TECH'ELEVAGE - Le bâtiment BECB en élevage de porc

Delphine BISSON

TECH'ELEVAGE - Le bâtiment BECB en élevage de porc
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Des travaux récents ont montré des écarts de dépenses énergétiques entre les élevages. Dans ce contexte, il a été demandé au secteur agricole de réduire son impact environnemental.

La filière porcine fait
partie des exploitations visées. C’est à partir de cette problématique que la
démarche de bâtiments d’élevage BEBC est apparue.

Qu’est-ce
qu’un BEBC ?

Un bâtiment à énergie positive produit plus d’énergie qu’il
n’en consomme. Ce qui signifie de construire un bâtiment d’élevage à basse
consommation d’énergie, et de produire des énergies renouvelables (éolien,
solaire…) pour compenser les consommations restantes. Ils doivent respecter des
seuils de consommation d’énergies maximales. Par exemple, on doit pouvoir
atteindre une économie d’énergie de 40% sur la maternité.

Comment
concevoir un BEBC en élevage porcin ?

L’isolation du bâtiment est le facteur majoritairement
responsable des déperditions thermiques. Les consommations d’énergie se
concentrent donc exclusivement sur le chauffage et la ventilation ; c’est
sur ces 2 postes que les efforts seront faits.

Les BEBC sont plutôt implantés selon une dépression
topographique, à l’abri des vents dominants. Pour bénéficier au mieux de
l’énergie du soleil, les ouvertures seront exposées côté sud avec un masque
végétal à feuillage caduc et des avancements de toitures pour se protéger
l’été. Le couloir tampon sera placé côté nord en aval de la dépression et
réduira les déperditions thermiques ; l’implantation d’un masque végétal à
feuillage persistant limitera les forts vents. Ce couloir agit comme une
barrière thermique qui empêchera les murs des salles chauffées d’être en
contact direct avec l’extérieur

Pour réduire davantage les pertes de chaleur, il est
préférable de regrouper les stades chauffés dans un même bâtiment et rapprocher
les salles à stades physiologiques fortement excédentaire en chaleur. Par
exemple, installer un atelier de post-sevrage au sud et l’engraissement au
nord.  

Le concept du BEBC s’intéresse également aux équipements mis
en place, ou encore aux nouveaux systèmes performants qui récupère l’énergie.
Le BEBC+ va plus loin dans sa démarche, qui propose dans ce cas des méthodes de
production d’énergie telle que la méthanisation.

  • Si vous souhaitez en savoir davantage sur les intérêts de
    ces bâtiments en élevage porcin, retrouvez nous à Tech’Elevage le jeudi 17
    novembre à partir de 14h15.

Aurore PACINI
Chambre d'agriculture de la Vendée

 Un BEBC, c'est aussi

Un BEBC, c’est également choisir des équipements performants
et entretenus. Notamment pour les tapis de sol proches des niches, qui
protègent les porcelets du sol en béton. Au-dessus des lampes infrarouges
viendront chauffer la portée.

L’entrée d’air par le bas du couloir tampon permettra de
préchauffer l’air avant son entrée dans les salles. L’extraction se fera alors
par le haut. Cela évite que l’air vicié froid arrive directement sur les
animaux par le dessous des caillebotis. On optimise alors la gestion de la
ventilation et du chauffage.

Différentes méthodes peuvent être envisagées pour récupérer
l’énergie. Par exemple, des échangeurs à chaleur tubulaire souterrain : ce
système récupère l’air loin du bâtiment, et sera réchauffé tout au long de son
cheminement à travers les conduits souterrains.

La démarche BEBC+ est une véritable opportunité pour
améliorer la conception et la performance du parc de bâtiment porcin. Cette
démarche doit être valorisée, d’autant plus qu’elle n’existe pas dans les
autres pays européens. Ça permet de donner une image positive de la filière
porcine dans la lutte contre le réchauffement climatique, les économies et la
production d’énergie. 

Le saviez-vousEn élevage porcin, 85% des consommations d’énergie sont
destinées au chauffage et à la ventilation. Ce sont ces deux postes qu’il faut
prioriser pour le BEBC. Pour le chauffage, on a identifié trois facteurs qui
viendraient impacter sa consommation : 

  • les déperditions à travers les
    parois de la salle, 
  • celles dues au renouvellement de l’air de la salle 
  • et les
    apports de chaleur par les animaux. 

 

Source Agri85

Publié par Delphine BISSON

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