Space de Rennes : Les agriculteurs ukrainiens font leur marché

Une délégation d'agriculteurs ukrainiens a fait son marché cette semaine au salon international de l'élevage de Rennes, témoignant des efforts de l'ex-grenier à blé de l'URSS pour valoriser son énorme potentiel agricole.

En Ukraine, « en dessous de 2.500 ha, l'exploitation n'est généralement pas rentable »

A la tête d'exploitations laitières, porcines ou avicoles, les Ukrainiens présents à Rennes cherchent « des technologies et du savoir-faire », explique Natalya Telehina, chef de projet pour Est expansion, une société basée à Kiev qui accompagne les entreprises françaises dans leurs projets d'installation ou d'investissements en Ukraine.

Depuis l'éclatement de l'URSS en 1991 et la privatisation des terres dans ce pays un peu plus grand que la France, « la production animale n'a cessé de chuter jusqu'à ces dernières années et la technologie est en retard » dans tous les domaines, constate-t-elle. A titre d'exemple, l'Ukraine a « deux fois plus de terres arables que la France mais les rendements en céréales y sont deux fois moindres »: 3 tonnes/ha en moyenne contre 7,5 en France, 40 à 43 millions de tonnes de céréales attendues en 2010 pour un potentiel estimé par les experts ukrainiens à 100 millions, relève Pascal Hiéronimus, responsable d'Est Expansion.

En matière d'élevage, près de 20 ans après l'indépendance, seule la production avicole, concentrée à 85% entre cinq grands groupes, a sérieusement repris du poil de la bête, sans atteindre encore son niveau de 1990. Une vingtaine d'agro-holdings exploitent pour certaines des centaines de milliers d'ha. « Mais on ne gagne pas sa vie en Ukraine avec 2.000 ha. En dessous de 2.500 ha, l'exploitation n'est généralement pas rentable », tempère M. Hiéronimus.

« L'Ukraine est un pays à grand potentiel »

Les Ukrainiens viennent voir « comment fonctionnent les fermes ici » et y « chercher des outils qu'ils pourront adapter là-bas » en terme de nutrition, de santé animale, d'hygiène, de matériel ou de logiciels de gestion, explique Natalya Telehina. De grands groupes français (Lactalis, Danone, Bongrain, Bel) sont déjà présents en Ukraine dans la filière laitière.

Représentant Ferotec, une entreprise de matériel pour fabricants d'aliment du bétail qui place 60% de sa production à l'exportation, Pascal Le Du a effectué son premier voyage en Ukraine en avril dernier. « Le marché n'est pas encore très ouvert mais il n'est pas très compliqué. Nos concurrents n'ont souvent pas envie d'aller là-bas. Pourtant, les Ukrainiens sont demandeurs et on y bénéficie d'un accueil exceptionnel », se réjouit-il.

« L'Ukraine est un pays à grand potentiel », résume Natalia Telehina. « Il faut même inciter vos producteurs de lait à aller s'installer chez nous: le lait y est vendu 30 à 40 centimes le litre (ndlr: plus cher qu'en France) et les coûts de production sont bien moindres qu'en France! ».

Source AFP

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