Retenue : Monter un dossier de retenue ne coule pas de source

Rédaction Vendée agricole

Pascal Bocquier et Fréderic Guesdon, éleveurs à Nieul-le-Dolent sur 210 ha dont 120 ha irrigables ont réussi à monter un projet de retenue. Elle sera sur une butte et permettra de stocker 60 000 m3. Reportage.

Les bulldozers ont pratiquement terminé de niveler la terre. La pompe de relevage qui transférera l’eau de la rivière située en contrebas de la future retenue vient juste d’arriver.  Le chantier qui porte sur deux  hectares,  est imposant. Située à 300 mètres du siège de l’exploitation, la retenue est aménagée sur une butte. Et en bas, coule un ruisseau, un affluent de la Vertonne, bordé de haies. Tout est fin prêt pour que la retenue se remplisse et que cet été, l’irrigation sur des maïs puisse démarrer.  Avec  l’eau qui est tombée à l’automne et cet hiver, les travaux de décapage de la terre auraient pu être compromis s’ils n’avaient pas été lancés en septembre dernier.  

Frédéric Guesdon et Pascal Bocquier de l’Earl «La Birotière » à Nieul-le-Dolent poussent aujourd’hui un ouf de soulagement. A force de ténacité et avec l’appui du pole irrigation de la chambre d’agriculture, ils ont mené tambour battant leur projet. Entre les premiers contacts en septembre 2011 avec Michel Chauvin, ingénieur à la chambre d’agriculture, les devis, le dépôt de l’étude préalable à la DTTM, le récépissé de déclaration et d’autorisation de l’administration, puis l’aval de conseil général pour l’obtention d’une subvention à hauteur de 20 % des travaux, ils n’ont pas chômé.  Un peu plus d’an pour les démarches et six mois pour la réaliser et la remplir. 

«On espère stocker environ 30 000 m3 sur les 60 000 qu’elle peut contenir, car on commence tout juste à la remplir. Nous avons obtenu l’autorisation de pomper dans le ruisseau jusqu’au 30 mars.» explique  Pascal Bocquier. Si aujourd’hui, ces agriculteurs se réjouissent, ce projet n’a rien d’un long fleuve tranquille. « L’irrigation, on y pensait depuis trois quatre ans pour sécuriser nos maïs grain et ensilage, voire pour intégrer des cultures comme les légumes » indique Frédéric Guesdon.  L’exploitation qui compte un élevage naisseur engraisseur en porc et en bovin dispose de 210 ha dont 148 en cultures de vente et 53 en surface fourragère (1). «En campagne, on entendait dire que c’était très compliqué , que l’administration n’était pas favorable à la création de retenues et que les zones humides bloquaient les projets. »   C’est  à la réunion d’information de la chambre d’agriculture à Aizenay en juin 2011 qui les décident à se lancer. «On a saisi qu’il ne fallait pas hésiter. On s’est inscrit pour un déposer un projet. Deux mois après, Michel Chauvin est venu dans l’exploitation et nous lui avons montré le site qu’on souhaitait aménager. »

Eviter la zone humide

Premier accroc. Ce site est en partie situé sur une zone humide du Sage de l’Auzance et de la Vertonne. Et la commune a interdit les travaux en zone humide dans son PLU. «On a changé notre projet initial. Pour nous, l’essentiel était que l’on puisse aboutir. On a choisi une zone où seulement 750 m2 était situé en zone humide. Nous n’avions pas l’obligation de récréer une zone humide.  On était juste limités dans le prélèvement dans le ruisseau : on ne pouvait pas prélever plus de la moitié de son débit. » 

L’appui de la chambre d’agriculture

La pré-étude est lancée par la chambre d’agriculture avec son étude de faisabilité en février 2012. «Elle nous a permis de bien cerner les questions juridiques, l’aménagement du site, le chiffrage du projet et son financementOn a dans la foulée contacté le bureau d’étude Atlam. » Les agents de la DDTM se sont ensuite déplacés pour vérifier la faisabilité du projet et ont donné leur feu vert. Le dossier du projet de la retenue de 60 000 m3 a été  déposé auprès de l’administration le 15 juin 2012. «Notre objectif était de lancer les travaux en septembre » glissent les associés.  Pas de temps à perdre donc. «On a régulièrement appelé à la DDTM tout en restant corrects. On a reçu notre récépissé de déclaration début août et dans la foulée, on demandait une subvention au conseil général. » Une subvention de 22 000 € leur a été accordé. L’investissement se monte au total à 180 000 € dont la moitié du coût pour la retenue et l’autre moitié pour les canalisations, le réseau de tuyaux, la pompe et les deux enrouleurs.

Avec la pluie qui ne cesse de tomber et le ruisseau qui dégorge, le remplissage de la retenue est en bonne voie. La ténacité et le compromis trouvés entre l’administration et les éleveurs ont apporté de l’eau au moulin.

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