Saga de l'eau : Ces ‘hauts' fonctionnaires ont des pratiques ‘totalitaires' »

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Les premiers épisodes tourmentés de la série ‘irrigation l'administration s'oppose'

La chambre d'agriculture était sollicitée au début du mois pour rendre un avis sur le projet d'arrêté cadre règlementant les prélèvements d'eau dans le milieu. Jusque là, rien n'anormal. En effet, chaque année, ce texte est révisé. Le protocole de gestion des nappes du sud Vendée y est ensuite annexé, une fois les négociations avec la profession et le conseil général établies. Cette année cependant, la DDTM a pris l'initiative de travailler seule et ça ressemble à un passage en force.

Rétrospective :
« Lundi 12 avril, explique Serge Gelot, élu chambre d'agriculture, s'est tenue une rencontre avec le préfet de région, M.Tomasini, à la demande des chambres d'agriculture des départements de Poitou Charente. D'emblée, M.Tomasini a fait savoir que les arrêtés cadre des départements de Poitou Charente seraient signés dans l'après-midi. C'est alors que Pierre Rathouis, directeur de la DDTM de Vendée, s'est empressé, en bon élève, de montrer sa copie : un arrêté prescrivant dés à présent une réduction des volumes prélevables ». Il y est écrit dans l'arrêté cadre ‘afin d'atteindre les volumes définis par le SDAGE à l'horizon 2015, les volumes autorisés seront progressivement réduits chaque année. Ainsi, pour 2010 et pour chacun des deux bassins (Lay et Vendée), les volumes de printemps sont réduits de 20 % et ceux d'été de 10 %.' Pas de concertation, juste une application mathématique d'une règle qui ne l'était pas à l'origine. Serge Gelot est donc intervenu pour préciser que cet arrêté n'avait pas été travaillé avec la profession agricole qui elle, présentait un plan de gestion d'action global avec réduction des volumes prélevés au fur et à mesure de la création des réserves de substitution. Ce plan a été reconnu par le préfet de région comme exemplaire. Cependant, aux termes de la réunion, le préfet de région a renvoyé Serge Gelot vers la DDTM et Pierre Rathouis n'a pas trouvé d'autres solutions pour éviter toute discussion que de s'enfermer dans son véhicule…

On va démonter les compteurs

Après 18 années de protocole, en passant par différentes étapes (création de cotes d'alerte et d'arrêt, gestion horaire puis gestion volumétrique depuis fin 90, gestion à la quinzaine depuis 2006 et diminution des volumes estivaux de 26% sur le Lay et 29% sur la Vendée en 2008), la DDTM décide finalement de travailler seule. Les responsables irrigation réunis à Luçon jeudi 15 avril sont amers. A cet épisode de la saga, l'arrêté cadre n'était pas encore signé. « Si ça se signe, on va démonter les compteurs, disaient les uns. La DDTM n'est pas dans le rôle de l'Etat facilitateur de la création de réserves qu'on nous a présenté l'autre jour, avançaient les autres. Quel gaspillage ! Le plan A c'est le plan global d'action mais le plan B, si cet arrêté est signé, c'est le bazar ! »

On n'arrivera pas à tenir les gars et c'est pas compliqué de monter à La Roche

Et l'arrêté a été signé ! Le lendemain de cette réunion, Christian Aimé et Joël Limouzin rencontraient le préfet de Vendée, entre autres à ce sujet. Le conseil d'administration de la FDSEA réuni lundi a pris la mesure de cette décision radicale de MM.Brot et Rathouis. « Ces hauts fonctionnaires ont des pratiques de voyous », ont considéré certains délégués cantonaux. La session chambre d'agriculture de vendredi, à laquelle le préfet ne participera pas, risque d'être assez houleuse et des actions de mobilisation sont d'ores et déjà envisagées. « On n'arrivera pas à tenir les gars et c'est pas compliqué de monter à La Roche », avaient déjà dit les responsables irrigation à la réunion de Luçon. En attendant, le travail se poursuit sur la mise en place du plan d'action global qui a déjà été présenté au président du SAGE du Lay, aux présidents des syndicats mixtes du Lay et de la Vendée, à l'agence de l'eau et au conseil général où il a été favorablement accueilli. La création d'associations d'irrigants dans l'objectif de mettre en place ces réserves et d'en définir le fonctionnement est par ailleurs en cours. C'est vital pour la Vendée. Francis Berland, président de la commission eau de la FDSEA conclut donc : « l'inconséquence de l'administration est totalement stupéfiante. Elle adopte des méthodes autocrates, ruineuses pour le monde agricole .... »

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