Stéphane le Foll peaufine son plan «agroécologie »

Stéphane le Foll peaufine son plan «agroécologie »
Le cap des 10.000 ha d’agroforesterie pourrait être atteint en France d’ici 2013 (photo www.agroforesterie.fr)

Depuis des mois le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll le répète à l'envi : les agriculteurs français peuvent trouver une voie intermédiaire entre productivisme et écologie. Il tentera de les convaincre à l’occasion d'une conférence nationale mardi à paris.

Le 18 décembre,  les spécialistes de l’agroécologie seront réunis au Conseil économique, social et environnemental pour mettre en lumière des pratiques de production agricole respectueuses de l’environnement et économiquement performantes. Pour rendre concrète son ambition, le ministère a également ouvert, en septembre, un site Internet invitant les agriculteurs déjà engagés dans cette démarche à décrire leur expérience. Une dizaine d’entre eux a été conviée à témoigner. Des expériences sur lesquelles le ministre promet de s’appuyer pour fixer les objectifs de sa politique agricole.

A l'heure où Bruxelles souhaite "verdir" la Politique agricole commune, Stéphane Le Foll veut en effet faire émerger en France, une agriculture économiquement et écologiquement performante. « Créer une dynamique, quelque chose qui dépasse le débat sempiternel" entre productivisme et écologie, explique-t-il.  Son objectif : « faire de la France le leader de l’agroécologie », précise-t-il  dans le JDD de ce week-end.

Création de « groupements d’intérêts économiques et environnementaux » 

Une notion qu’il devrait préciser lors de cette conférence baptisée,  « Agriculture : Produisons autrement ». Ce plan « agroécologie » devrait reprendre des initiatives déjà lancées comme Ecophyto 2018 visant à  réduire l’utilisation des pesticides, mais aussi le plan visant à limiter l’utilisation des antibiotiques ou encore  un plan protéines végétales pour l'alimentation animale. Le gouvernement envisage également  de mettre en place  une fiscalité incitative pour limiter le recours aux pesticides.

Par ailleurs, il souhaite la création de « groupements d’intérêts économiques et environnementaux"  pour , selon lui, « regrouper de manière collective des producteurs pour porter des ambitions à la fois économiques et écologiques », précise-t-il. L'enseignement et la recherche devraient aussi figurer dans ce plan. 

"L'enjeu est de lever les  scepticismes" et de montrer qu'on peut verdir son exploitation sans perte de revenus, ambitionne le ministère.  Les mesures qui seront prises devraient être intégrées au projet  «de loi d'avenir pour l'agriculture», prévu au 2e semestre 2013.

 Agroforesterie : associer arbres et cultures 

A la Fnsea, on assure "qu'il faut trouver une voie médiane", tout en insistant sur "la liberté de produire". Les agriculteurs se disent acculés de normes réglementaires, environnementales notamment.  Et on a hâte de voir "comment la politique agricole pourra accompagner" cette mutation, explique Christiane Lambert, première vice-présidente. Car "il ne faudrait pas que ça reste fumeux".

Pour la Confédération paysanne, "l'approche agronomique est intéressante" mais le syndicat redoute "l'approche modèle" qui sanctuariserait certaines pratiques. Pour  Philippe Collin, porte-parole du syndicat,  "la démarche la plus intéressante est de redonner sa place à l'agroforesterie et d'arrêter d'opposer l'agriculture à l'arbre".

L'agroforesterie, associer la plantation d'arbres et l'agriculture, fait partie des cinq axes de travail du gouvernement avec la question de la conservation des sols, celle de l'eau, l'autonomie de l'approvisionnement en alimentation animale pour les éleveurs et le conseil aux agriculteurs.

Source SC avec AFP

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Commentaires 24

stephane

ça laboure plus.
Mais ça met du roundup partout,
ça laboure plus ça peint les champs en jaune.
mr bourguignon avec sa rhétorique et ses phrases choc fait du business.
ça marche pour le jardinage, l'épandage de rameaux de bois sur la terre.
A grande échelle, je suis plus que sceptique quant à l'organisation que cela représente son coût; même avec une haie qui produit par an 30 tonnes de rameaux, en imaginant une haie pour 20 hectares cela fera un apport insignifiant de matière organique...

audrey

l'agriculture, la catastrophe annoncée.
le 21 décembre 2012 aussi...
pendant 20 ans en France,il n'y avait pas un discours sans que le mot "europe" soit prononcé.
Maintenant, il faut mettre de l'écologie partout du développement durable partout...
développement durable c'est un oxymore.
regardons il y a peu fallait des panneaux solaires "partout", maintenant quelques opportunistes vont se faire de l'argent car ils ont investi grâce aux subventions. A nous, le commun des mortels de devoir payer l'électricité de plus en plus cher car il a fallu subventionner le photovoltaïque. TAXONS AU MAXIMUM le profit lié au photovoltaïque, la plupart qui ont investi l'on fait parce qu'il était assez riche pour se lancer dans l'aventure technique

marcobio

Pour vous répondre Joel si vous êtes à la recherche de champs propres en cultures bio je peux vous en montrer je peux même vous trouver des champs ayant reçu diverses potions chimiques avec des récoltes minables alors votre raisonnement est partial .

geo

je suis parti de cette déclaration "...faire autre chose que colza blé orge" pour en déduire que ce trio était assez bien adapté sur les terres dont il parlait. Avec cette rotation, il n'y a pas besoin d'inter-culture, le sol étant couvert 9 mois sur 12 donc aucun risque qu'elle soit aléatoire.
Aussi, je ne sais pas dans quelle région vous vivez mais pour ma part, je vis dans le Sud Ouest, autour de Pau et je peux vous garantir que la monoculture du maïs reste la référence en fonds de vallée et sur les plateaux tournés vers le Gers et les Landes. La rotation s'impose en zone de piémont pour espérer sortir un revenu mais n'est que très peu effective dès que les sols deviennent favorables à la culture du maïs (grain).

bab

@geo:mosquito ne parle pas de monoculture de mais irrigué mais de petites terres superficielles avec tres peu de reserve utile et dans ce cas les cultures possibles sont restreintes ,les couverts intercultures aleatoires d'autre part la rotation des cultures reste la base de notre agriculture la monoculture est un faible pourcentage des surfaces

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