Tarn: les gendarmes expulsent des opposants à un barrage

Tarn: les gendarmes expulsent des opposants à un barrage

Une centaine de gendarmes mobiles ont entrepris vendredi matin d'expulser un groupe de manifestants qui occupent depuis desmois le site d'un projet de barrage dans le Tarn, a-t-on appris auprès de la préfecture et des militants.

Les occupants, une trentaine de personnes du collectif "Tant qu'il y aura des bouilles", ont opposé une résistance symbolique à l'opération déclenchée peu après 8h00, a déclaré Ben Lefetey, porte-parole du collectif "pour la sauvegarde de la zone humide du Testet". A la différence du premier cité, ce collectif privilégie le terrain juridique pour combattre le projet de barrage de Sivens. L'opération "est rendue inévitable puisque les opposants, au mépris des décisions de justice, ont décidé de se maintenir illégalement sur le site", dit la préfecture dans un communiqué. Elle vise "à permettre la réalisation de ce projet environnemental exemplaire".

Le projet de barrage près de Lisle-sur-Tarn donne lieu depuis des mois à une mobilisation faisant écho, en proportions plus réduites, à celle contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). La construction du barrage destiné à alimenter en eau les fermes situées à proximité ferait disparaître un réservoir de biodiversité de treize hectares. Un des occupants interrogé par téléphone, Sylvain X., a déploré "qu'on dilapide l'argent public dans une opération complètement démesurée pour expulser une poignée de jeunes écologistes qui veulent protéger la planète".

Il a annoncé que les occupants comptaient rester sur une parcelle de terrain où ils ont garé la semaine passée deux caravanes et des voitures.
Celle-ci n'est pas visée par l'arrêté d'expulsion. L'expulsion a été autorisée par la justice le 14 avril à la demande de la préfecture. Les manifestants reproduisent à leur échelle les techniques de harcèlement employées sur la "zone à défendre" de Notre-Dame-des-Landes. 
Les partisans du barrage, parmi lesquels la FDSEA, le défendent comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs. Ses adversaires s'émeuvent de la disparition d'une zone humide qui abrite 94 espèces protégées, parmi lesquelles des lamproies du Planer, un vertébré primitif en forme d'anguille.

Source AFP

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