Semis et ensilage : « C’est quand qu’on sème ! »

Rédaction Vendée agricole

Plus de 120 mm en moyenne enregistré en avril : c’est le double d’un mois normal. Dans le bocage, les éleveurs sont dans les startings blocs pour démarrer leurs semis et de front leurs ensilages. Reportage aux Herbiers.

Ce mercredi, peu de nuages viennent menacer l’horizon. Après les averses du week-end et du 1er mai, un franc soleil réchauffe enfin les terres du bocage. Mais, elles restent encore trop humides pour pouvoir les travailler. A la station des Landes-Génusson, la météo a relevé 120 mm le mois d’avril, alors qu’en mars, le ciel avare, n’en avait lâché que 24. «C’est certain, on aurait préféré inverser le mois d’avril avec le mois de mars. Mais, pour l’instant, ça ne nous inquiète pas tant que ça. Habituellement dans le secteur nous semons entre le 1er et le 15 mai. Si l’an dernier, nous avions fini fin avril, c’était exceptionnel», témoigne Benoit Hériault.  

Ce producteur de viande bovine et de lapins associé à son frère Damien, a prévu dans l’assolement de 100 ha, de réserver 10,5 hectares à des maïs fourrage et il doit également ensiler 9,5 ha d’herbe.

«Si les pluies s’éloignent et que le mercure monte, on pourra semer la semaine prochaine, puis ensiler » prévoit confiant le jeune agriculteur.

Pour ceux qui disposent de plus grandes surfaces que cette exploitation, il va falloir mettre les bouchées doubles pour semer, ensiler et dans la foulée apporter de l’azote sur les blés, triticales et colzas et traiter les blés contre la rouille. Plus que jamais les agriculteurs devront faire une croix sur les ponts de ce mois de mai.

Si certains piaffent d’impatience, Benoit et Damien Hériault ne s’affolent pas, même s’ils vont devoir aussi mettre l’accélérateur. Dans la parcelle réservée au maïs, les charolaises broutent allègrement l’herbe qui ne demande qu’à pousser depuis que les températures ont gagné quelques degrés. Le thermomètre affiche 22 °C ce mercredi 2 mai. 

 «J’attends qu’elles aient bien pâturé le ray grass pour épandre du fumier que j’ai en bout de champs. Et j’espère dans la foulée labourer, passer la herse pour ensuite semer. »  Si le beau temps se maintient, il pense boucler son chantier en 4 jours. La partie va être un peu « prise de tête », si quelques averses viennent jouer les troubles fêtes.

Le spectre d’un printemps sec s’éloigne

Si la météo capricieuse du mois d’avril a fait rager les touristes en Vendée pendant les vacances de Pâques, Damien ne peste pas contre la pluie. «Les blés et triticales et colzas en  avaient besoin. La végétation était au ralenti et la terre s’asséchait. » Le spectre d’un deuxième printemps sec pesait sur l’agriculture.  La cellule sécheresse avait été activée dès le 30 mars, avec cette année, de nouvelles mesures comme l’activation de courbes d’alerte et d’interdiction en complément des courbes de vigilance dans les nappes du sud vendée. Les agriculteurs ont donc échappé aux interdictions et aux restrictions d’irrigation. Les barrages ont pu se remplir efficacement. Et dans le Sud Vendée, on pousse un ouf de soulagement. «Nous avons annulé le 2ème comité sécheresse de mi-avril. Et aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes passés d’une situation préoccupante à une situation normale, voire meilleure qu’en année normale pour ce mois d’avril » indique Jean-Pierre Laurent, technicien hydrogéologue au service eau du conseil général de la Vendée.

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