Réchauffement climatique : L'addition serait lourde pour l'agriculture

SC

L'agriculture française souffrirait tout particulièrement du changement climatique. Les céréales devraient afficher une hausse de rendement mais surtout affronter des événements extrêmes, des risques sanitaires et une baisse de disponibilité en eau.

Le groupe de travail interministériel sur l'évaluation des impacts du changement climatique en France, piloté par l'ONERC et la Direction Générale de l'Énergie et du Climat, vient de rendre son rapport. Les impacts ont été étudiés sur 10 secteurs, dont l'agriculture, qui serait particulièrement touchée.

En réponse au changement climatique, le rapport projette une hausse du rendement des grandes cultures qui devraient toutefois faire face à des événements extrêmes, des variabilités inter annuelles, des risques sanitaires et à la baisse de disponibilité en eau.

A titre d'exemple, la multiplication des événements de type canicule de 2003 pourrait représenter en 2100 un coût allant jusqu'à plus de 300 millions d'euros par an pour une culture comme le blé, en l'absence de mesures d'adaptation. D'autre part, les gains potentiels disparaissent pour les réchauffements les plus importants, c'est-à-dire à partir de la fin du siècle dans les scénarios les plus pessimistes.

De la même manière, la baisse de rendements dans les prairies de la région péri-méditerranéenne représenterait une perte de 200 millions d'euros sur la seconde moitié du XXIème siècle.

Des effets négatifs sur la qualité et la typicité des vins.

La viticulture sera également affectée par le changement climatique avec de fortes disparités territoriales. Des baisses de rendement seraient attendues dans certaines régions (notamment en Languedoc) et une hausse dans d'autres (notamment en Bourgogne), mais avec des effets potentiellement négatifs sur la qualité et la typicité des vins.

Dans le secteur forestier, une hausse de productivité en bois est attendue à court et moyen termes en raison de l'augmentation des températures et du taux de CO2 dans l'atmosphère. Ainsi, la production brute annuelle supplémentaire atteindrait près de 30 millions de m3 en 2050.

Mais là encore, les gains de productivité escomptés pourraient être du même ordre de grandeur que les pertes possibles par dépérissement, incendie, sécheresse, etc. Après 2050, la tendance serait défavorable en raison du stress hydrique notamment dans le Sud de la France, avec un risque accru de sécheresses et d'incendies laissant présager des impacts négatifs à long terme.

Le rapport insiste sur la nécessité de s'adapter, dès aujourd'hui, à ces évolutions projetées.

Publié par SC

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