Santé : Un lien biologique existerait entre pesticides et lymphome

B.BOUCHOT

Les agriculteurs exposés aux pesticides présentent des anomalies chromosomiques pouvant favoriser le développement d'un lymphome ou cancer du système immunitaire, selon une étude de chercheurs à Marseille.

Cette découverte d'un premier « marqueur biologique » du lymphome pourrait permettre de mieux dépister ce cancer, de suivre les populations considérées comme « à risque » et de mettre en oeuvre, le cas échéant, des traitements plus précoces, selon un résumé de l'étude publiée dans la revue spécialisée « The Journal of Experimental Medicine ».

L'exposition aux pesticides en milieu agricole, ainsi qu'aux dioxines et aux solvants organiques, est considérée comme un facteur de risque accru de lymphomes, mais il manquait jusqu'à présent la « preuve biologique » d'un lien de cause à effet. Dans le cas du lymphome, le processus de cancérisation débute par un échange de matériel génétique, ou translocation, entre les chromosomes 14 et 18. Sauf exceptions, c'est la signature clinique de ce cancer.

128 agriculteurs suivis pendant 10 ans

Or, en suivant sur une période moyenne de dix ans une population de 128 agriculteurs exposés aux pesticides, les chercheurs marseillais ont trouvé qu'ils présentaient dans le sang une fréquence de cellules transloquées pouvant être jusqu'à 1.000 fois supérieure à la normale. Et l'analyse moléculaire de ces cellules suggère que certaines pourraient constituer de réels précurseurs tumoraux et une première étape vers la cancérisation.

« Nos résultats apportent une vision nouvelle des étapes de progression vers le lymphome tout en mettant l'accent sur le rôle majeur de l'exposition agricole aux pesticides dans les étapes de progression », affirment les chercheurs marseillais Sandrine Roulland et Bertrand Nadel.

Cette étude a été réalisée par l'équipe « Instabilité génomique et hémopathies humaines » du Centre d'immunologie de Marseille-Luminy, qui dépend de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec une équipe d'épidémiologistes du Groupe régional d'études sur le cancer de Caen (nord-ouest).

Source d'après l'AFP

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