Rencontres de Derval : innover pour produire du lait demain

Catherine Perrot

Plus de 200 personnes ont été accueillies sur la Ferme expérimentale de la chambre d’agriculture pour les « rencontres de Derval », dédiées à l’agriculture innovante.

«Les rencontres de Derval », première édition d’un rendez-vous destiné à devenir régulier autour des pratiques agricoles innovantes, se sont tenues le 26 juin dernier. La participation a été bonne, puisqu’environ 200 agriculteurs se sont rendus sur place, pour suivre des ateliers et pour échanger avec les techniciens issus de la chambre d’agriculture, mais aussi d’Élevage conseil Loire-Anjou, Terrena, l’Institut de l’élevage et des Cuma.
Se sont ajoutés à ces visiteurs une douzaine d’élèves de BPREA du centre de formation de la chambre d’agriculture, qui ont trouvé ainsi à Derval tout un concentré d’informations précieuses pour l’exercice de leur futur métier.
Pas moins de huit ateliers étaient visibles sur le site de la ferme de Derval. Beaucoup de thèmes très scientifiques et techniques, autour de l’agronomie (avec des démonstrations très suivies de « strip-till »), du programme Éco-
phyto 2018 (avec notamment le témoignage d’un agriculteur engagé dans le réseau local des Fermécophyto), ou encore du thème principal de recherche de la ferme de Derval depuis 2009 : la conduite du troupeau laitier en système robot et pâturage.
Un peu moins purement technique, mais entrant dans une démarche de choix plus stratégique : l’atelier animé par Jean-Claude Huchon, technicien lait à la chambre, et Sophie André d’Élevage conseil Loire-Anjou, autour de « l’adaptation des systèmes fourragers aux sécheresses ». Les questions d’objectifs de production, de besoins en fourrages, de repères de stocks ou encore de sécurisation du système, ont notamment été discutés.

Discussions et échanges autour de l’atelier « systèmes fourragers et adaptation aux sécheresses », animé par Jean-Claude Huchon (à droite).

Produire du lait demain : une question stratégique

Autre atelier encore plus clairement stratégique : celui animé par Sébastien David, conseiller d’entreprise à la chambre, et avec le témoignage de Christine Morice, agricultrice, autour des stratégies d’entreprise à l’horizon 2015. Tous deux ont présenté la méthode utilisée dans le cadre d’un groupe RNI (Réseau nouveaux installés), auquel participait Christine, et qui permet de définir les voies d’adaptation dont dispose un atelier laitier pour faire face à l’évolution du contexte à moyen terme.
Cette méthode, issue des travaux de l’Institut de l’élevage, se base sur les différents éléments constitutifs du « potentiel laitier » d’un atelier : salle de traite, places de couchages, places à l’auge, capacité de stockage des effluents, plan d’épandage, production fourragère, surface accessible et travail, et les convertit en « nombre de vaches ». « Il est ainsi aisé de voir où se situent les limites d’un atelier et quels leviers on peut actionner » commente Sébastien David.
Dans le cas de l’exploitation de Christine Morice et de son époux, les choix stratégiques ont été d’optimiser le coût de production (réduire les coûts alimentaires et les coûts de mécanisation), d’arrêter l’élevage des génisses (pour libérer des hectares et de la capacité de travail, puisque les limites se situaient à ce niveau), de faire des croisements viande sur les vaches pour valoriser les veaux, et d’intensifier le système.
Cet outil, déjà proposé en groupes RNI, le sera sans doute dans d’autres contextes, en groupes ou en conseil individuel. Comme le souligne Jean-Claude Huchon, cette démarche sera utile, voire indispensable, à tous les élevages laitiers du département, puisque, ces trois dernières années, ils ont augmenté leur production, en moyenne, de 10 000 l de lait par UTH et par an !

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier