chargement moyen de 0,5 unité gros bétail (UGB) par hectare de superficie fourragère principale. Cette conduite d’exploitation se traduit par des surfaces de SAU élevées rapportées aux actifs : un emploi à temps plein pour 78 ha de SAU dans les élevages spécialisés ovins et caprins, 73 ha dans les élevages bovins viande, 63 ha dans les élevages bovins mixtes et 50 ha dans les élevages bovins laitiers.

21 % des exploitations commercialisent un ou plusieurs de leurs produits via des circuits courts. Notamment, les trois quarts des 200 exploitations de l’Otex polyculture-polyélevage utilisent ce mode de commercialisation. 14 % des exploitations (370 unités) sont engagées dans des productions soussigne de qualité : AOP (7 %), IGP (5 %) et label rouge (2 %). Les produits concernés sont essentiellement les produits laitiers avec la production de fromages AOP (150 exploitations) et la viande bovine IGP (100 exploitations). 460 exploitations, soit 17 %, pratiquent des activités de diversification telles que : la transformation de produits agricoles (lait - 75 unités, ou autres produits, essentiellement carnés - 270 unités), l’hébergement (100 unités), la restauration (50 unités), les activités de loisirs (40 unités). Le travail à façon, agricole ounon, la sylviculture et la transformation du bois constituent pour un petit nombre d’exploitations d’autres activités complémentaires.

Source Agreste

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