Recensement agricole Saône-et-Loire : premières tendances

Entre 2000 et 2010, la Saône-et-Loire perd 28 % de ses exploitations et 1,4 % de la surface occupée par l’agriculture (près de 710 hectares par an). Les exploitations du département sont les moins étendues de la région avec une surface moyenne de 67 hectares(91 ha pour les moyennes et grandes).

Recensement agricole Saône-et-Loire : premières tendances

15 600 personnes dans la production agricole

En Saône-et-Loire, 15 600 personnes travaillent de façon permanente, à temps plein ou partiel, sur les exploitations agricoles. Depuis 2000, la baisse du nombre d’actifs permanents est supérieure à celle observée au niveau régional (- 24 % contre - 20 %). Avec 86 % des actifs appartenant à la famille des exploitants contre 79 % en Bourgogne, la main-d’oeuvre agricole demeure essentiellement familiale. Les 9 500 exploitants constituent le pilier de cette main-d’oeuvre, ils fournissent 63 % du travail. La participation du reste de la famille se réduit et ne constitue plus que 14 % de la force de travail contre 20 % en 2000. Cependant, elle demeure supérieure à celle observée au niveau régional (11 %). Cette baisse de l’activité familiale est en grande partie due au recul de l’activité agricole des conjoints. Ils ne représentent plus que 10 % de la force de travail contre 15 % en 2000. Malgré l’importance de cette main-d’oeuvre familiale, la proportion de membres de la famille non exploitants ayant le statut de salarié demeure faible (11 %). Cette part atteint néanmoins 23 % chez ces actifs travaillant plus d’un mi-temps.

La baisse du nombre d’actifs familiaux s’accompagne d’une hausse de 4 % des effectifs salariés hors cadre familial. Ils assurent désormais 14 % du travail ; c’est moins qu’en Bourgogne (20 %). Leurs principaux employeurs sont les viticulteurs (45 %), les éleveurs de bovins viande (17 %) et les “maraîchers-horticulteurs” (13 %).La main-d’oeuvre occasionnelle ou saisonnière fournit 9 % du travail, contre 8 % en 2000. Elle est très majoritairement embauchée par les exploitations viticoles (73 %). Enfin, les prestataires externes, entreprises de travaux agricoles et Cuma, interviennent pour 1 % du travail. Cette proportion a doublé depuis 2000. Au total, les actifs agricoles fournissent un travail équivalent à 12 200 UTA (personnes à temps plein sur l’année). Le nombre d’UTA par exploitation augmente, passant de 1,4 en 2000 à 1,6 en 2010. La productivité du travail progresse. En 2010, il faut 2,4 UTA pour mettre en valeur 100 hectares contre 2,8 UTA en 2000 (1,7 en Bourgogne en 2010).

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7 700 exploitations en 2010

En 2010, la Saône-et-Loire compte 7 700 exploitations soit 37,8 % de la Bourgogne et 1,6 % du total France métropolitaine. En 10 ans, un peu plus de 3 000 exploitations ont disparu, près de trois sur quatre en quarante ans. Depuis 2000, ces disparitions ont concerné en majorité les petites exploitations. Leur nombre a diminué de 43 % (40 % au niveau régional). Moins touchées, les structures au potentiel de production supérieur à 25 000 euros diminuent de 20 %, plus qu’au niveau régional (15 %). Ces 5 400 moyennes et grandes exploitations représentent désormais 70 % de l’ensemble : elles constituent 97,9 % de la production agricole potentielle départementale et occupent 95,5 % de la superficie agricole.

Moins nombreuses qu’en 2000 (- 3 %), les grandes exploitations, dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros, représentent toutefois un tiers des unités contre un quart en 2000. Elles concentrent 80 % du potentiel départemental. Les exploitations moyennes et grandes sont réparties sur deux principaux systèmes de production : l’élevage « bovins viande » et la viticulture. Ces deux orientations technicoéconomiques (Otex) concernent 68 % des exploitations moyennes et grandes du département (67 % en 2000). Cependant, le nombre de ces exploitations a fortement diminué entre 2000 et 2010 : 20 % pour la viticulture et 18 % pour l’élevage « bovins viande ». Les autres spécialisations (grandes cultures, ovins et caprins, élevage hors-sol, « grandescultures et bovins », lait, maraîchage) ne se démarquent pas et se partagent à des degrés divers les 32 % restants. Les exploitations moyennes et grandes spécialisées en « ovins et caprins » ont cependant mieux résisté que les spécialisées en lait.

La Saône-et-Loire garde ainsi son image de productions diversifiées. L’ensemble des exploitations spécialisées en bovins viande concentrent 83 % des vaches allaitantes. En 2010, année peu marquée par la sécheresse, elles ont utilisé 80 % des 196 000 tonnes de paille achetées par les éleveurs de Saône-et-Loire, près de la moitié des besoins régionaux.

Recensement agricole Saône-et-Loire : premières tendances

Une surface agricole en baisse

Au regard de la baisse importante du nombre d’exploitations, la surface agricole utilisée (SAU) estimée à 517 400 hectares diminue par rapport à 2000 (- 1,4 % soit près de - 710 ha par an). La Saône-et-Loire constitue la surface agricole la plus importante de la région. Mais ses exploitations sont les moins grandes. La SAU moyenne atteint 67 hectares (91 ha pour les structures moyennes et grandes). Depuis 2000, cette surface a augmenté de 1,8 hectare par an soit une progression de 38 % en dix ans (1,9 ha par an et + 26 % sur la décennie pour les exploitations moyennes et grandes).

La Saône-et-loire garde sa vocation herbagère : 63 % de sa SAU. C’est la première prairie de France qui diminue cependant de 2,8 % depuis 2000. Avec les prairies temporaires, la surface en herbe représente 73 % de la SAU. Les céréales et les oléoprotéogineux constituent la seconde utilisation du territoire et occupent 21 % de la surface. Les vignes avec 2,5 % de la SAU s’étendent sur 13 100 hectares. Le département a le 3e cheptel bovin de France métropolitaine avec 645 300 têtes et un troupeau moyen de 146 bêtes, 27 % de plus qu’en 2000 (101 bovins au niveau national). Malgré une baisse de 39 % du nombre de fermes bovines, le cheptel n’a que légèrement décru depuis 2000 (- 1,7 %). Le département se situe au 1er rang national pour son cheptel de vaches allaitantes (218 700 têtes). La taille moyenne des troupeaux est de 57 vaches, soit une hausse de 23 % (34 vaches au niveau national).

En dehors de ses deux activités prédominantes, allaitants et viticulture, la Saône-et-Loire se distingue par la présence de ses élevages hors-sol (augmentation de 19 % des poulets de chair) avec la volaille de Bresse en qualité AOP ou les poulets Label rouge. Le département se distingue aussi par sa production de fromages de chèvre fermiers AOC et par ses cultures maraîchères et horticoles.

Source Agreste

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