Sécheresse : Paille : la solidarité s'organise entre éleveurs du sud et céréaliers du nord

Elisabeth Hersand

Les averses de ces derniers jours, même si elles sont effectivement une bonne nouvelle, ne changent rien au problème de paille. Pour aider les éleveurs à en trouver chez les céréaliers du département, les maires de la Vienne ont été appelés à la rescousse.

Depuis la mise en place du numéro unique spécial sécheresse (0 549 447 573), la chambre d'agriculture a recensé les demandes de paille de 150 agriculteurs, qui s'élèvent à 15 000 tonnes.Du côté de l'offre, seules 1 000 tonnes de paille ont été proposées. « Et sur ce chiffre, il y a beaucoup de paille de colza » précise Claude Guérin, chef du service du développement rural à la chambre d'agriculture de la Vienne. (lire à ce sujet l'article en page 12).

Un déséquilibre qui préoccupe les OPA de la cellule sécheresse depuis plusieurs semaines. « Cela fait un mois que l'on cogite.On sait que si on pouvait récupérer 50 % de la paille que les céréaliers broient habituellement, cela suffirait certainement à combler les demandes des éleveurs » lance Pierre-Yves Bouvier.Le président de la Chambre d'agriculture de la Vienne se félicite d'avoir constaté ces derniers jours que la paille d'orge n'avait pas été broyée et espère que l'élan continuera pour le blé. « En revanche, il ne faut pas que cette paille soit ensuite envoyée en dehors du département ! Nos éleveurs en ont besoin ! » Des éleveurs essentiellement du sud du département, alors que les céréaliers et leur paille se situent eux plutôt dans le nord, et plus précisément dans le Loudunais. Pour faciliter cet échange nord-sud, la chambre d'agriculture a trouvé un allié de poids : l'association des maires de la Vienne. « Dès demain, nous allons diffuser un communiqué aux maires de la Vienne, leur demandant de recenser les offres et demandes dans leur commune, afin que nous puissions, avec la cellule sécheresse, organiser la mise en relation » lance Yves Bouloux, président de l'association des maires de la Vienne, et maire de Montmorillon. Les maires sont donc dès aujourd'hui invités à faire le tour des agriculteurs de leur commune, et à prendre contact avec la cellule sécheresse pour lui communiquer les offres et demandes.

Interdire le broyage ?

Alors que la préfète des Deux-Sèvres vient de prendre un arrêté interdisant le broyage de la paille, jusqu'au 15 septembre, les OPA de la Vienne ne souhaitent pas arriver à cet extrême, mais préviennent. « C'est une épée de Damoclès au-dessus de notre tête.Si on voit que la paille est broyée, on demandera à ce qu'un arrêté soit pris » lance Pierre-Yves Bouvier. «La paille d'orge n'a pas été broyée, et nous nous en félicitons.Nous souhaitons que les céréaliers continuent sur cette ligne pour le blé, et nous souhaitons les assurer que les andains de paille seront vite retirés, afin qu'ils disposent rapidement de leurs terres » ajoute François Philippe.

Le directeur de la chambre d'agriculture et les OPA membres de la cellule sécheresse estiment qu'il faudrait récolter les pailles d'une centaine d'hectares pour que chaque éleveur ait ce dont il a besoin. « Il ne faut pas que nos céréaliers broient, et il faut aussi que cette paille reste chez nous ! » insiste Pierre-Yves Bouvier.

Source La Vienne Rurale

Publié par Elisabeth Hersand

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