Revenus agricoles : L'État sommé de réagir

P. OLIVIERI

La FDSEA tire la sonnette d'alarme sur la forte érosion du revenu des éleveurs, réclamant une “année blanche” sur les charges financières

L'été radieux n'y a rien fait. Pas une bonne nouvelle à annoncer à des éleveurs qui font grise mine, le moral au plus bas. “Sur le terrain, tout le monde en a ras-le-bol”, commente Patrick Escure. On pense bien sûr aux producteurs laitiers, brutalement confrontés depuis 2008 aux effets d'un marché européen - et mondial - en voie de dérégulation. Mais, selon le syndicat, la trésorerie des éleveurs allaitants ne serait guère plus reluisante avec un marché de la viande finie particulièrement déprimé. Et que dire des producteurs de porcs et de moutons... “Agneaux, vaches, cochons... La problématique commence à être la même quelle que soit la filière, analyse pour sa part Patrick Bénézit. Les producteurs sont face à des colosses qui imposent leur loi, qu'ils s'appellent Bigard ou Lactalis”.

L'État “ne peut plus laisser faire”

Pression sur les prix, maintien d'un niveau de charges élevé (malgré un léger recul sur le fuel et les intrants) : pour la FDSEA, les éleveurs ne pourront pas attendre le versement des nouvelles aides de la Pac à l'automne 2010. “Sans compter que même si le bilan de santé de la Pac constitue une avancée importante, cela ne règle rien à la question du prix de nos produits et au montant de nos coûts de production”, poursuit le secrétaire général de l'organisation, plus qu'étonné de l'attitude des pouvoirs publics. “On ne peut pas avoir un ministre qui, d'un côté, reconnaît que la situation est grave et qui, de l'autre, nous dit : organisez-vous avec les entreprises, faites des contrats intéressants avec elles”. Les premières prises de position du nouveau ministre de l'Agriculture, notamment sur le dossier laitier, n'ont à l'évidence guère rassuré les responsables agricoles cantaliens, qui, sans l'exprimer, trouvent la transition brutale après l'oreille attentive de son prédécesseur. “L'État ne peut pas décemment continuer à rester spectateur”, enchaîne le président Escure qui dit ne pas comprendre l'immobilisme des pouvoirs publics en Auvergne sur le dossier d'un prix du lait régional différencié. La solution pour redresser les revenus ? Il n'en voit pour l'heure qu'une véritablement efficace : “Une année blanche au niveau financier avec report des annuités en fin de tableau”. Une demande déjà formulée en 2008, en vain, et qui fait aujourd'hui partie des revendications portées au plan national par la FNSEA. “Et qu'on ne vienne pas nous ajouter d'autres taxes, comme la taxe carbone”, prévient Jean-Marie Fabre, membre du bureau du syndicat.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union

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