Recensement agricole des Landes : premières tendances

En 2010, dans les Landes, 5 800 exploitations mettent en valeur 211 000 hectares de surface agricole. En dix ans, le département a perdu le quart de ses exploitations et 10 800 hectares de terres à vocation agricole. Les petites exploitations, orientées vers des productions combinées, reculent. En dix ans, une sur deux a disparu.

Recensement agricole des Landes : premières tendances

211 000 hectares de surface agricole utilisée

On recense près de 5 800 exploitations agricoles dans les Landes en 2010. Elles recouvrent une surface agricole utilisée de 211 000 hectares auxquels il convient d’ajouter plus de 2 100 hectares de cours et jardins ainsi que 27 700 hectares de bois, taillis et autres surfaces non productives rattachées aux exploitations. En dix ans la SAU a diminué de moins de 5%. Les cultures de plein champ recouvrent plus des trois quarts de la SAU. Parmi elles, le maïs avec près de 129 000 hectares, domine sans partage sur les autres productions : légumes de pleinchamp (15 000 ha), autres céréales (5 000 ha) et oléagineux-protéagineux (4 500 ha). Les surfaces toujours en herbe et fourrages représentent 17% de la SAU et les cultures pérennes (vergers et vignes) moins de 2%. Les sièges d’exploitation sont plus particulièrement situés au sud du département sur les Pays de l’Adour (Tursan et Chalosse). Au nord, sur la zone forestière du plateau landais, elles sont beaucoup moins nombreuses et plus éparses.

Recensement agricole des Landes : premières tendances

Les Landes, un potentiel qui progresse entre 2000 et 2010

Une spécialisation qui s’affirme

En dix ans, l’agriculture landaise a perdu le quart de ses exploitations. Dans le même temps, près de 11 000 hectares de terres qui avaient un usage agricole en 2000 ne l’ont plus en 2010. Côté secteur « animal », deux filières se distinguent : bovins-viande qui progresse en nombre d’exploitations et aviculture spécialisée qui se maintient. Cette dernière devient la deuxième orientation spécialisée en nombre d’exploitations en 2010. Partout ailleurs, le recul de l’élevage se confirme. Les secteurs bovins-lait, ovins et porcins voient disparaître en moyenne entre le tiers et la moitié de leurs unités. Coté secteur « végétal », la disparition du nombre d’exploitations est inférieure à la moyenne départementale. Fleurs et horticulture perdent une exploitation sur dix, comme celles recensées en grandes cultures ou en vigne, une sur cinq pour celles spécialisées en céréales. Les exploitations légumières restent stables sur la période. Les exploitations fruitières progressent. Par spécialisation ou disparition le nombre d’exploitations mixtes landaises (polyculture, polyélevage, autres associations) est presque divisé par deux, passant de 2 400 en 2000 à 1 300 en 2010.

Maïs et volailles, les piliers de l’agriculture landaise

Entre 2000 et 2010, le taux de disparition des exploitations affecte particulièrement les petites et moyennes exploitations, en moyenne plus d’une sur trois.Le nombre de grandes exploitations, dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros, reste stable sur la période. Elles représentent 27% de l’effectif et 83% de la valeur du potentiel de la production départementale. Plus de la moitié sont recensées en aviculture et maïsiculture. En 2010, Les Landes représentent 16% du potentiel économique agricole aquitain, contre 14% en 2000. Seul département aquitain à voir progresser ce résultat en évolution et en valeur entre 2000 et 2010, les Landes passent du 35ème rang des départements agricoles français en 2000 au 26ème en 2010.

Volailles et grandes cultures : la moitié de l’emploi agricole landais

L’emploi agricole est encore très familial dans les Landes : en 2010, les trois quarts du volume de travail sont réalisés par les actifs familiaux, contre deux tiers pour l’Aquitaine. Le département perd en dix ans un quart de son volume de travail, aussi bien familial qu’extérieur (permanents et saisonniers). Les exploitations de polyculture élevage sont les plus atteintes, avec un emploi divisé par deux.

Les salariés permanents sont peu touchés par la baisse de l’emploi (- 2%), tandis que les saisonniers voient leur temps de travail réduit d’un tiers entre 2000 et 2010. Les exploitations d’élevage hors sol ou spécialisées en grandes cultures emploient à elles seules plus de la moitié des permanents et saisonniers du département. Les ETA (entreprises de travaux agricoles) et CUMA (coopératives d’utilisation de matériel agricole) sont les seules à tirer leur épingle du jeu, en augmentant de 22% leur quantité de travail sur la même période. Elles restent cependant relativement marginales (7% du volume de travail non familial).

La baisse du nombre d’actifs familiaux est liée pour partie à celle du nombre d’exploitations. La part des conjoints et aides familiaux tend de plus à diminuer fortement (emploi divisé par deux en dix ans), accroissant celle des chefs et coexploitants : ces derniers effectuent en 2010 plus des trois quarts du volume de travail familial.L’activité de chef ou de coexploitant est toujours peu féminisée, la part de femmes reste stable (28%) entre 2000 et 2010. La moitié des femmes chefs d’exploitations ont plus de 57 ans, contre 50 ans chez les hommes : la transmission entre conjoints, à la retraite du premier, explique pour beaucoup cet écart.

Comme dans le reste de la région, les chefs d’exploitation de moins de 40 ans sont minoritaires, moins d’un chef sur cinq. Ces exploitants plus jeunes dirigent plus souvent que leurs aînés des exploitations spécialisées en aviculture, et moins en grandes cultures.

Recensement agricole des Landes : premières tendances

Diversification, circuits courts : un complément de revenu

La diversification : un complément d’activité pour une exploitation sur dix

Afin de mieux valoriser leurs produits, outils ou site de production, près de 600 exploitations, soit 10% de l’ensemble des exploitations agricoles landaises, développent une activité de diversification : transformation de produits à la ferme, travaux à façon, tourisme vert, production d’énergie renouvelable… Une unité sur trois réalise ainsi plus de 50% de son chiffre d’affaires. Parmi les services offerts, la transformation des produits agricoles avec notamment la découpe et conserve de viande (volailles et canard gras en particulier) est mise en oeuvre une fois sur trois. L’agritourisme (hébergement, restauration, activités de loisir) est proposé près d’une fois sur quatre et le travail agricole à façon, mobilisant les moyens de production de l’exploitation, une fois sur cinq.

Les circuits courts : un mode de distribution complémentaire pour près d’une unité sur cinq

La commercialisation des produits de l’exploitation via des circuits courts (hors vins, voir encadré) concerne 17% des exploitations landaises. Plus de 40% d’entre elles réalisent ainsi plus de la moitié de leur chiffre d’affaires. Les oeufs et volailles et les produits animaux (transformés ou non) représentent les produits qui sont le plus souvent commercialisés dans ce cadre. Ils sont proposés respectivement par 37% et 18% des exploitations pratiquant la vente via des circuits courts. Viennent ensuite les fruits et légumes (20%) et le miel (6%). Près de 90% des exploitations concernées par les circuits courts ne mobilisent qu’un seul mode de commercialisation. La vente directe à la ferme constitue le mode le plus utilisé (49% des cas), viennent ensuite la vente sur les marchés (16% des cas) et la vente à un commerçant détaillant (11% des cas). La vente en panier (type AMAP) est marginale, elle est proposée moins d’une fois sur cent.

Source Agreste

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