Recensement agricole du Cher : premières tendances

La place de l’agriculture dans le département du Cher se maintient tant sur le plan du potentiel de production agricole que sur celui de l’occupation du territoire. La part de plus en plus importante occupée par les grandes exploitations conjuguée à des gains de productivité notables expliquent cette situation. Les grandes cultures, l’élevage de bovins allaitants et la viticulture restent les principales orientations agricoles du département.

Recensement agricole du Cher : premières tendances

Une productivité du travail en hausse

Dans le Cher, les exploitations agricoles, pour assurer leurs productions, ont besoin de faire travailler de manière régulière moins de personnes en 2010 : 7 930 personnes contre 10 630 dix ans auparavant. Si l’agriculture a besoin de moins de bras, c’est en raison d’une productivité accrue : à elle seule, une personne à temps plein assume 66 hectares, 11 de plus qu’en 2000. La production agricole par unité de main-d’oeuvre agricole a ainsi progressé de 19 %. 

La main-d’oeuvre familiale, principale contributrice, se compose de 4 810 chefs d’exploitation et coexploitants et 1 170 autres actifs familiaux. En fait, les chefs et coexploitants fournissent la plus grande partie du travail agricole, soit 56 %. La participation des autres membres de la famille ne cesse de se réduire avec seulement 8 % contre 13 % en 2000. En particulier, les conjoints non coexploitants consacrent moins de temps à l’activité agricole : leur part de travail est de seulement 6 %. D’ailleurs, près de huit sur dix d’entre eux travaillent à moins d’un quart de temps ou pas du tout sur l’exploitation. La proportion de membres de la famille ayant le statut de salarié a doublé en dix ans. Elle n’en demeure pas moins faible, de l’ordre de 6 % des salariés.

Hors cadre familial, 1 940 emplois agricoles sont occupés par des salariés permanents et 70 % sont des postes à temps complet. Ces salariés fournissent le quart du travail agricole, soit trois points de plus qu’en 2000. Pour la plupart (87 %), ils sont employés dans les grandes exploitations. Ce sont les exploitations viticoles qui occupent le plus de salariés permanents, suivies des structures à orientation grandes cultures. En outre, ce sont surtout les viticulteurs, mais également les arboriculteurs qui embauchent des travailleurs saisonniers. Ceux-ci assument 9 % du travail, en très légère baisse par rapport à 2000. Les agriculteurs font peu appel à des prestataires externes (entreprises de travaux agricoles et coopératives d’utilisation de matériel agricole). Ils leur confient à peine 2 % de la quantité de travail.

Recensement agricole du Cher : premières tendances

L’agriculture, l’affaire des grandes exploitations

Le Cher compte 3 800 exploitations, soit 15 % de l’ensemble des exploitations régionales. Elles valorisent 432 300 ha soit 59 % du territoire départemental.En dix ans, le quart des unités ont disparu, taux légèrement supérieur à la moyenne régionale, mais en léger recul par rapport à la précédente période intercensitaire 1988/2000.

Pour autant, la plupart des terres agricoles ont conservé leur vocation : en dix ans, seulement 2 % ont perdu cet usage. De ce fait, les exploitations sont toujours plus grandes. Dans le Cher, la SAU moyenne atteint désormais 15 hectares, soit 21 de plus que la moyenne régionale. Trois exploitations sur quatre font partie des moyennes et grandes structures. A elles seules, les grandes unités, soit quasiment la moitié des exploitations, concentrent 85 % du potentiel de production. Les exploitations départementales contribuent à 16 % du potentiel de production agricole régional. Ce potentiel a légèrement diminué depuis 2000 (- 4 %). Pour autant, le Cher passe de la 47e à la 46e place au classement de la production départementale française. 

Les exploitations individuelles restent majoritaires avec près de 6 exploitations sur 10. Pour gérer des exploitations s’assimilant de plus en plus à des entreprises, les formes sociétaires sont plus adaptées et poursuivent leur développement : 41 % des exploitations ont adopté ce statut, dont la moitié des EARL et 13 % des sociétés civiles (SCEA). La part des GAEC est stable à 5 %.La hiérarchie des secteurs de production est sensiblement identique à celle de 2000. Les grandes cultures restent en tête avec 39 % des exploitations. Ce secteur a le mieux résisté. La viticulture perd seulement 22 % de ses exploitations spécialisées et contribue à hauteur de 13 % au potentiel de production départemental. L’élevage de bovins viande se comporte bien mais la polyculture élevage et l’orientation ovins-caprins perdent une part d’exploitations plus importante.

Recensement agricole du Cher : premières tendances

Grandes cultures, élevage allaitant et viticulture dominent l’agriculture du département

Les céréales dominent l’agriculture du Cher : elles couvrent 45 % du territoire agricole et ont légèrement gagné du terrain en dix ans. Culture principale, le blé tendre occupe près d’un hectare sur quatre. Les oléagineux confirment leur conquête du territoire : 6 % en 1979, 19 % en 2010, même s’ils semblent ne plus progresser. Les grandes cultures assurent 46 % du potentiel de production agricole du département, en augmentation de 4 points depuis 2000.

Un vignoble tout en appellation.

Le vignoble gagne en superficie et en qualité : il s’étend sur 4 130 hectares, dont la quasi totalité (98 %) est en appellation d’origine protégée. Et il se concentre sur les exploitations spécialisées et se répartit entre 490 agriculteurs, presque moitié moins qu’en 2000. Le verger, constitué essentiellement depommiers, ne cesse de se réduire. Il n’occupe plus que 780 hectares, alors que dix ans auparavant, il atteignait près de 2 000 hectares.

Moins d’éleveurs, mais des troupeaux plus conséquents.

Avec 64 500 vaches allaitantes, le Cher, surtout dans le sud, détient le tiers de l’effectif de la région, soit le deuxième cheptel régional après l’Indre. Ce cheptel reste stable. Les éleveurs, moins nombreux, possèdent en moyenne 55 vaches nourrices pour 42 en 2000. Avec un troupeau de 25 500 chèvres, le Cher détient 23 % de l’effectif régional. Il a perdu la place de leader qu’il occupait lors du précédent recensement pour rétrograder en 3e position, précédé de l’Indre-et-Loire et de l’Indre. Moins de chèvres, moins d’éleveurs, mais plus d’animaux par élevage : en moyenne, les 230 éleveurs caprins possèdent plus d’une centaine de chèvres. La production de fromage AOC Crottin de Chavignol s’essouffle.La production ovine est mise à mal, le cheptel décline au fil du temps. Par contre, les effectifs de porcins et de volailles sont en augmentation.

Source Agreste

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier