Recensement agricole de Picardie : premières tendances

Les exploitations agricoles picardes continuent de s’agrandir. La concentration était déjà très développée dans la région mais l’avance par rapport à la moyenne nationale se réduit un peu. Les formes sociétaires poursuivent leur essor. Le statut traditionnel d’exploitant individuel ne concerne plus que 57% des exploitations. Les chefs et coexploitants assument 57% du travail agricole. La part des exploitations picardes spécialisées dans les grandes cultures atteint désormais 57%, ce qui représente un gain de 10 points en 10 ans. La suprématie du blé tendre se conforte. Le colza s’installe, en partie à la place de la betterave.

Recensement agricole de Picardie : premières tendances

La famille toujours aux commandes

En Picardie, 29 400 actifs permanents travaillent dans les 13 850 exploitations agricoles en 2010. Avec 7 800 actifs de moins qu’en 2000, l’agriculture picarde perd 21% de sa main d’oeuvre en 10 ans. La baisse du nombre d’exploitations est un peu moindre, -18%. Le nombre moyen d’actifs permanents par exploitation régresse donc de 2,2 à 2,1. A quelques nuances près, ces réductions d’actifs et d’exploitations agricoles affectent les trois départements picards. Ces évolutions sont atténuées par rapport aux moyennes nationales. Les actifs permanents regroupent les chefs et leur famille, ainsi que les salariés permanents non familiaux. Les structures sociétaires à plusieurs dirigeants se développent. Ainsi, le nombre de chefs et coexploitants diminue de 13%, un peu moins vite que le nombre d’exploitations. Par contre, le nombre d’actifs familiaux non dirigeants plonge de 40%. Le nombre de salariés permanents connaît une baisse relativement modérée de 17%.

Les exploitations agricoles picardes utilisent 23 000 unités de travail annuel, 21,5% de moins qu’en 2000. En 2010 comme en 2000, la main d’oeuvre familiale assure près des deux tiers du travail. Les dirigeants accroissent encore leur contribution majoritaire, tandis que les autres actifs familiaux se marginalisent toujours plus. Les salariés permanents continuent de prendre de l’importance dans l’exploitation alors que le travail occasionnel perd du terrain. Bien qu’il augmente fortement entre 2000 et 2010, le travail réalisé par les entreprises externes n’atteint pas encore 2%.

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La spécialisation en céréales et oléo-protéagineux se renforce

Parmi les 13 850 exploitations agricoles recensées en 2010 en Picardie, 3 000 sont petites, 3 000 sont moyennes et 7 850 sont grandes(1). Le taux de disparition des petites exploitations atteint 30% entre 2000 et 2010. Les grandes résistent nettement mieux. Leur baisse se limite à 8%. Elles représentent 57% de l’ensemble des exploitations picardes et contribuent à 91% du potentiel de production régional. Ces proportions demeurent nettement plus fortes qu’en moyenne nationale, respectivement 33 et 80%.

La spécialisation de l’agriculture métro-politaine dans les grandes cultures (céréales, oléagineux, betteraves…) se renforce. C’est particulièrement vrai en Picardie où cette orientation occupe de manière traditionnelle une place prépondérante. En 2010, 57% des exploitations picardes sont spécialisées dans les grandes cultures. Cette part était déjà de 47% dix ans auparavant. Dans la région, c’est surtout la spécialisation en céréales et oléo-protéagineux qui s’accroît de façon spectaculaire. Fait exceptionnel, le nombre d’exploitations spécialisées dans ce domaine est supérieur aujourd’hui à ce qu’il était il y a dix ans. En sens inverse, les autres cultures (maraîchage, fruits, fleurs), déjà peu nombreuses, sont de moins en moins représentées. Le nombre d’élevages, spécialisés ou associés aux cultures, régresse aussi fortement. Tout particulièrement, l’activité laitière se concentre et perd près de 4 éleveurs sur 10. Dans l’Aisne, les producteurs de Champagne sont un peu plus nombreux qu’il y a dix ans, à la faveur notamment d’une extension de la zone AOC Champagne en 2008.

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Des exploitations toujours plus grandes

En 2010, la surface agricole utilisée (SAU) de la Picardie couvre 1 327 300 ha. Depuis 2000, elle diminue chaque année de 1 420 ha en moyenne.
En revanche, la SAU moyenne par exploitation ne fait que progresser. Elle est passée de 81 ha en 2000 à 98 ha en 2010. Celle des «grandes exploitations» atteint 150 ha, les «moyennes» 50 ha et les «petites» 7 ha. En 2000, elles étaient respectivement de 135, 45 et 6 ha.

L’extension des terres labourables se poursuit, au détriment des superficies toujours en herbe. Les surfaces en céréales restent stables entre les deux recensements. 78% des exploitants cultivent au moins une céréale. Le blé tendre garde sa position de leader. Il est cultivé par près de 10 500 exploitants. Les superficies consacrées à la betterave ont perdu plus de 9% entre 2000 et 2010. Un peu moins d’un agriculteur sur 2 la cultive encore, contre 54% en 2000. Pour les betteraviers, la superficie moyenne en betterave qui était de 17 ha au précédent recensement se retrouve à 20 ha en 2010. Autre culture traditionnelle, la pomme de terre de conservation voit ses surfaces augmenter de 5%. En moyenne, le producteur picard cultive le tubercule sur environ 20 ha contre 13 en 2000. L’Aisne recense 820 viticulteurs pour 2 565 ha de vignes. La vigne, le colza, la féverole et le lin textile sont les seules cultures à voir augmenter à la fois leur superficie et leur nombre d’exploitants.

Source Agreste

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