Recensement agricole des Ardennes : premières tendances

Le département des Ardennes compte environ 3 000 exploitations en 2010 contre 3 800 en 2000. Cette baisse concerne pour moitié les petites exploitations et s’accompagne d’un agrandissement des exploitations. Le secteur céréalier s’en sort bien et l’élevage le plus touché par la baisse du nombre d’exploitations est celui des bovins mixte. Le département des Ardennes garde toutefois cette prédominance de l’élevage dans l’activité agricole et sa position au niveau national(27ème).

Recensement agricole des Ardennes : premières tendances

Une présence toujours forte du travail familial

Environ 6 100 actifs agricoles opèrent dans les exploitations ardennaises en 2010, soit presque 2 000 de moins qu’il y a dix ans. Cette forte baisse n’est pas propre au département et s’inscrit dans la tendance nationale. Dans une région comme la Champagne-Ardenne, c’est la viticulture qui réduit la baisse. Au total, les exploitations agricoles utilisent 4 500 unités de travail annuel (UTA), 11 % du travail régional (13 % en 2000). Du fait d’un département d’élevage et de cultures céréalières, le travail agricole y est plus souvent accompli par les exploitants et premiers coexploitants eux mêmes à hauteur de 68 %, cinq points de plus qu’en dix ans. Il reste en définitive très familial car 83 % des unités de travail relèvent des exploitants et de leur famille ; ces derniers représentent au total 5 500 actifs environ, soit 90 % des actifs agricoles ardennais. Même si leur part dans le travail agricole a légèrement augmenté (9,5 % en 2000 contre 10,7 % en 2010), le salariat permanent, autre que familial, est ainsi beaucoup moins présent dans les Ardennes et accuse même une faible baisse des effectifs (- 1,5 %). L’externalisation ou le travail réalisé par des entreprises ou des coopératives s’intensifie quelque peu mais reste à un niveau très faible (1,3 % du travail agricole). Enfin, la part du travail saisonnier a également augmenté passant de 3,8 % en 2000 à 5,5 % en 2010. Le taux est faible par rapport à celui de la région qui avoisine les 15 % mais ramené au champ agricole hors viticole, il lui est comparable (6,2 %).

Recensement agricole des Ardennes : premières tendances

Un agrandissement confirmé des exploitations

Par rapport aux autres départements de la région, la baisse du nombre d’exploitations ardennaises est forte mais est à relativiser par l’absence de viticulture. Les Ardennes perdent environ 800 exploitations en dix ans soit une baisse de 21 %, baisse identique au niveau régional (viticulture exclue). Une exploitation ayant disparu sur deux est une petite exploitation dont le potentiel de production n’atteint pas 25 000 euros, une surtrois est une moyenne exploitation, dont le potentiel de production est compris entre 25 000 euros et 99 999 euros, les dernières sont de grandes exploitations. Le profil des exploitations a ainsi quelque peu évolué puisque la part des grandes est égale à 48,4 % en 2010 contre 41,3 % en 2000. Les petites exploitations ont seulement vu leur nombre augmenter dans des spécialisations comme les cultures générales et se maintenir dans les céréales, l’horticulture et le maraîchage.

Le nombre de moyennes et grandes exploitations a augmenté également dans les céréales et oléoprotéagineux mais l’élevage, globalement atteint par la perte d’exploitations dans la région, se maintient et est même en très légère hausse pour les bovins viande.En nombre de bovins, l’érosion, toute orientation à l’élevage confondue, est de - 4,2 % contre - 6,7 % au niveau régional. Avec 302 000 hectares, la perte en surface agricole utilisée dans les Ardennes est la plus forte de la région (- 2,5 %). Mais les surfaces agricoles se sont agrandies ; la moyenne départementale est élevée et est passée de 112 hectares à 128 hectares.

Le taux d’actifs ayant suivi une formation est plus élevé dans les Ardennes

Les Ardennes se démarquent dans la région par un taux d’actifs agricoles ayant suivi une formation ; 26,4 % ont même un niveau Bac ou supérieur acquis par leur formation initiale ou par une formation continue contre 22,5 % en Champagne-Ardenne. Cette part est de 34,5 % chez les exploitants ou coexploitants, soit sept points de plus qu’en région. En définitive, 62,8 % des exploitants ardennais ont eu ou suivi une formation agricole dans un établissement agricole contre 55,8 % au niveau régional. S’ils ont moins de quarante ans, ils sont huit sur dix à avoir été ou élève ou stagiaire.

Les exploitants ayant suivi une formation sont plus souvent détenteurs d’un CAP ou BEP agricoles (48 %) ou bien disposent d’un baccalauréat ou d’un diplôme équivalent (31,2 %). Ils sont un sur cinq à avoir poursuivi leurs études ou formations (Bac + 2, études supérieures). D’une génération à l’autre, le niveau de formation glisse vers des niveaux plus élevés puisque seulement 14,2 % des formés de moins de quarante ans s’arrêtent au CAP ou BEP. La part des exploitants qui ont suivi une formation continue, sans formation initiale, est plus élevée qu’au niveau régional (11,7 % contre 9 %).

Recensement agricole des Ardennes : premières tendances

Hausse des exploitations à statut sociétaire

Pour ce qui est du statut juridique des exploitations, le département suit la tendance régionale et le statut sociétaire prend de l’ampleur. En 2010, six exploitations sur dix ont encore le statut individuel contre sept sur dix en 2000. Cette répartition dépend du potentiel des exploitations : les petites unités sont quasiment toutes individuelles, elles représentent 80 % chez les moyennes et 25 % chez les grandes. La baisse du nombre d’exploitations à statut individuel s’est accompagnée d’une hausse de celles à statut d’exploitation à responsabilité limitée (EARL). Leur part s’accroît de neuf points depuis 2000 pour atteindre 27 % des exploitations agricoles, douze points de plus pour les moyennes et grandes avec une proportion de 35 % en 2010.

Malgré une baisse des exploitations en Gaec, leur part reste relativement stable, autour de 9 %. Ce statut ne concerne que les grandes exploitations. Constat de l’agrandissement des exploitations, la taille moyenne de ce type d’exploitation est en nette progression : 219 hectares en 2010 contre 181 hectares en 2000. Les autres statuts juridiques, sociétés civiles notamment, augmentent. Leur part atteint 7 % contre 5 % en 2000. Leur surface moyenne est également importante,170 hectares. En évolution, la baisse du nombre d’exploitants concerne à la fois les hommes et les femmes. Toutefois, en structure, la part des femmes parmi les exploitants est plus importante qu’il y a dix ans et gagne ainsi deux points pour atteindre 23,4 % (31,2 % dans la région).

Source Agreste

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