Saint-Flour/Margeride : le pays mise sur l’agriculture

C.Fournier

Saint-Flour/Margeride : le pays mise sur l’agriculture
Comme trois autres agriculteurs, Loïc Baguet (ici avec sa mère à la fabrication) a bénéficié d’une aide directe de la CCPSF (3 000 euros), jugée “très appréciable” pour l’acquisition d’un véhicule frigorifique. C.Fournier

La communauté de communes du pays de Saint-Flour Margeride (CCPSFM) s’est engagée dans un programme de territoire sur trois ans en faveur de l’agriculture. Quels en sont les enjeux ?

Alors que la communauté de communes  s’est mobilisée depuis 20 ans pour l’emploi et l’accueil d’entreprises, dans notre territoire à très forte tradition agricole, il était évident que la perte d’actifs avait une incidence directe sur la vie de la collectivité. Notre objectif était donc de conforter ce socle de l’économie locale.   Mais   une   agriculture respectueuse  de  l’environnement,  comme  la  très  grande majorité des agriculteurs la pratiquent”, répond Pierre Jarlier. Une agriculture de montagne dont le parti pris est, pour le président de la CCPSFM  “d’encourager l’agriculture différenciée et de qualité, mais aussi la création sur place de valeur ajoutée, de sorte que les agriculteurs puissent vivre de leur travail”. Parallèlement, l’Établissement public local d’enseignement agricole de Volzac (ÉPLA) s’est engagé dans un projet d’établissement complémentaire à la démarche, et “place en priorité cette même agriculture de montagne et ces mêmes productions différenciées et de qualité”(1).

Un drive fermier, un village agro-alimentaire

Le programme d’intervention agricole de la CCPSFM prévoit aussi de fournir une aide aux agriculteurs pour la commercialisation  de  leurs  produits, localement, mais aussi à l’extérieur, à travers  le e-commerce : “Nous avons une demande de “drive” fermier sur la CCPSFM. Un   terrain   disponible   de 4 000 m² sur la ZA du Rozier-Coren pourrait ainsi accueillir une plate-forme de vente qui fédérerait tous ceux qui se lancent dans la vente directe.” Dans ce même esprit, les anciens abattoirs de Saint-Flour sont au cœur d’une étude de faisabilité pour y installer un village agro-alimentaire afin que davantage d’agriculteurs puissent y transformer leurs produits.

Des produits à haute valeur ajoutée

Enfin, “Saint-Flour-Margeride, c’est trois cantons qui, à eux seuls, produisent le quart du lait produit dans le Cantal”. Une étude est ainsi en cours pour “fabriquer des produits à haute valeur ajoutée à partir de lait AOP et en fonction des divers outils existants”.
“Il ne faut évidemment pas opposer les systèmes mais accompagner les réflexions, et c’est notre rôle au sein de la CCPSFM”, souligne Nicolas Cussac, référent du projet de territoire. Il est en outre crucial pour lui que les agriculteurs et futurs agriculteurs “se posent la question du devenir de leurs produits demain. Nous sommes en adéquation avec cette démarche, et il faut que les agriculteurs sachent bien que nous souhaitons mettre en place des partenariats avec eux, mais qu’il est important que les projets soient complémentaires et associés le plus possible à des signes de qualité”.
Pour Cécile Ducoulombier, chargée de mission auprès de l’ÉPLA et de la mise en œuvre de ce programme agricole au sein de la CCPSFM, “ce projet de territoire fait aujourd’hui figure de projet pilote”. C’est dire qu’il pourrait bien intéresser d’autres collectivités, désireuses de s’en inspirer…

 

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