Recensement agricole du Jura : premières tendances

Le nombre d’exploitations agricoles jurassiennes a diminué de plus d’un quart en dix ans. En 2010, 3 155 unités de production agricole, soit le tiers de l’effectif franc-comtois, nécessitent le travail régulier de plus de 6 000 personnes, dont 4 050 exploitants agricoles.

Recensement agricole du Jura : premières tendances

L’agrandissement des structures compense la baisse du nombre d’exploitations dans le Jura

En 2010, les 3 155 exploitations agricoles du Jura font travailler 4 050 exploitants agricoles, soit les 4/5 du nombre d’exploitants d’il y a dix ans. Parmi eux, un tiers, soit 1 300, sont sur de petites exploitations, détenant une Production brute standard (PBS), autrement dit un potentiel de production, inférieure à 25 000 €. Dans ces petites exploitations, les exploitants sont souvent double actifs ou retraités (agricoles ou non). C’est pourquoi le travail de ces 1 300 personnes ne représente, en cumul, que l’équivalent de 400 emplois à temps complet ou Unités de travail annuel (UTA). A l’opposé, les 2 750 exploitants des exploitations moyennes – celles dont la PBS est comprise entre 25 000 € et 100 000 € – et des grandes exploitations – celles dont la PBS dépasse 100 000 € – fournissent 2 555 UTA. 87% d’entre eux sont à temps complet sur l’exploitation. En moyenne, le fonctionnement de chaque petite exploitation nécessite 0,3 UTA, tandis que les moyennes et grandes exploitations ont besoin de 1,4 UTA.

L’agriculture française est traditionnellement familiale. Le Jura n’échappe pas à la règle. 82% du travail sur les exploitations est assuré par les exploitants agricoles et les membres de leur famille (conjoint non coexploitant, parents, enfants...). Seulement 11% de la force de travail est fournie par des salariés non familiaux. Cependant, la part de la main d’œuvre familiale a tendance à diminuer. En dix ans, elle a perdu quatre points. Les membres de la famille sont moins impliqués qu’avant dans le fonctionnement de l’exploitation. Leur contribution en temps de travail diminue de près de moitié entre 2000 et 2010. C’est particulièrement vrai pour les conjoints non coexploitants, dont le temps de travail sur l’exploitation a baissé de51%. Il faut dire que les épouses – en 2000, 84% des exploitants agricoles étaient des hommes – travaillant sur l’exploitation, souvent sans statut, ont pu gagner un statut en devenant coexploitant au sein d’une forme sociétaire. Sans surprise, plus de 90% des quelques 600 salariés permanents (hors famille) de l’agriculture jurassienne sont employés par des exploitations moyennes ou grandes.

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L’agrandissement des structures se poursuit

En 2000, moins de la moitié des 3 300 exploitants individuels avaient pour profession principale agriculteur, et plus d’un quart étaient retraités (dont la moitié de l’agriculture). Depuis, certaines de ces exploitations individuelles ont cessé leur activité, et d’autres ont évolué en formes sociétaires, par exemple à l’occasion d’un agrandissement. D’ailleurs, la diminution du nombre d’exploitations individuelles entre 2000 et 2010, de 1 160, correspond presque à la diminution du nombre total d’exploitations (- 1 120). L’effectif des exploitations dans le Jura a en effet diminué d’un bon quart en dix ans. Ce sont surtout des petites et moyennes exploitations qui disparaissent (un tiers de moins). Les effectifs de grandes exploitations s’accroissent, leur part passant de 21% à 30% en dix ans. Mais les petites exploitations restent majoritaires (40% des exploitations), sans toutefois atteindre la très forte proportion du Territoire de Belfort (58%).

 Les formes sociétaires progressent donc. GAEC et EARL réunis, au nombre de 870, représentent ainsi 28% des exploitations en 2010 contre 19% en 2000. L’Exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) est la seule forme juridique dont le nombre d’exploitations s’est accru. Ce statut présente une souplesse appréciable. Accessible à un associé unique, il est, à l’image d’une SARL, plus protecteur que le statut d’exploitant individuel. Il permet également de créer une société entre époux, ce que ne permettait pas le Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) jusqu’à la récente loi de modernisation de l’agriculture (juillet 2010). Le potentiel de production se concentre dans les grandes exploitations. Elles mettaient en valeur 51% de la Surface agricole utilisée (SAU) en 2000, et 63% en 2010. Les exploitations s’agrandissent. La SAU moyenne dans le Jura passe de 44 ha à 60 ha en dix ans. Pour les seules grandes exploitations, l’accroissement de taille moyenne atteint 20 ha.

Recensement agricole du Jura : premières tendances

Un vignoble préservé

Le Jura concentre la quasi-totalité de l’activité viticole de la région. 95% des exploitations viticoles régionales sont jurassiennes. Et une exploitation jurassienne sur cinq est spécialisée en viticulture. Cependant, 64% des exploitations viticoles sont de petites exploitations. L’ensemble des exploitations viticoles n’exploitent que 1,6% de la SAU totale des exploitations du département, mais dégagent 23% de la valeur de la production. En moyenne, pour les tranches moyenne et grande, les exploitations viticoles jurassiennes ont un potentiel de production de 234 000 €, 20% supérieur à la moyenne nationale des exploitations viticoles, et 75% supérieur à la moyenne départementale toutes spécialisations confondues.

La viticulture est le principal secteur pourvoyeur d’emplois salariés permanents de l’agriculture jurassienne. Les 240 exploitations viticoles moyennes et grandes emploient à elles seules 200 personnes soit plus d’un tiers de la main d’œuvre salariée non familiale totale des exploitations moyennes et grandes. Ils représentent 36% de la main d’œuvre permanente de ces exploitations. La surface en vigne a bien résisté en dix ans, alors que, à l’échelle de la France, les exploitations ont perdu 95 000 ha de vignes. L’activité laitière reste toutefois dominante dans le département, avec 47% des exploitations moyennes et grandes spécialisées dans l’élevage laitier, 42% de la PBS et plus de la moitié de la SAU. On assiste également à une diminution de moitié des élevages hors sol, porcins et avicoles. Ainsi, les exploitations moyennes et grandes de cette orientation ne sont plus qu’une quarantaine en 2010.

La SAU des exploitations jurassiennes s’étale sur 188 300 ha. Elevage bovin oblige, cette SAU est composée à 70% de surfaces fourragères. Entre 1988 et 2000, 18% des Surfaces toujours en herbe (STH) avaient été retournées au profit des terres arables (céréales, prairies temporaires, jachères notamment). Le phénomène d’érosion s’est interrompu depuis et, comme en 2000, les STH représentent en 2010 plus de la moitié de la SAU des exploitations du département. Les cultures de céréales et d’oléagineux occupent respectivement 22% et 6% de la SAU.

Source Agreste

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