Stop au gaspillage !

Candice Barbo

Débat entre les JA et Daniel Morisson, membre de la commission Développement et Aménagement des territoires du conseil général de Loire-Atlantique.
Débat entre les JA et Daniel Morisson, membre de la commission Développement et Aménagement des territoires du conseil général de Loire-Atlantique.

Pour la quatrième année consécutive, Jeunes Agriculteurs organisait la semaine nationale de la préservation du foncier agricole du 11 au 17 novembre. Dans toute la France, les JA ont mis en place des initiatives départementales pour sensibiliser élus et citoyens notamment à la problématique des friches. Retour sur la mobilisation départementale de mardi dernier.

nitiée par JA, la semaine nationale du foncier a mis la problématique de la disparition des terres agricoles au cœur de tous les débats durant ces derniers jours. mardi 12 novembre dernier, les JA 44, accompagnés de la FNSEA 44, étaient réunis à Cheix-en-Retz, pour mettre en exergue une question particulière, celles des friches sur des zones préemptées pour l’urbanisation.

Première étape : mobilisations dans tout le département

Avant de se réunir à Cheix, les JA de chaque canton du département se sont activement mo­bilisés pour cibler les parcelles en friches. L’objectif de ces premières actions était de commencer à répertorier et comptabiliser les secteurs et le nombre d’hectares concernés par cette problématique. En moins d’une semaine, environ 35 hectares ont déjà été recensés : 20 ha à Donges, au port autonome, en friche depuis plus de 20 ans ; 6 ha à la Bernerie-en-Retz, sur une zone artisanale, en friche depuis plus de 12 ans ; 2 autres hectares sur une zone artisanale également, mais cette fois sur la commune de Couffé… Bref, sur la carte du département, ces friches qui pourraient revenir à l’agriculture en attendant d’être construites, pullulent ! À quand une prise de con­science des élus pour que cela cesse…

Deuxième étape : mobilisation départementale pour rencontrer les élus

Ce premier repérage, JA 44 l’a présenté à l’occasion de l’action départementale pour la préservation du foncier agricole. Ludovic Clavier explique : «  L’objectif par nos actions est de montrer aux politiques la nécessité, dans un premier temps, de réaliser ce travail de recensement des friches exploitables. Nous n’avons aucune données précises sur le sujet. Nous voulons que les autorités comprennent qu’il est important, notamment via l’observatoire national de la consommation des espaces agricoles, de réaliser ce travail pour évaluer son impact sur la profession ». JA 44, devant les mé­dias, a profité de la présence de M. Morisson, conseiller général du canton du Pellerin, et de M. Forest, maire de la commune de Saint-Père-en-Retz, pour dénoncer une nouvelle fois le manque de bon sens dont font preuve les collectivités. Le lieu de la rencontre, qui n’avait pas été choisi par hasard, en était une bonne illustration. Le long de la D 723, au lieu-dit « Le Breuil » à Cheix-en-Retz, une énième banderole a été installée avec le slogan de cette semaine nationale du foncier : « Stop au gaspillage des terres agricoles, ici, 2 ha perdus depuis 12 ans ! ». En effet, le rendez-vous était fixé sur une parcelle initialement préemptée pour la réhabilitation de la D 723 en une deux fois deux voies, mais qui a finalement été réaménagée en une deux fois une voie, laissant le reste des parcelles réservées en friches. Une parcelle qu’auraient pu exploiter les agriculteurs des exploitations voisines… aux questions des JA présents, le conseiller général répond « procédu­res » : « La mise en place de la deux fois deux voies a été décidée lors de la déclaration d’utilité publique en 2006 (…), une décision qui a été modifiée depuis. Mais nous sommes face à des procédures qui iront jusqu’à terme, se posera la question, ensuite, du devenir de ces parcelles en friches ». Autant dire que la réflexion est loin d’être entamée, pourtant comme le précise Jérôme Maillard, mem­bre du groupe foncier de JA 44, des solutions existent : « Il peut être envisagé de mettre ces parcelles en location, ou encore les mettre à disposition des exploitants, des conventions peuvent être passées entre les différentes parties, pour laisser aux agriculteurs la possibilité de redonner un rôle productif à ces
parcelles, le temps que la con­struction démarre ». Des solutions d’ail­leurs déjà adoptées dans certains secteurs, notamment par les communautés de communes. Déjà confrontée à la fonte des terres agricoles, JA 44 souhaite que la profession ne paye pas la double peine. Ludovic Clavier insiste sur ce point en mettant en avant les installations : « Les agriculteurs, et encore plus les jeunes agriculteurs, subissent la diminution des espaces agricoles. Le foncier est aujourd’hui un des premiers freins pour l’installation des jeunes, surtout dans notre département, dynamique et attractif, dont il faut continuellement développer les infrastructures et les zones d’habitation. Nous ne sommes pas contre ce développement, mais nous demandons à ce que les autorités aient un peu de bon sens, et que la réflexion en amont des projets se fasse en toute cohérence. »

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