Recensement agricole Pyrénées-Orientales : premières tendances

Baisse de la surface agricole utilisée(SAU) de 19 % et recul du nombre d’exploitations de 40 % entre 2000 et 2010 : c’est dans les Pyrénées-Orientales que les variations à la baisse sont les plus fortes. Ces diminutions touchent en particulier la viticulture, les cultures fruitières et à un degré moindre le maraîchage.

Recensement agricole Pyrénées-Orientales : premières tendances

8 600 personnes travaillent dans les exploitations agricoles

8 600 personnes participent régulièrement au travail nécessaire au fonctionnement des exploitations agricoles. S'y ajoutent le travail saisonnier et celui fourni par les entreprises de travaux agricoles (ETA) et les coopératives d'utilisation de matériel agricole (Cuma), pour l'équivalent de 1 500 unités de travail annuel (UTA, mesure donnant le nombre d’emplois à temps plein). Au total, les exploitations agricoles du département utilisent 7 140 UTA. Le pilier de cette main-d'oeuvre est constitué par 4 150 chefs d'exploitation et 400 coexploitants. Majoritaires en nombre, ceux-ci ne le sont cependant pas dans le temps de travail même si leur part a augmenté, passant de seulement 37 % il y a 10 ans à 44 %. La contribution des salariés permanents est également en hausse avec 24 % du temps de travail contre 19 % en 2000.

Le pendant de ces augmentations est une diminution marquée de la part du temps de travail des salariés saisonniers qui passe de 28 % à 20 % et, à un degré moindre, de la famille qui participe au temps de travail à hauteur de 12 % contre 16 % en 2000. Cette baisse apparente peut également résulter d'une meilleure reconnaissance des conjoints à travers le statut de coexploitant. Ainsi le nombre des conjoints actifs dans l’exploitation mais non coexploitants, a chuté à 1 400 en 2010 contre 3 130 en 2000. La part des prestataires externes, ETA et Cuma à 0,5 %, reste marginale. En 10 ans, le nombre de personnes à temps partiel dans les exploitations a diminué pour toutes les catégories d’actifs sauf pour les salariés permanents où il se maintient.

Autre fait remarquable, le nombre de personnes travaillant à temps plein a également reculé, avec des variations sensiblement plus importantes qu’ailleurs dans la région. Cependant, le nombre de chefs d'exploitation et coexploitants travaillant à temps plein ne s’est rétracté que de 16 % depuis 2000, soit beaucoup moins vite que le nombre d'exploitations.

Recensement agricole Pyrénées-Orientales : premières tendances

Concentration sur les grandes exploitations

Les Pyrénées-Orientales comptent 4 150 exploitations en 2010, soit 14 % des exploitations de la région. Elles exploitent au total 74 700 ha de SAU. Le mouvement de concentration autour de grandes exploitations agricoles est plus net dans ce département qu’ailleurs dans la région. C’est en effet là que l’amplitude des baisses observées est la plus forte : nombre d’exploitations en baisse de 40 % (disparition de 2 800 exploitations depuis 2000) contre 30 % pour la région, repli de la SAU de 19 % contre 10 % pour la région, perte de 28,5 % sur la production brute standard (PBS) contre 17 % pour la région et recul de l’emploi de 39 % contre 26 % pour la région. Les petites exploitations sont particulièrement affectées (- 49 %). Elles restent malgré tout nombreuses puisqu’elles représentent 45 % des exploitations agricoles du département.

La SAU moyenne augmente, avec 18 ha par exploitation en 2010 contre 13 ha en 2000. Ce phénomène concerne uniquement les petites et moyennes exploitations. En 2010, les moyennes et grandes exploitations sont au nombre de 2 300 (55 % de l'ensemble). Elles contribuent à 94 % de la PBS départementale, et exploitent 80 % de la SAU départementale (60 300 ha). Leur SAU moyenne atteint 26 ha.

Les formes sociétaires progressent

Les exploitations individuelles restent fortement majoritaires : 80 %. Ce statut est celui de 90 % des petites et moyennes exploitations et encore de 34 % des grandes exploitations. Les exploitations individuelles produisent 47 % de la PBS départementale, sur une superficie moyenne de 15 ha. 20 % des exploitations sont en forme sociétaire. Elles produisent 53 % de la PBS départementale, se caractérisent par une SAU plus importante (31 ha en moyenne) et représentent au total 35 % de la SAU départementale. Parmi elles, le nombre d'exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) continue à progresser (+ 17 % depuis 2000). Quant au nombre des sociétés civiles de type société civile d'exploitation agricole (SCEA), il augmente de 5 %. En revanche, les groupements agricoles d'exploitation en commun (GAEC) sont en repli (- 22 %).

Recensement agricole Pyrénées-Orientales : premières tendances

Des productions diversifiées

La viticulture reste prédominante dans les Pyrénées-Orientales. La surface du vignoble départemental, 25 600 ha, représente un tiers de la SAU du département. Plus de la moitié des exploitations, soit 2 400, cultivent des vignes dont 90 % en font leur activité principale (exploitations en otex viticole). Ces exploitations viticoles concentrent 37 % de la PBS départementale. Parmi elles, 51 % sont des petites exploitations, avec une SAU moyenne de 2 ha et une PBS moyenne de 8 000 €. Si ces petites exploitations ont un impact économique peu important dans la production (9 % de la PBS des exploitations viticoles), elles maintiennent un tissu social dans les villages (20 % des UTA des exploitations viticoles et 8 % des UTA de l’ensemble des exploitations). Dans la filière viticole, l'aspect patrimonial reste présent avec 84 % d’exploitations en exploitations individuelles. Ces structures sont plus petites (8 ha de SAU en moyenne) que les exploitations sociétaires (GAEC, EARL, SCEA, société commerciale…) qui, avec 16 % des exploitations viticoles, exploitent 34 ha en moyenne et engendrent 44 % du potentiel économique.

En termes d'emploi, les exploitations viticoles génèrent 2 800 unités de travail annuel (39 % des UTA agricoles départementales) contre 4 850 en 2000. Cette baisse du volume de travail est liée, outre la perte de surfaces, à un accroissement de la productivité. Même si la vendange mécanique porte seulement sur 46 % du vignoble contre 83 % au niveau régional du fait du morcellement et des pentes marquées de certains vignobles, les progrès de la mécanisation et la recherche d'économies en dépenses de main d’oeuvre conduisent à cette évolution. La force de travail provient à 63 % des exploitants et de leur famille, à 19 % des salariés permanents et à 16 % des saisonniers.

Le vignoble a diminué de 12 100 ha en dix ans (soit - 32 %). La crise profonde traversée par la viticulture régionale entre 2004 et 2009, ses campagnes d’arrachages définitifs de vignes ont marqué sensiblement le vignoble des Pyrénées-Orientales. Cependant ce dernier s’est fortement restructuré grâce aux aides européennes. Sur le plan économique, le modèle coopératif reste très vivant avec 8 exploitations sur 10 apportant leur vendange (ou une partie) dans des caves coopératives, la coopération vinifiant 66 % de la production départementale. La vente directe aux consommateurs concerne 37 % des volumes commercialisés par les caves particulières. En 10 ans, la surface du verger 6 espèces (pêches-nectarines, abricots, cerises, prunes, pommes et poires) est passée de7 770 ha à 6 130 ha soit une baisse de 21 %. Ce repli est, pour sa plus large part, dû aux surfaces des pêchers qui ont perdu 1 370 ha par rapport à 2000 (- 24 %). Avec 4 290 ha, les Pyrénées-Orientales restent le premier département français pour la production de pêches et nectarines (65 % de la surface régionale). En revanche, les surfaces en abricotiers se sont maintenues avec 1 350 ha soit 31 % de la surface régionale. La diminution est forte pour les cerisiers (- 31 %) et les pommiers (- 33 %) mais les surfaces de ces vergers sont peu importantes comparées aux vergers de pêchers, nectariniers et d’abricotiers. Les plans d’arrachage mis en place à partir de 2005, en vue notamment de restructurer le verger, expliquent pour partie la diminution observée. Les 800 exploitations spécialisées en arboriculture concentrent 26 % de la PBS départementale, ce qui fait de cette otex la deuxième après la viticulture. Les surfaces d’oliviers continuent à croître (520 ha), celles des kiwis et des fruits à coque (amandiers,…) restent stables.

Cultures légumières et horticoles sont bien présentes avec respectivement 17 % et 10 % de la PBS départementale, contre 12 % et 11 % en 2000. Il y a une forte diminution des surfaces (non développées) consacrées aux légumes (salades, tomates, concombres, artichauts, ...) et pommes de terre qui atteignent 1 860 ha en 2010 et un maintien pour les surfaces en fleurs et plantes ornementales avec 89 ha en 2010. Ce sont au total 485 exploitations qui sont spécialisées en légumes et fleurs et, si elles ne représentent que 12 % des exploitations du département, elles mobilisent en revanche 22 % des UTA départementales.

En 10 ans, les élevages ovins, caprins et bovins connaissent une baisse des effectifs d’animaux. Le cheptel bovin, élevé essentiellement par des exploitations orientées viande (90 % des exploitations en Otex bovine), compte en 2010 un peu plus de 14 000 bovins contre plus de 16 000 en 2000 (- 12 %). De même, le nombre de caprins diminue de 12 %, passant de 3 500 à 3 100 têtes. Quant au cheptel ovin, il chute (- 29 %), de 27 500 à 19 400 têtes. Néanmoins, la contribution à la PBS départementale des 270 exploitations spécialisées dans les élevages bovins, ovins et caprins reste stable par rapport à 2000, avec une valeur proche de 4 %.

Source Agreste

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