Réorientation des aides PAC : Les gagnants et les perdants

SC d'après Inra

L'Inra a réalisé des simulations concernant la redistribution des aides PAC opérée dans le cadre du bilan de santé. Sans surprise, cette redistribution se fait aux dépens des producteurs de grandes cultures et au bénéfice des éleveurs dès lors que ceux-ci ont largement recours à l'herbe.

En termes géographiques, la redistribution induit un transfert des régions localisées au nord d'une ligne Bordeaux-Metz vers celles situées au sud de cette ligne où se trouvent la quasi-totalité des zones défavorisées simples et des zones de montagne, révèlent Vincent Chatellier et Hervé Guyomard de l'Inra dans leur note de synthèse.

- 5.900 euros pour les céréaliers

Selon les estimations de l'Inra, les producteurs de grandes cultures enregistrent une diminution du montant total d'aides directes de 5 900 euros en moyenne nationale, soit une baisse des aides directes perçues en 2007 de 16% et une baisse du revenu quinquennal (2003 à 2007) de 17%. La baisse du revenu est, en valeur relative, plus importante en Midi-Pyrénées (-24%) et en Bourgogne (-24%) qu'en Île de France (-17%) ou en Picardie (16%). En Bretagne, la baisse plus modeste du revenu (-3%) tient essentiellement à la forte proportion d'exploitations orientées vers les légumes de plein champ.

+ 5.700 € pour les éleveurs laitiers herbagers

Les exploitations laitières connaissent, en moyenne nationale, une augmentation du revenu de 2%, avec de fortes variations selon le système technique développé et les régions : Les éleveurs laitiers herbagers enregistrent une augmentation du montant total d'aides directes de 5 700 euros par exploitation (hausse des aides directes de 22% et hausse du revenu quinquennal moyen de 23%), alors que les unités laitières diversifiées (-6% de revenu) ou spécialisées en système « maïs non limité » (-3% de revenu) sont économiquement légèrement perdantes.

Les exploitations laitières herbagères d'Auvergne (+30% de revenu) et de Franche-Comté (+28%) sont donc parmi les plus grandes bénéficiaires des décisions prises le 23 février dernier.

+ 2.000 € pour les bovins viande

Pour les éleveurs de bovins viande spécialisés, l'augmentation des aides directes est évaluée à 2.000 euros par exploitation (hausse des aides directes de 5% et hausse du revenu quinquennal moyen de 8%). Ce gain, plus faible que celui des exploitations laitières ou ovines localisées en zones herbagères, s'explique par le fait que les exploitations bovins-viande sont particulièrement concernées par le prélèvement opéré au titre de l'article 63 : la moitié des 25% du montant de la PMTVA est utilisée pour abonder les fonds alloués en faveur des aides aux superficies de prairies, ces dernières bénéficiant à l'ensemble des exploitations d'herbivores.

Les exploitations diversifiées de bovins-viande perdent, en moyenne nationale, 1.000 euros par exploitation, soit -4% du revenu. Cette baisse est particulièrement forte dans les régions où l'activité bovine est associée aux grandes cultures, comme la Picardie (-20% de revenu) ou la Champagne-Ardenne (-12%). En Limousin (+21%) et en Midi-Pyrénées (+6%), ces exploitations sont, en revanche, gagnantes du fait des nouvelles primes aux superficies d'herbe et de la revalorisation de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN).

+ 7.800 euros par exploitation ovine

Les grands gagnants sont les éleveurs ovins-caprins avec une hausse d'aides directes de 7.800 euros par exploitation (+ 29% et hausse du revenu quinquennal moyen de 43%). Ces éleveurs bénéficient, non seulement du nouveau soutien à l'herbe, mais aussi de la nouvelle prime ovine et caprine tout en gardant le bénéfice de l'essentiel de l'ancienne Prime à la brebis et à la chèvre (PBC) : cette dernière est certes découplée, mais le fruit de ce découplage reste alloué, à hauteur de 87,5%, sur la base des références historiques individuelles.

En outre, ces éleveurs bénéficient, à compter de l'année 2009, de la revalorisation de leurs aides découplées à hauteur de 25 millions d'euros à partir de la réserve. De façon plus ciblée encore, le revenu des éleveurs ovins-caprins des zones de montagne augmentent de près de 60%, sur la base cependant d'un niveau initial de revenu nettement inférieur (16.800 euros par exploitation sur les cinq années 2003 à 2007) à la moyenne française, toutes exploitations agricoles confondues (32.400 euros).

Source Inra

Publié par SC d'après Inra

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