Rendements plus que corrects

Guillaume de Werbier

Décalage dans les récoltes de deux à trois semaines, mais pour une moisson copieuse.
Décalage dans les récoltes de deux à trois semaines, mais pour une moisson copieuse.

Une collecte de céréales plus abondante grâce à des rendements supérieurs à la moyenne. Premier bilan pour le Sud Loire.

«Cette année, on est à plus 10 % - 15 % de rendement au-dessus de la moyenne habituelle », se réjouit Jean-Michel Brechet, directeur de la coopérative d’Herbauges, à Corcoué-sur-Logne. Le contraire de l’année dernière, où les rendements de céréales étaient d’environ 15 % inférieurs à ce qu’enregistre d’ordinaire la coop, la faute à la sécheresse de printemps.
Pourtant, juillet avait provoqué quelques inquiétudes chez les agriculteurs. La pluie les empêchait de travailler. Impossible de moissonner avec des grains à 16 % - 17 % d’humidité qui obligeaient d’attendre, rappelle Jean-Michel Bréchet. « Les fenêtres météo pour entrer dans les parcelles ont été tardives. » Mais, les exploitants s’en tirent à bon compte.
La récolte s’est terminée finalement juste avant le 15 août, sous un ciel plus clément. « On est en retard d’environ quinze jours à trois semaines. Habituellement, les céréales, c’est bouclé au 25 juillet. »

Orge : exceptionnel

Dès fin juin, au moment de la récolte de l’orge, les échos étaient très positifs concernant les rendements, se souvient Jean-Michel Bréchet. « On a eu des résultats à 80 qx/ha, ce que l’on n’a encore jamais eu auparavant, - on est d’habitude à 60 – 65 qx -. Ce qui nous laissait penser que le blé et le triticale seraient corrects. En général, en orge on fait moins bien que le blé. Cette année, c’est identique, voire on est au-dessus. »
« Le mois de juin a été couvert. Il n’y a pas du tout eu de coup de chaud. Les plantes ont pu faire leur migration tranquillement. Il y avait une bonne couverture contre les maladies car les traitements avaient été effectués avant. »

Blé : rendements et qualité

Pour le blé, non seulement les rendements sont au rendez-vous, mais aussi la qualité. Dans le Sud Loire, les blés ont produit jusqu’à 80 qx / ha pour certaines parcelles, alors que la coop à plus l’habitude de voir du 65 – 70 qx. « On a de la qualité pour les poids spécifiques (78 - 80 kg, quand la norme commerciale est à 76 kg) et les protéines ! Toute la façade Atlantique a cette qualité-là. On va pouvoir remplir les bateaux en blé meunier. » Tous les bons ingrédients pour du blé export, chose que n’a pas pu avoir la région Centre, ou encore le Nord, précise Jean-Michel Bréchet.
Dans le même temps, c’est la sécheresse qui sévit dans plusieurs grands pays producteurs, comme les États-Unis (plus de 50 % des exportations mondiales de maïs et un quart de celles de blé) et l'Ukraine. « Si ces pays n’avaient pas ces conditions climatiques, peut-être que le blé serait payé 140 € aujourd’hui. Il faut reconnaître que sur l’Europe de l’Ouest, on a une bonne année en blé, en volume. »

Le prix du blé tourne actuellement autour des 265 € / t. Le responsable de la coop d’Herbauges explique cette flambée des prix. « Les effets de la sécheresse aux États-Unis sont irréversibles, et on sait qu’il n’y aura pas les rendements escomptés en maïs. Le prix du maïs est quasiment aussi haut que celui du blé, alors qu’il y a normalement un écart significatif. C’est bien le maïs qui tire le prix du blé ! »
Si la tension continue aujourd’hui sur les marchés, estime Jean-Michel Bréchet, c’est à cause de la canicule présente sur l’Europe de l’Ouest, qui pourrait faire diminuer les rendements en maïs si elle se prolonge. Mais, « il y a aussi un déficit hydrique en Australie qui risque de peser sur la prochaine récolte, si la tendance météo actuelle ne change pas ». « Et si demain, il pleut partout, le marché peut perdre 30 €, voire plus. Dans le cas contraire, les prix pourraient augmenter d’autant. Mais je n’y crois pas trop, car s’ils montent trop la demande va baisser. »
Pour le monde de la production, c’est globalement une bonne année, résume Jean-Michel Bréchet. « Les producteurs vendent, ça rapporte aussi du cash, », car lorsque l’on peut valoriser du blé à 240 € autant en profiter. « Il y en a peu qui ont pu le faire à ce prix-là dans le passé. Nous, on est parti sur une stratégie de stockage pour les plus audacieux. Ceux qui ont une bonne trésorerie peuvent se permettre de prendre ce risque. On a 25 % de la collecte qui est encore en stock. Tout le reste est vendu sur le Matif (Marché à terme international de France). Pour les triticales, tout est en stock et les producteurs en ont vendu 50 %. Maintenant on attend de savoir ce que va faire le maïs, s’il sera suffisamment riche ou non. »

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