Syndicalisme : En vue du 16 octobre : Veillée d'armes dans les cantons vendéens

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800 exploitations étaient représentées mardi soir au cours de 10 réunions organisées par la FDSEA et les JA à travers tout le département pour la préparation de la grande manifestation du 16 octobre.

Comme les éleveurs devaient malheureusement s'y attendre, le Conseil extraordinaire des ministres européens de l'agriculture lundi 5 octobre n'a débouché sur aucune remise en cause du processus de réforme du secteur laitier engagé en 2003 et renforcé par les conclusions du bilan de santé de la PAC. C'est par ce constat amer que les 10 réunions cantonales organisées par la FDSEA et les JA ont débuté partout au même moment le 6 octobre au soir. Des réunions souhaitées entre adhérents pour faire le point des demandes de court terme comme l'année blanche, mais aussi une réunion permettant de rappeler le projet politique de la FDSEA et des JA. « Notre rapport d'orientation 2010 souhaite aborder notre projet politique en lien avec le Projet Agricole Départemental, véritable ossature des orientations prises quotidiennement en CDOA » présente Joël Limouzin, dans la salle de la Martelle au Poiré-sur-Vie devant 150 participants. « Aujourd'hui nous faisons le constat d'un passage d'une politique agricole qui gérait et régulait des marchés, d'une puissance publique qui intervenait sur les principaux marchés pour tenir un prix, à une grande libéralisation.

La question centrale de notre projet est la suivante : A quel endroit devons-nous « peser » et de quelle manière afin de récupérer le maximum de valeur ajoutée ? Quelle est l'organisation économique qui donne le plus de pouvoir de décision aux agriculteurs ? ». Pour y répondre, la FDSEA et les JA entendent travailler selon sur plusieurs axes dont notamment l'implication financière des agriculteurs dans leur organisation de producteurs et/ou coopérative. « Nous voulons ainsi aborder la question, au sein de chaque filière, de l'organisation de producteurs et d'association d'organisations de producteurs et que cela se fasse avec l'appui des pouvoirs publics. Les GIE de vente doivent aussi nous interpeller » explique aussi le secrétaire général de la FDSEA, Hervé pillaud, en charge de la conduite de ce rapport 2010, et présent devant 80 personnes à Bournezeau. Des débats ressort une forte attente sur la contractualisation puisque l'Europe confirme chaque jour un peu plus la décision de 2003 d'abandonner toute forme de régulation. « Il faut donc suppléer l'Europe et se regrouper en amont pour s'organiser en filière face à la grande distribution. Avec des contrats sur des prix, un volume et une durée ». Une contractualisation européenne ? Avec des différences entre gros livreurs et petits ? Autant de questions qui taraudent les éleveurs sur le moyen terme et que le rapport d'orientation 2010 de la FDSEA abordera en détail.

2 à 3 milliards pour les PME, combien pour l'agriculture ?

Pour le court terme, toutes productions, tout le monde s'accorde sur l'année blanche, « dénominateur commun » de toutes les productions. « Sarko annonce plus de 2 milliards pour les PME. Sommes nous des PME ? Sommes nous moins considérés que des PME alors que chaque mois, les produits agricoles contribuent à l'excédent commercial de la France ? » questionne Guillaume Voineau, des JA du Poiré. « Le besoin de trésorerie est crucial. Habituellement, les aides PAC versées en avance suite aux demandes de la FNSEA et des JA représentaient la bouffée d'oxygène attendue à cette époque. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il nous faut plus. Et il ne faut surtout pas que les banques profitent du versement de 70% des aides PAC au 16 octobre pour récupérer les sommes liées au prêts bancaires d'avance PAC réalisés jusqu'au 15 décembre » prévient l'éleveur de St-Denis-la-Chevasse, qui exige aussi de la part de l'administration départementale une pause dans les contrôles et autres applications environnementales.

Sur le court terme, le constat est aussi unanime. « Ne leurrons pas les adhérents. Il n'y a pas le moindre retour en arrière sur le désengagement progressif de la puissance publique dans la gestion des marchés. Les éleveurs attendent de la transparence et qu'on leur parle un langage de vérité. Les décisions à court terme (prolongation du stockage, restitutions, »de minimis« à 15 000 € ...) seront décidées lors du Conseil formel du 19 octobre prochain. C'est donc bien le 16 octobre qu'il faut se mobiliser » conclut le président de la FDSEA.

Pétition en ligne

Pour soutenir les agriculteurs vendéens dans leur action, rendez-vous sur le site http://www.agri85.fr pour signer la pétition sur la crise agricole.

Source vendee agricole

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