Recensement agricole du Doubs : premières tendances

En 2010, 3 350 unités de production mettent en valeur 220 000 ha de surface agricole utilisée. En dix ans, 960 exploitations ont disparu dans le département, libérant des terres qui ont permis l’agrandissement des exploitations restantes. Ainsi, aujourd’hui, près de 700 exploitations ont une SAU supérieure à 100 ha, soit 200 de plus qu’en 2000.

Recensement agricole du Doubs : premières tendances

De l’herbe, des vaches et du lait

En 2010, 7 150 personnes participent au travail nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles du département du Doubs. C’est 1 800 de moins qu’en 2000, soit une diminution de 21% en 10 ans. Les exploitations agricoles du département sont dirigées par 4 700 exploitants et coexploitants. Depuis 2000, leur nombre a baissé de 800, dont la moitié imputable à la disparition des seules petites exploitations. Dans les exploitations de plus grande taille, grâce au développement des formes sociétaires, le nombre d’exploitants diminue moins fortement et le nombre de coexploitants a même tendance à progresser (+ 150 personnes). Malgré la hausse des formes sociétaires, le caractère familial de la main d’oeuvre des exploitations du Doubs demeure. Ainsi, dans les moyennes et grandes exploitations, 77 % du travail est réalisé par les chefs et les coexploitants. C’est sept points de plus qu’en 2000. Les autres membres de la famille concourent encore à 16% du travail, même si c’est 10 points de moins qu’il y a dix ans. Au total, en termes d’emploi agricole dans le département, la main d’œuvre familiale compte 4 700 postes à temps complet, contre 6 000 dix ans plus tôt.

L’emploi salarié progresse de 140 personnes, soit l’équivalent d’une centaine de postes à temps plein. Traditionnellement, dans le Doubs, c’est dans le secteur horticulture maraîchage que se trouve majoritairement l’emploi salarié hors cadre familial. En 2010, celui-ci augmente encore et concentre 35% de l’emploi salarié à temps complet. Dans le secteur de l’élevage laitier, très majoritaire dans l’agriculture du département, les exploitations ont doublé l’embauche de salariés afin de compenser la perte de travail effectué par les actifs familiaux. Même si cette tendance reste encore marginale en nombre. Globalement l’emploi salarié en 2010 est fourni par 460 personnes qui produisent 7% du travail, soit trois points de plus qu’en 2000. Quant à l’emploi saisonnier, il régresse de 75 équivalents temps plein. La disparition de nombreuses petites et moyennes exploitations explique, pour partie, le moindre recours à ce type d’emploi. Le volume et la nature de la main d’œuvre sont largement liés à la spécialisation des exploitations. Le travail dans une ferme laitière mobilise 1,9 UTA (cf. définition page 4), réalisé à 98% par de la main d’œuvre familiale, alors qu’en moyenne, la spécialisation horticulture-maraîchage emploie 3,7 UTA pour le fonctionnement d’une structure qui s’appuie pour moitié sur de la main d’œuvre salariée.

Forte diminution du nombre d’exploitations moyennes

Avec 3 350 unités en 2010, l’agriculture du Doubs a perdu près de 25% de ses exploitations en dix ans. Ce sont autant les moyennes exploitations, dont la PBS (cf. définition page 4) est comprise entre 25 000 € et 100 000 €, que les petites (de moins de 25 000 € de potentiel de production) qui ont disparu. Ces dernières, dont les exploitants sont à temps partiel sur l’exploitation, retraités ou double actifs, ne représentent plus qu’une exploitation sur quatre et n’exploitent que 5% de la SAU. Les exploitations moyennes ont vu leur nombre diminuer de 700 unités entre les deux derniers recensements et leur potentiel économique global passer de 51% du produit brut standard global à 37%. Dans le même temps, les grandes exploitations ont encore accru leur poids, tant en nombre (près de 1 000 unités en 2010, soit + 110 depuis l’an 2000) qu’en potentiel économique (+ 24%). Dans ce groupe, le nombre des très grandes exploitations (200 ha et plus) passe de 20 à 90. Leur poids économique a été multiplié par 3,5 en dix ans.

Les terres laissées libres par les exploitants cessant leur activité ont été reprises par les grandes exploitations. Globalement, la SAU des exploitations ayant leur siège dans le Doubs est restée stable (- 500 hectares) mais la taille moyenne augmente. Ainsi, chacune des 2 480 exploitations moyennes et grandes du Doubs exploitent, en moyenne, 85 ha, soit 16 ha de plus qu’en 2000. La chute du nombre d’exploitations n’a pas empêché l’augmentation du nombre d’Exploitations à responsabilité limitée (EARL). Quasi inexistantes en 1988, elles sont près de 500 en 2010. Le nombre de Groupements agricoles d’exploitations en commun (GAEC), quant à lui, se maintient à 650 unités. En revanche, les exploitations individuelles, encore fortement majoritaires et présentes principalement dans la catégorie des petites et moyennes exploitations, accusent un recul de 34% en dix ans.

Recensement agricole du Doubs : premières tendances

Large plébiscite pour l’élevage de bovins lait

Même si le nombre d’exploitations diminue de 500 unités entre 2000 et 2010, l’élevage spécialisé dans les bovins lait arrive toujours largement en tête des spécialisations de l’agriculture du Doubs, et 82% des grandes et moyennes exploitations ont fait ce choix. La bonne valorisation des productions fromagères sous signes de qualité n’incite peut-être pas les éleveurs à changer de production. Il reste alors peu de place pour les autres spécialisations qui arrivent très loin derrière. Seule l’orientation technico-économique «Céréales et oléoprotéagineux » progresse entre 2000 et 2010. Les autres productions restent marginales et ne concourent pas à la diversification dans ce département. Le paysage des grandes cultures ne change qu’à la marge dans le Doubs. La sole en blé progresse de 900 ha en 10 ans, et celle du triticale de 1 500 ha. Les surfaces en maïs diminuent légèrement (- 600 ha), tout comme celles en colza (- 200 ha). Quant aux autres oléagineux, tels le soja et le tournesol, leur culture reste toujours confidentielle.

La part de l’herbe dans la surface agricole utilisée est toujours aussi importante dans le Doubs, département d’élevage. Avec 187 000 ha en 2010, elle représente 85% de la SAU totale, soit deux points de plus qu’il y a dix ans. L’affirmation de la spécialisation dans l’élevage laitier de l’agriculture du Doubs se retrouve également dans l’évolution du troupeau bovin. Si le troupeau départemental diminue en volume (- 7 300 têtes), la baisse est moins importante qu’entre les deux précédents recensements. Le nombre de vaches laitières s’élève à 92 400 têtes en 2010 dans l’ensemble des exploitations, soit une baisse de 5,4% en 10 ans alors que leur nombre avait chuté de 17% entre 1988 et 2000. Dans les moyennes et grandes exploitations bovines, la barre des 100 animaux par ferme est franchie. Quant au nombre de vaches nourrices, qui avait doublé entre 1988 et 2000, il diminue de 400 têtes pour atteindre 6 400 animaux, dont 5 700 dans les seules moyennes et grandes exploitations. Les cheptels porcins et ovins sont également en baisse, parfois de façon importante.

Source Agreste

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