Réussir son épandage : de multiples enjeux

Catherine Perrot

Le constructeur Pichon a  fait une démonstration de son matériel d’épandage appartenant à la Cuma de Saint-Philbert.
Le constructeur Pichon a fait une démonstration de son matériel d’épandage appartenant à la Cuma de Saint-Philbert.

La chambre d’agriculture et la section de Loire-Atlantique de l’Union des Cuma des Pays de la Loire ont organisé conjointement, le 16 mars, à Pornic, une après-midi d’échanges et de démonstrations autour de l’épandage d’effluents liquides.

Avec un équipement pareil, on n’a plus l’impression d’épandre de la m… ! », lance un agriculteur, présent lors de l’après-midi « épandage », organisée à Pornic le 16 mars dernier par la chambre d’agriculture et la section de Loire-Atlantique de l’Union des Cuma des Pays de la Loire.
Il est vrai que la tonne à lisier Pichon flambant neuve, –24 500 litres, rampe de 15 m et 48 pendillards, système de pompe centrifuge et DPA (débit proportionnel à l’avancement), pneus larges–, mise en démonstration lors de cette après-midi, a fière allure !
Mais il ne s’agit pas que d’apparence : ce matériel, appartenant à la Cuma de Saint-Philbert de Grandlieu, est sans doute ce qui peut se faire de « mieux en matière d’épandage » : tant du point de vue de la répartition homogène du lisier (et donc de sa valorisation optimale), que de celui des odeurs (atténuation nette par rapport à un système de buses), ou du service rendu à l’agriculteur. À la Cuma de Saint-Philbert, c’est en effet un chauffeur dédié qui réalise tous les épandages avec ce matériel : il connaît parfaitement son épandeur, sa conduite et son réglage, et, selon l’un des administrateurs de la Cuma, « aucun des adhérents qui utilisent ce service ne voudrait revenir en arrière ! ».
L’épandage est un sujet qui a déjà fait l’objet de très nombreuses communications et démonstrations en agriculture depuis des années, mais qui reste très « chaud ». Notamment en raison des réglementations qui ne cessent d’évoluer (la plupart du temps vers un durcissement), mais aussi de la mauvaise image que véhicule cette pratique auprès du grand public, liées surtout aux nuisances olfactives qu’elle peut générer.
C’est justement pour faire un rappel des anciennes et des nouvelles règles d’épandages, pour faire un état des lieux technique de cette pratique, et pour parler des enjeux sociétaux qu’elle véhicule, que cette journée épandage a été organisée. Une cinquantaine de personnes y ont assisté, et ont suivi plusieurs ateliers.

Épandre de manière homogène

Dans l’un de ces ateliers, Philippe Lemaire, conseiller agronomie-productions végétales de la maison régionale de Sainte-Pazanne, a quantifié l’impact d’un épandage réussi. Le fait de ne pas connaître la valeur exacte de ses lisiers et de faire un épandage hétérogène (manque d’homogénéisation du lisier, répartition hétérogène avec une buse à palettes, mauvaise gestion des croisements…) conduit à surfertiliser certains secteurs d’un champ, à en sous-fertiliser d’autres, et, au final, fait toujours perdre de l’argent à l’agriculteur !

Autre intervention : celle de Jean-Pierre Chauvin, l’agriculteur pornicais chez qui se déroulait cette porte-ouverte. Après avoir décrit son système et les évolutions qu’il y a récemment apportées (notamment la couverture de ses fosses), il a évoqué son souci de préserver ses voisins des mauvaises odeurs et son attention à l’environnement : du coup, comme il le reconnaît, la surface sur laquelle il épand son lisier est inférieure à sa surface potentiellement épandable réglementaire : « J’ai exclu de moi-même certaines parcelles ! »
Les évolutions de réglementation ont été évoquées, notamment avec l’arrivée de la nouvelle directive Nitrate 2011, qui se superpose, pour l’instant avec l’arrêté départemental de 2009 (dans l’attente d’un nouvel arrêté régional). L’une des principales nouveautés, qui va avoir un impact significatif sur certaines pratiques, consiste en l’interdiction d’épandre sur cultures d’hiver à partir du 1er octobre.

Dans sa conclusion de cette après-midi d’échanges et de démonstrations, Jean-Paul Lecorps, le président de la section de Loire-Atlantique de l’Union régionale des Cuma, a rappelé que le thème de l’épandage n’était pas qu’un thème technique, mais qu’il concernait un enjeu plus important, celui du maintien de l’activité d’élevage dans les zones périurbaines, ou à vocation touristique, du département. Il a incité à ce que la profession agricole se mobilise, de façon à transformer des contraintes en atouts, et suggère que d’autres journées du même type soient rééditées dans les mois à venir.

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