Reportage Cap énergie !

Christophe Delestre, directeur communication

Reportage Cap énergie !

C’est une première dans le secteur ! En fin d’année, Guillaume Bonnel aura installé une unité de méthanisation sur son exploitation. Pilotant ce projet depuis 3 ans, l’exploitant entrepreneur nous livre ses bonnes pratiques pour une conduite de projet réussie.

Carte d’identité

Reportage Cap énergie !

Entreprise Individuelle Agricole - Guillaume Bonnel - Claville dans l’Eure
Création : 1er octobre 2002
Activité : Exploitation céréalière 84 ha, avec une activité photovoltaïque
Salarié : 1 salarié

ETA Guillaume Bonnel - Claville dans l’Eure
Création : 24 avril 2013
Activité : Soutiens aux cultures, prestations de services sur 80 ha

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Guillaume Bonnel, 34 ans, est agriculteur à Claville dans l’Eure depuis 2002. Aujourd’hui aux commandes de 84 hectares de grandes cultures, d’une ETA, d’une entité photovoltaïque de 36 kw, il manage un salarié et est aussi délégué d’une coopérative et Président d’une CUMA (18 adhérents). Cet entrepreneur bien occupé aurait pu décrocher pour se poser. Bien au contraire ! 2014 est l’année d’un nouvel envol : en plus de la reprise de l’atelier allaitant de ses parents et de l’agrandissement de son installation photovoltaïque, Guillaume mûrit un projet de plus grande envergure : démarrer en fin d’année une unité de méthanisation agricole.

Cette unité, d’une puissance de 80 kw, sera implantée sur la ferme. Elle traitera les effluents de l’élevage et les déchets issus de céréales, le biogaz sera transformé en électricité, l’utilisation de la chaleur produite chauffera une serre où seront cultivées des micro-algues, des spirulines, complément alimentaire qui sera commercialisé par la coopérative partenaire.

Guillaume Bonnel nous livre quatre bonnes pratiques pour conduire à son terme un projet riche d’imprévus.

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L’intention au service de la création de valeur

La première action menée par Guillaume a été de clarifier son idée et d’en définir les objectifs. “Avant de me lancer dans ce projet, j’avais déjà un pied dans l’énergie renouvelable avec mon entité photovoltaïque. La méthanisation est aussi une énergie renouvelable et je pense que c’est une véritable opportunité pour l’élevage français de créer des exploitations propres grâce au retraitement des effluents. Ce projet durable rentre totalement dans le cadre de mes valeurs”, précise-t-il.

La première règle de bon sens pour notre chef d’entreprise a donc été de savoir ce qu’il voulait faire, et de vérifier la cohérence de son projet avec ses propres valeurs. Autre règle de bons sens : savoir ce qu’on attend du projet. “Avant de me focaliser sur le “comment”, sur le planning, je me suis fixé des objectifs de rentabilité. Grâce à la valeur que je vais créer, je vais pouvoir faire face aux futures taxes, comme la taxe carbone sur l’élevage, et aussi créer un emploi pour une meilleure organisation du travail sur l’exploitation”.

Quoi ? Pourquoi ? Répondre à “ces deux “petites” questions” lui a pris un certain temps, “mais au moins”, explique Guillaume, “j’étais au clair dans ma tête et cela m’a permis de passer à l’étape suivante : comment j’allais procéder. Il ne faut pas sous-estimer cette phase de préparation”.

L’état des lieux au service de l’apprentissage et de la coopération

“Mon idée date de 3 ans. À l’origine, je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds, j’étais loin de pouvoir définir à la virgule près l’organisation de mon projet. Je me suis donc mis en mode “ouverture” : j’ai lu, fait des recherches sur internet, visité l’unité de méthanisation créée par ma coopérative et j’ai suivi une formation à la Chambre d’Agriculture. Cela m’a renvoyé des tas de questions, qui tantôt confortaient mon projet, tantôt me disaient d’abandonner, tantôt le faisaient évoluer”, raconte Guillaume. Cette étape est tout autant incontournable que la première : grâce à son ouverture d’esprit et à son écoute, il a profité de l’expérience de ses prédécesseurs et gagné beaucoup de temps sur la suite des opérations. “Cet état des lieux m’a permis de comprendre comment ça marche, quels sont les enjeux, les potentiels de la méthanisation, les moyens nécessaires, les coûts, la règlementation, les délais, les compétences, les principaux acteurs, les partenaires potentiels… Cette démarche m’a permis d’établir des liens avec ma coopérative, qui est aujourd’hui le partenaire qui m’accompagne sur la globalité de mon projet”, analyse Guillaume.

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Le projet au service du plan d’action

Après cette étape, Guillaume a répondu à un appel d’offre national de l’ADEME. “Première épreuve de vérité, mon dossier n’a pas été retenu. Il n’était pas suffisamment bien ficelé ! Je me suis senti déçu, exaspéré par rapport au temps investi, mais la croyance en mon projet m’a motivé à revoir ma copie, j’ai déposé mon dossier à l’ADEME régional et j’ai été retenu.”

Formaliser son projet, c’est donner l’engagement écrit de sa détermination à le réaliser, et la forme est aussi importante que le contenu. Une fois le dossier accepté, notre entrepreneur s’est lancé dans l’action : “j’ai cherché un partenaire pour construire l’unité de méthanisation.

Sur appel d’offres, un constructeur indien s’est positionné et j’ai commencé à avancer avec lui. Deuxième déconvenue ! Ses références techniques n’étaient pas les mêmes à cause des conditions climatiques très différentes. De plus, la langue et l’éloignement géographique ne m’ont pas aidé dans la relation.

J’ai donc mis fin à notre collaboration.” Suite à ces deux obstacles, Guillaume a décidé de reprendre son projet dans sa globalité et de bâtir un plan d’action incluant une dimension temporelle. “Pour construire solide”, conclut-il, “il faut du temps et se donner du temps”.

Les ingrédients au service du bon sens

Dix mois avant la livraison de son projet, Guillaume Bonnel nous confie quelques enseignements tirés de son parcours. “J’ai appris qu’un projet est évolutif. C’est comme une personne, il est vivant, il change, il grandit. Il ne faut pas s’autocensurer, une fois l’idée en tête, il faut oser. Pour se lancer, il faut s’ouvrir, être curieux, audacieux mais réaliste, avoir la tête sur les épaules pour ne pas mettre en péril l’existant.

Croire en soi et en son projet, être déterminé et patient car un projet n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des hauts et des bas.

Être organisé et rigoureux. Se donner le droit à l’erreur et en tirer les enseignements pour rebondir et aller plus loin. Et prendre du plaisir, c’est le moteur, car le travail ne manque pas !”. Autant d’ingrédients plein de bon sens qui serviront à notre entrepreneur dans ses futurs projets.

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