Sélection : La génomique est dans le pré

Thierry Guillemot

Sélection : La génomique est dans le pré

La génomique sort du champ expérimental pour entrer dans les paillettes. Sous les stabulations bas-normandes et dans les pâturages, des vaches pleines de taureaux génomiques donneront dans quelques mois naissance à une génétique en avance sur son temps. Le bonheur serait-il dans le pré ? Témoignages de deux éleveurs, en races Normande et Prim'Holstein, en pointe.

30 % de taureaux génomiques. Telle est la part de nouveautés qu'a introduit Jean-Paul Silande, producteur de lait aux Loges-Marchis (50), dans son plan d'accouplement 2009/2010. Ici, au Gaec du Val Cordon, les 80 laitières affichent une moyenne de 9 000 kg en lactation brute, 10 000 kg en standard ! Depuis son installation en 1984, Jean-Paul Silande a affiné sa ration. Parallèlement, il a beaucoup misé sur la génétique faisant grimper la moyenne d'étable de 300 kg/an.

Des vaches faciles à vivre

Pas étonnant donc que sur les conseils de Laurent Martin, technicien inséminateur chez Amélis, il ait emboîté le pas de l'offre profilAdn proposée par sa coopérative. “Mes objectifs en terme de sélection restent les mêmes : un lait de qualité avec un taux de matière protéique le plus élevé possible pour optimiser le prix, souligne notre éleveur. Je cherche aussi des vaches faciles à vivre, sans problème fonctionnel”.C'est sur cette base qu'il a opté pour un subtil mélange de taureaux “premium” et de taureaux “primeur”. “Les taureaux profilAdn premium sont sélectionnés parmi les taureaux les plus élevés de leur génération à partir des profils génétiques identifiés par les sélections. L'utilisation d'un large panel de ces taureaux sur un lot de femelles à accoupler garantit, par le gain en intervalle de génération, un progrès génétique moyen supérieur”, argumente Benoît Vaultier, responsable des ventes sud Manche et Ille et Vilaine chez Amélis. “Quant aux taureaux profilAdn primeur, ce sont les taureaux de la dernière génération. Ils sont jeunes et le volume de semences disponible est limité. Leur utilisation précoce permettra de disposer d'une confirmation d'index dès l'arrivée de la première génération de filles. Pour cela, nous recommandons de les utiliser à hauteur de 20 % du troupeau”.
L'utilisation de la génomique se raisonne donc encore au cas par cas notamment parce que l'on ne peut pas encore s'affranchir du contrôle sur descendance.C'est pourquoi Jean-Paul Silande n'a pas mis tous ses oeufs dans le même panier avec un rapport 70/30. Il espère néanmoins disposer dans moins de deux ans de génisses dotées d'une génétique des années 2020.

Maintenir la morphologie

Au Gaec de La Noblerie, à Percy (50), Marie-Françoise, Marc et Guillaume Lhermitte s'essayent également à la génomique. Dans cet élevage de race Normande habitué au tarmac des concours et où “Gyrophare” a marqué son empreinte, on avoue tout de même “avoir été un peu méfiant au départ”. Mais là aussi, les objectifs en terme de sélection n'ont pas bougé d'un iota : “maintenir la morphologie” tout en veillant à la production. La moyenne d'étable en lactation standard affiche 8 300 kg et “on a encore progressé de 290 kg en un an. Génomique ou pas, il faut que ça continue”, visent les associés du Gaec de La Noblerie.
Alors, selon la formule de Guillaume, “on tape dans les hauts de pages du catalogue”. Parmi les élus de la campagne 2009/2010, on croise en profilAdn premium “Banzai” (“Puit x Nephelion x Hollydays x Elixir) affichant + 1 101 kg en lait. “Potentiel lait et morphologie”, confirme Joël Helbert, technicien conseil Normand sud Manche et Ille et Vilaine chez Amélis.Autre élu : “Vigilant” (“Nivea x Livarot x Idris x Bunuelo”). Un taureau né dans la Manche (Gaec de la Séline à Rauville-la-Bigot) dont la mère “Tapette” est numéro 1 de la race en lait et dont la grand-mère “Rosette” a non seulement produit 12 500 kg de lait en 305 jours mais aussi décroché le titre de meilleure bouchère au national 2009.
Au Gaec de La Noblerie, on utilise également quelques taureaux issus de la gamme primeur dans la limite de 20 %.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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