Syngenta demande à Bruxelles de retirer son projet de restriction d'un pesticide

S C avec AFP

Syngenta demande à Bruxelles de retirer son projet de restriction d'un pesticide

Le groupe suisse Syngenta, le numéro un mondial de l'agrochimie, demande à la Commission européenne de retirer sa proposition de restreindre l'usage de néonicotinoïdes, accusés d'être à l'origine d'une surmortalité des abeilles.

Fin janvier, l'Union Européenne avait proposé de mettre en œuvre une interdiction ciblée de deux ans sur quatre types de cultures, dont le colza et le tournesol, après la publication d'un rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) soupçonnant ces substances d'être à l'origine du déclin des colonies d'abeilles. Cette suspension, si elle est appliquée, viserait notamment le Clothianidine, produit par le groupe allemand Bayer CropScience, ainsi que le Thiamethoxame, la molécule de Syngenta.

Le groupe suisse a vigoureusement contesté la rigueur scientifique de ce rapport, accusant l'EFSA d'avoir bouclé ce document à la hâte sous la pression politique.  "La Commission européenne a utilisé ce rapport incorrect de l'EFSA pour justifier des restrictions proposée sur cette technologie", a déclaré vendredi John Atkin, le directeur des opérations de Syngenta, cité dans un communiqué. "La Commission européenne doit stopper le processus actuel et entreprendre un examen complet afin d'identifier les risques réels pour la santé des abeilles", a-t-il ajouté.

Un examen approfondi du rapport a montré que l'EFSA a basé son évaluation sur une densité de plantation de semis irréaliste et excessive, soit deux fois à quatre fois plus élevée que celle utilisée dans la pratique agricole moderne, affirme Syngenta. Le groupe bâlois a écrit à tous les États membres et à la Commission européenne pour les informer de ces découvertes, a-t-il précisé dans un communiqué.

Plus largement, Syngenta affirme que le thiaméthoxam* n’est pas responsable de la baisse de production de miel en France. « Sinon comment expliquer que la production de miel ait été de 20 000 tonnes en 2011, année où le thiaméthoxam a été utilisé sur près de 2 millions d’hectares alors qu’en 2007, sans aucun traitement de semences néonicotinoïdes en colza, maïs et tournesol, cette même production de miel n’était que de 16 000 tonnes ? » souligne-t-elle dans un communiqué à la presse.

Syngenta demande également que le ministre de l’agriculture rende public le plan de suivi officiel réalisé lors de l’utilisation du thiaméthoxam sur maïs entre 2008 et 2011 et dont la conclusion figure dans l’avis de l’ANSES du 30 novembre 201) : « Les résultats de ce plan de suivi ne mettent pas en évidence d’effets attribuables à la mise en place de cultures de maïs issues de semences traitées avec la préparation CRUISER ou CRUISER 350 sur les colonies d’abeilles », affirme la société.

*Le Thiamethoxame est un des ingrédients actifs dans le Cruiser, un pesticide interdit en France pour la culture du colza.

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Commentaires 2

jojo

Pour mémoire, un autre grand de l'agrochimie suisse, Bayer, produisait le tristement célèbre Cyclon B utilisé massivement dans le plan d'extermination des juifs par les Nazis. Rappelons nous que les pesticides ont pour origine la production d'armes chimiques à partir de la première guerre mondiale. Et l'on prétend qu'une industrie possédant un passé aussi lourd serait aujourd'hui soucieuse de la préservation de l'environnement et de la sauvegarde de insectes pollinisateurs?

riezes

Syngenta se base pour ses affirmations sur les variations de la production de miel par rapport a l'utilisation ou non de thiaméthoxam mais oublie un facteur essentiel et déterminant :l'ensoleillement.

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