Sécheresse en Russie : Les agriculteurs voient leurs récoltes s'effondrer

B.BOUCHOT d'après AFP

C'est une catastrophe », dit un agriculteur à la tête d'une exploitation de 700 hectares, en examinant ses épis de blé rachitiques, déjà trop secs. « Cette année, je ne vais en tirer aucun bénéfice, cela ne servira que pour le fourrage », explique-t-il.

Depuis fin avril, pas une goutte de pluie n'a arrosé les cultures de printemps, et la canicule atteint des records. La terre desséchée commence à se couvrir de larges fissures et les plants de céréales, d'ordinaire vigoureux, n'arrivent pas à atteindre leur hauteur normale. Un nouveau coup dur pour cet agriculteur qui a déjà dû faire face à un hiver particulièrement rigoureux. « Le blé d'hiver que j'avais semé avait déjà été détruit par le gel », raconte-t-il.

9,6 millions d'hectares détruits

« La majorité des paysans a perdu plus de 70% de leurs récoltes », renchérit Kamiïar Baïtemirov, président de l'association des fermiers et paysans du Tatarstan, une des régions touchée par la sécheresse. Au total en Russie, ce sont 23 régions, essentiellement situées dans la partie européenne du pays, qui sont désormais placées en état d'urgence. Et selon le ministère de l'Agriculture, quelque 9,6 millions d'hectares de cultures ont déjà été détruits par la canicule.

Les prévisions pourraient encore être revues à la baisse

Le gouvernement prépare un plan de soutien aux agriculteurs d'un montant de 40 milliards de roubles (environ un milliard d'euros) sous forme de crédits à taux avantageux. Le ministère a d'ores et déjà revu à la baisse ses prévisions de récoltes pour 2010, à 85 millions de tonnes contre 95 millions jusqu'alors, et a annoncé que ces pronostics pourraient encore être révisés à l'avenir. La ministre de l'Agriculture, Elena Skrynnik, a laissé entendre la semaine dernière que les prévisions d'exportations pourraient aussi être revues à la baisse, à moins de 20 millions de tonnes.

La situation est suivie de près par les analystes internationaux, la Russie étant l'un des principaux exportateurs de céréales. Depuis fin juin, « les prix mondiaux sont montés en flèche », remarque Dmitri Rylko, directeur général de l'Institut de conjoncture du marché agricole. Maigre consolation pour les agriculteurs russes, pour lesquels les pertes en termes de récoltes seront difficilement compensées par la hausse des cours. « Oui, les prix des céréales augmentent, mais par effet de boomerang, les prix des autres produits vont augmenter de façon proportionnelle », souligne Kamiïar Baïtemirov. Des craintes partagées par les autorités russes, qui admettent le risque d'une hausse de l'inflation dès le mois de septembre.

Source AFP

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