Recensement agricole du Gard : premières tendances

Malgré la forte baisse observée entre 2000 et 2010 sur la surface agricole utilisée (SAU) du Gard (- 17 %), le département concentre encore près du quart (24 %) de la surface viticole de la région. Le recul du nombre d’exploitations (- 25 %) est en revanche plus faible qu’au niveau régional(- 30 %).

Recensement agricole du Gard : premières tendances

12 400 personnes travaillent dans les exploitations agricoles

Dans le Gard, la forte diminution du nombre de petites exploitations viticoles et la mécanisation du travail ont modifié de façon structurelle le travail dans les exploitations agricoles.12 400 personnes participent au travail nécessaire au fonctionnement des 6 700 exploitations agricoles. S’y ajoutent le travail saisonnier et celui fourni par les entreprises de travaux agricoles (ETA) et les coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma), pour l’équivalent de 2 800 emplois à temps plein. Les exploitations agricoles utilisent 10 900 unités de travail agricole (UTA). Le pilier de cette main-d'oeuvre est constitué par 6 700 chefs d'exploitation et 800 coexploitants, qui sont donc majoritaires en nombre mais dont la contribution au temps de travail reste inférieure à la moitié, en dépit d’une hausse sensible sur la décennie : leur part atteint désormais 46 % contre seulement 41% il y a 10 ans. Sur la même période, la part du temps de travail des salariés saisonniers passe de 25 à 21 %. La part du temps de travail réalisé par la famille atteint 10 % contre 13 % en 2000. En revanche, la contribution des salariés permanents, soit 20 % du temps de travail, a peu évolué depuis 2000.

La part des prestataires externes, ETA et Cuma, a nettement augmenté, atteignant désormais une valeur significative de 5 %. En 10 ans, le nombre de personnes travaillant à temps partiel (quelle que soit la catégorie d’actifs, chefs, coexploitants, famille ou salariés permanents) n’est plus que de 6 100 contre 10 700 en 2000, soit une baisse de 42 % alors même que le nombre de personnes travaillant à temps complet n’a régressé que de 11 %. Les conjoints non coexploitants à temps partiel voient leur nombre diminuer pratiquement de moitié, soit 1 500 contre 3 000 il y a dix ans. Le nombre de chefs d’exploitation et coexploitants travaillant à temps plein n’a baissé que de 3 % alors que le nombre d’exploitations a chuté de 25 %.

Recensement agricole du Gard : premières tendances

Concentration sur les grandes exploitations

Le Gard compte 6 700 exploitations en 2010, soit pratiquement 22 % des exploitations régionales. Elles exploitent au total 160 200 ha de superficie agricole utilisée (SAU). Ce sont plus de 2 200 exploitations qui ont disparu en dix ans, soit 25 % d'unités en moins sur la période. Les petites exploitations sont particulièrement touchées (- 30 %). Elles restent cependant très nombreuses dans le département puis qu’elles représentent encore près de la moitié des exploitations agricoles (45 %). La SAU moyenne augmente, avec 24 ha par exploitation en 2010 contre 21 ha en 2000, mais reste inférieure aux moyennes régionale (29 ha) et nationale (55 ha). La hausse de la SAU moyenne concerne uniquement les grandes exploitations. En 2010, les moyennes et grandes exploitations sont au nombre de 3 700 (55 % de l'ensemble). Elles contribuent à 95 % de la PBS départementale, et exploitent 88 % de la SAU du Gard, soit 141 500 ha. Leur SAU moyenne atteint 38 ha alors que la moyenne régionale équivalente s’établit à 47 ha.

Les formes sociétaires progressent

Les exploitations individuelles restent fortement majoritaires et représentent 79 % des exploitations gardoises. Ce statut concerne 93 % des petites exploitations et 41 % des grandes. Les exploitations individuelles produisent 49 % de la production brute standard agricole totale sur une superficie moyenne de 16 ha. Les exploitations sous forme sociétaire représentent 21 % de l’ensemble des exploitations contre 13 % en 2000. Elles produisent 51 % de la production brute standard agricole sur une SAU moyenne de 48 ha et utilisent au total 45 % de la SAU départementale. Parmi celles-ci, le nombre d'exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) a considérablement augmenté (+ 46 % depuis 2000), de même que les sociétés civiles de type société civile d’exploitation agricole (SCEA) (+ 14 %). En revanche, le nombre de groupements agricoles d’exploitation en commun (Gaec) a régressé de 31 %.

Recensement agricole du Gard : premières tendances

Viticulture : une filière toujours en mutation

La viticulture reste très largement prédominante dans le département du Gard. Plus de 3 900 exploitations cultivent des vignes (58 % de l’ensemble départemental), dont 3 200 (82 %) en font leur activité principale (otex). C’est aussi le troisième département viticole par la surface de son vignoble, 55 600 ha (24 % du vignoble régional) et par le nombre d’exploitations viticoles (18 % des exploitations viticoles du Languedoc-Roussillon). Ces dernières concentrent 41 % de la PBS du Gard. Parmi les exploitations en otex viticulture, 38 % sont petites, leur SAU moyenne est de 2,8 ha et leur PBS moyenne inférieure à 9 000 euros. Si ces petites exploitations n’ont pas un impact économique très important dans la production globale du département (5 % de la PBS viticole), elles maintiennent un tissu social dans les villages du Gard (11 % des UTA viticoles). Dans la viticulture, l’aspect patrimonial reste présent avec 78 % des exploitations viticoles en exploitations individuelles. Celles-ci sont plus petites (13 ha en moyenne) que les exploitations sociétaires qui, avec 22 % des exploitations, cultivent 40 ha en moyenne.

En termes d'emplois, les exploitations duGard ayant une otex viticole occupent 4 400 unités de travail agricole (40 % des UTA agricoles départementales), contre 5 800 en 2000. Cette baisse du volume de travail est liée, outre la perte de surfaces, à un accroissement de la productivité : aujourd’hui, l’équivalent d’un actif à temps complet dans la viticulture gardoise s’occupe en moyenne de 14 ha, contre 12,8 en 2000. Les progrès de la mécanisation (vendange mécanique sur 92 % du vignoble) et la recherche d’économies expliquent cette évolution. La force de travail provient pour 62 % des exploitants et de leur famille, les salariés permanents n’en représentant que 19 % et les salariés saisonniers 15 %.

Le vignoble, en grande partie restructuré, s’est considérablement réduit (55 600 ha en 2010, soit 12 900 ha de moins en dix ans). La crise profonde traversée par la viticulture régionale entre 2004 et 2009, avec ses arrachages définitifs, ses abandons de parcelles, a marqué sensiblement tous les vignobles du Languedoc-Roussillon. Sur le plan économique, le modèle coopératif reste très vivant avec 8 exploitants sur 10 apportant leur vendange (ou une partie) en cave coopérative pour 74 % de la production départementale. La vente directe aux consommateurs concerne 40 % des volumes commercialisés par les caves particulières.

Les surfaces en légumes frais ont baissé de 22 % et comptent 3 100 ha contre 3 900 en 2000. Les surfaces en pommes de terre diminuent aussi, 535 ha contre 888 il y a dix ans. En revanche, il ressort une nette augmentation des surfaces en légumes secs, 885 ha contre seulement 11 en 2000, essentiellement alimentée par la production de pois chiches. Les surfaces en vergers (pêches-nectarines, abricots, cerises, pommes, poires,prunes) ont perdu 3 600 ha, toutes les espèces sont touchées. Les vergers de fruits à coque (noix, noisettes, châtaignes et amandes) ont également régressé. Seule la surface en oliviers progresse atteignant 1 400 ha , bien que le nombre d’exploitations en cultivant ait diminué de 31%.

En 2010, 22 % des exploitations gardoises mettent en valeur 36 400 ha de surfaces en céréales, oléagineux, protéagineux (COP), dont 90 % sont consacrés aux céréales. Les superficies en COP diminuent de 5 % en dix ans, en revanche celles des céréales progressent de 4 % par rapport à 2000 (32 600 ha). La culture du blé dur représente 67 % des surfaces en céréales, soit 21 900 ha. Par ailleurs, le Gard consacre 5 300 ha à la culture du riz, conservant ainsi sa place de 2ème département français producteur de riz (26 % des surfaces nationales).

Source Agreste

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