SPACE : Les bâtiments de demain

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SPACE : Les bâtiments de demain
Les niches à porcelets, un moyen d’économiser sur le chauffage. © Loire-Atlantique Agricole

Cette année, la plate-forme Recherche et développement du Space était consacrée aux bâtiments porcs et volailles. Performance des élevages, énergie, organisation du travail : dans tous les cas la compétitivité passe par l’innovation.

Les filières porcines et avicoles doivent continuer à innover pour rester compétitives malgré un con­texte réglementaire, fiscal et social, plus handicapant que celui d’autres pays européens.
La recherche de performance se fait à trois niveaux : l’organisation de l’exploitation, la coque du bâtiment et ses équipements. Comme la plateforme Recherche et développement du Space l’a montré, le mot d’ordre est l’innovation.
En production porcine, l’amélioration de la rentabilité économique passe par des stratégies différentes. Les re­groupements de sites de production en est une. « Il s’agit de regrouper tous les stades physiologiques de l’élevage sur un même site, c’est-à-dire de rapatrier par exemple les sites d’engraissement extérieurs pour avoir sur le même site le naissage, le post–sevrage et les engraissements », indique Frédéric Kergoulay, ingénieur d'études au pôle porcs-aviculture des chambres d'agriculture de Bretagne. « Ce type de configuration permet aux éleveurs de réorganiser leurs bâtiments et de rationaliser de la main-d’œuvre. »
Avec ce choix stratégique, les producteurs ont la possibilité de mettre en place une unité de méthanisation pour valoriser les effluents d’élevage pour produire de l’électricité. Celle-ci est revendue par l’éleveur, et permet de dégager un revenu complémentaire. Par ailleurs, la chaleur produite, permet de réduire notamment les con­sommations de chauffage dans les maternités et les post-sevrage dans le cas d’un chauffage localisé.
Autre stratégie d’élevage présentée : la construction de maternités collectives. « Le principe est que des éleveurs décident de se regrouper sur le site naissage. On a là toutes les femelles, gestantes, allaitantes et leurs petits », détaille Frédéric Kergoulay. « Chaque sociétaire de la maternité va régulièrement recevoir des lots de porcelets homogènes en âge et en poids, et destinés aux sites dédiés à l’engraissement. »
Cette configuration permet de spécialiser la main-d’œuvre au niveau du naissage, puis de sécuriser l’approvisionnement en porcelets, explique le con­seiller. Selon les opportunités d’élevage, les producteurs ont aussi la possibilité de créer des ateliers complémentaires sur leurs sites dédiés à l’engraissement.

Économies d’énergie

Dans un contexte de prix des énergies en augmentation, les éleveurs de porcs s’interrogent aussi sur la mise en œuvre de techniques visant à réduire leurs consommations énergétiques.
Plusieurs axes de progrès existent dans ce domaine. Il est nécessaire qu’un bâtiment soit bien isolé. C’est le le b-a BA, insiste Frédéric Kergoulay. « On trouve chez les fournisseurs plusieurs types d’isolants. Plus leur coefficient de déperdition thermique est faible, meilleurs ils sont. »
Important également à l’échelle de la maternité, la présence de systèmes capables d’adapter l’intensité lumineuse aux besoins réels des animaux, en fonction de la luminosité extérieure. D’autres économies d’énergie possibles.
En maternité, 80 % de l’énergie consommée est liée au chauffage. Comment diminuer la facture ? Les niches à porcelets sont une des pistes. « Le chauffage est localisé. On ne chauffe plus l’intégralité de la maternité. D’autres technologies se développent : un capteur infra-rouge est installé dans la niche. Il peut mesurer la température autour des porcelets et adapte, en fonction, l’intensité du chauffage aux besoins des animaux. On a fait des essais à la station expérimentale porcine de Guernévez (Finistère). On a plus de 70 % d’économie sur la facture de chauffage. »
Toujours dans un souci d’amélioration des performances techniques, d’autres équipements se développent en maternité comme le blocage simplifié des porcelets ou encore les techniques d’alimentation de précision. Une grande partie de ces innovations sont ou vont être analysées sous peu à la station expérimentale porcine de Guernévez où une nouvelle maternité est en cours de construction.
Le pôle Volaille, quant à lui présentait un profil de poulailler high tech s’inscrivant dans la démarche bâtiment d’élevage basse consommation (BEBC). Là aussi, la problématique est la même. Comment garder des exploitations viables et rester présents sur les marchés ?

Dindes : spécialisation des bâtiments

Une des pistes évoquées par Christian Nicolas du pôle avicole des chambres d’agriculture de Bretagne, est la spécialisation des bâtiments, en particulier en élevage de dindes. « Des bâtiments seraient dédiés au démarrage, et d’autres à l’engraissement. C’est une voie d’avenir intéressante pour améliorer la productivité, économiser les ressources énergétiques, favoriser la mécanisation, l’organisation du travail, ainsi que la gestion environnementale des élevages. »
Tout comme en porc, un poulailler, pour être performant sur le plan énergétique se doit d’être bien isolé et étanche, a rappelé Christian Nicolas. Bien gérer le couple chauffage ventilation est essentiel. L’automatisation et la commande par informatique des différents organes de gestion d’ambiance, associés à des relevés de consommation d’énergie (gaz et électricité) permettent de mieux comprendre le fonctionnement du poulailler et de modifier certains réglages réduisant ainsi la facture énergétique. « Certains matériels, tels que les échangeurs de chaleur ou un éclairage basse consommation, permettent d’aller encore plus loin dans le sens des économies. L’organe incontournable dans les bâtiments aujourd’hui, c’est la régulation pour synchroniser les fonctionnements du chauffage, de la ventilation et de la récupération de chaleur. »
Tout ça mis bout à bout devrait permettre d’atteindre la performance attendue, à savoir les 65 kWh maximum de dépense énergétique par m2 et par an. « En travaillant sur l’isolation, l’étanchéité, l’éclairage, en mettant en place un système de régulation, j’ai réalisé des économies d’énergie. Nous avons fait 50 % d’économie de gaz en moyen­ne », confirme Stéphane Da­hirel, producteur en volailles de chair (poulets et dindes), à Lanouée (près de Josselin dans le Morbihan).

Guillaume de Werbier

Visite d’Élevage : Étrangers À derval

Comme chaque année, les organisateurs du Space proposaient des visites d’élevage à leurs visiteurs. C’est ainsi qu’une quarantaine de personnes (éleveurs, responsables de coopérative, agronomes…) venant du Brésil, de Chine, d’Irlande, de Belges, d’Espagnols et de Marocains, se sont rendus à la Ferme expérimentale laitière de Derval.
Après une présentation générale des lieux, par Marc Fougère, directeur de la ferme, Thomas Huneau, chargé d’études et expérimentations, a passé en revue les thèmes de recherche de la station expérimentale : la traite robotisée, les sources d’économie d’énergie autour du bloc traite, la réduction des phytos sur le maïs, ou encore le traitement de précision avec GPS. « De nombreuses questions ont porté sur l’organisation du travail », a remarqué Thomas Huneau. « Beaucoup de personnes ont été suprises de voir que nous étions trois sur l’activité agricole de la ferme au regard des 740 000 l de lait vendus. »

Palmarès des concours d’animaux

Cette année, le Space a mis la race Blonde d'Aquitaine à l'honneur. À l’occasion du Festival génétique national de la race, Fiesta, du Gaec des Jonquilles, de Guéméné Penfao, a obtenu un premier prix de section (femelles gestantes de 3 à 5 ans). Duc, de la SCEA Dutertre à Riaillé, lui, repart avec un honorable 3e prix de section.
Lors du concours interrégional limousin, l’EARL Ménard, du Loroux Bottereau, décroche un 2e prix de section avec Galant. Il est suivi dans cette section Jeunes mâle, de Gala appartenant à l’EARL du Moulin à Cordemais. Galant arrive aussi en seconde position pour le prix du meilleur animal qualifié.
Pour les normandes et son concours interrégional, Alma, du Gaec de la Belle Etoile à Bourgneuf en Retz, habituée à la plus haute marche des podiums ces derniers mois, a dû se satisfaire d’une
3e place dans la section Femelles en cours de 4e lactation.

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