Sud de la France : trafic de viande de chevaux de laboratoire

Sud de la France : trafic de viande de  chevaux de laboratoire
Des centaines de chevaux, dont certains achetés au géant pharmaceutique Sanofi, auraient été vendus pour la consommation (DR)

Les gendarmes ont déclenché tôt ce matin une vaste opération dans 11 départements français dans le cadre d'une nouvelle enquête sur un trafic de viande de chevaux passés par des laboratoires scientifiques ou des centres équestres.

Impropre à la consommation mais pas forcément nuisible à la santé

Sud de la France : trafic de viande de  chevaux de laboratoire

Le procureur de la République à Marseille Brice Robin, en charge de l'enquête, a déclaré n'avoir "absolument pas la preuve à travers des analyses toxicologiques que ces animaux étaient nuisibles à la santé humaine". "Ce n'est pas parce qu'ils sont impropres à la consommation qu'ils sont nuisibles à la santé de l'homme", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Les chevaux ayant servi pour des expérimentations doivent toujours être écartés de la chaîne alimentaire, "par prudence", indique de son côté le ministère de l'Agriculture. La plupart des animaux ayant servi à des expérimentations sont euthanasiés. Dans de rares cas, ils sont placés.

Seul le préfet d'un département peut décider du placement ou de la remise en liberté d'un animal de laboratoire après s'être assuré que la santé de l'animal le permette, qu'il ne présente aucun danger pour la santé publique, animale et pour l'environnement, et que son bien-être est garanti, détaille le ministère.

Les investigations menées par la section de recherches de Languedoc-Roussillon sous la conduite d'un juge de Marseille visent la commercialisation de viande de chevaux qui auraient auparavant servi à la recherche d'entreprises pharmaceutiques ou issus de centres équestres.

Des centaines de chevaux, dont certains achetés au géant pharmaceutique Sanofi, auraient ainsi été vendus pour la consommation après falsification ou escamotage de leurs documents vétérinaires, selon la même source. C'est une dénonciation anonyme adressée fin 2012 à la direction audoise de la protection des populations qui a déclenché l'enquête.

Lundi matin, une centaine de gendarmes agissant dans le sud de la France, en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Midi-Pyrénées, ont entrepris d'interpeller une vingtaine de personnes dont un négociant de Narbonne qui serait soupçonné d'être l'organisateur du trafic.

Des cobayes pour la recherche

Ces interpellations devaient s'accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et, dans une moindre mesure, dans des abattoirs. Des recherches ont également été diligentées dans des locaux de Sanofi ainsi que dans un abattoir de Gérone (Espagne), de l'autre côté de la frontière, a indiqué l'une des sources.

"On avait le cheval du particulier en centre équestre par exemple, qui devait finir sa vie paisiblement dans un pré et qui la termine à l'abattoir alors qu'il a reçu des traitements médicamenteux le rendant impropre à la consommation", dit une source proche des investigations, "et puis on avait le cheval de laboratoire, avec deux cas de figure. Soit il servait à des prises de sang pour la fabrication de vaccins; soit il était cobaye dans la recherche".

"Cela ne veut pas dire qu'il y ait eu un risque pour le consommateur, mais de toute façon, ces chevaux n'auraient jamais dû se retrouver dans l'assiette du consommateur", a-t-elle dit.

Source avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier