Tourisme rural : Eleveurs d'huskies et de chèvres dans le Sancy

Bénédicte Boissier

Tourisme rural : Eleveurs d'huskies et de chèvres dans le Sancy

Jean-François Cassier, agriculteur depuis plus de 2 ans, exerce autour de ses chiens huskies, une activité d'élevage et de tourisme. Murielle son épouse a ouvert une chèvrerie à Murat Le Quaire quelques années auparavant.

Vivre sa passion

On voulait changer de vie, habiter la montagne… Jean-François Cassier déroule l'histoire de son couple. Avec Murielle, ils ont choisi d'exercer un métier dans des domaines qui les attirent depuis longtemps.
« Depuis mon adolescence les huskies de Sibérie me passionnent. »
Course à pied avec un chien, puis VTT et ski de fond toujours avec un chien… Il augmente peu à peu la meute. « J'avais un attelage de 6 chiens, alors que j'étais encore ingénieur dans une grande entreprise agro alimentaire. »
Murielle conduisait une chèvrerie. « On voulait greffer une deuxième activité. » Alors ce petit fils d'agriculteur de l'Allier, a rangé son costume cravate pour retourner à l'école et passer un brevet d'Etat spécialisé. Il a compilé tous les modules pour se former rapidement, avec le soutien sans faille de son épouse, de leurs deux enfants, « et des amis aussi ! »(rires).

Jean-François a bien préparé son projet

Jean-François a bien préparé son projet

Un agriculteur, des aides, des conseillers

Jean-François avec des aides des Conseils Général et Régional, l'appui de ses conseillers de la Chambre d'Agriculture, a démarré Sancy Traineau. Ainsi Olivier Roquefeuil, conseiller d'entreprise à la Petite Région Agricole Artense-Cézallier-Sancy, et Yves Tinquaut, conseiller Tourisme « m'ont aidé dans les domaines juridiques et économiques. Et ils n'ont pas compté leurs heures ! (Olivier avait déjà installé Murielle). Yves m'a apporté un véritable appui moral. C'est d'ailleurs la première personne que j'ai appelée quand j'ai décidé de sauter le pas. »

Le musher vous passera les rênes de temps en temps. Ceux qui ont essayé expliquent que c'est grisant.

Le musher vous passera les rênes de temps en temps. Ceux qui ont essayé expliquent que c'est grisant.

 

Des huskies, un éleveur-musher

Ils sont originaires de Sibérie, et portent des noms bien de là bas ! Trois mâles et six femelles. « Elles sont plus cools, bien que dans l'ensemble le husky soit relativement sauvage et désobéissant. Il vit comme un loup, dont il est le plus proche en terme de sang. »
Ils reçoivent une nourriture particulière : croquettes pour chiens de sport, riches en protéines et en matière grasse. Jean-François nettoie les enclos 2 fois par jour, procède régulièrement à des traitements sanitaires, s'occupe particulièrement des chiots : « c'est un travail prenant, car on leur donne une gamelle à midi mais aussi… à minuit! »
La chef de meute c'est Baïkal. « Et je choisi le plus futé comme chien de tête, celui qui suit mes ordres. Je le dresse de 6 mois à 3 ans. » A Sancy Traineau c'est encore une fille : Toundra.
« J'ai aussi la chance d'avoir un véritable couple au sens humain : Banquise dort sur Bivouac. Ils sont inséparables, et je les attelle ensemble. »
Jean-François est un musher : un conducteur de traineau à neige. « Cette appellation vient des chercheurs d'or français qui, sur leurs traineaux, disaient »marche, marche !« à leurs chiens, et les Anglais comprenaient mush, mush ! »

Ces activités entraînent des retombées pour les communes

Ces activités entraînent des retombées pour les communes

 

Participer à la dynamique locale

Il explique se sentir bien intégré dans son beau coin de Sancy. Avec Murielle il participe à des associations, travaille avec le musée de La Toinette de Murat -Le-Quaire. Ils contribuent à l'économie locale. En effet le nombre de visiteurs dans leurs deux activités, entraîne des retombées pour les centres d'hébergement, les gîtes…. Il a des projets de séjours clés en main (avec parapentes, promenade, escalade) avec Auvergn'Attitude, association crée avec d'autres professionnels patentés.

Faire connaissance des chiens est primordial

Faire connaissance des chiens est primordial

 

Promenades en traineau

« Quand il y a de la neige, j'organise des parcours sur ma piste de 3 km, aménagée avec les communes de Saint Sauves (débroussaillage) et de Murat le Quaire (dameuse). Jean-François Cassier reçoit ainsi 3000 personnes par an.
Avant de monter sur le traineau à neige ou à roue, chacun aura, lors d'une visite des installations, pris contact avec les chiens. »C'est capital ! Il faut une approche du chien avant toute activité avec eux.«
Depuis peu il se déplace à la demande, pour des comùités d'entreprise par exemple. »J'ai des caisses de transport aménagées pour chaque chien. Je dispose de traîneaux à neige ultramodernes qui viennent du Jura, et de traîneaux à roues faits sur mesure.«
Qu'il y ait ou non de la neige, les humains peuvent se faire tirer par des chiens. Sur des traîneaux bien sûr mais aussi sur une cani-trotinette. On peut même partir en randonnée à roues sur plusieurs jours…

La ferme pédagogique et ses chèvres alpines, rencontrent un grand succès

La ferme pédagogique et ses chèvres alpines, rencontrent un grand succès

 

La chèvrerie des Monts-Dore

Quand économie et pédagogie font bon ménage en milieu rural…
Murielle Cassier s'est installée agricultrice, après avoir suivi le parcours classique à l'installation, accompagnée par Olivier Roquefeuil, conseiller d'entreprise à la Chambre d'Agriculture /Pra Artense-Cézallier-Sancy
« Nous avons débuté avec 20 chèvres, nous en avons 60 aujourd'hui : des Alpines. On connaissait cette race qui résiste bien au froid. » Le troupeau dispose d'un pâturage de 15 ha, en prairie naturelle. Les 150 fromages produits par jour (sauf en hiver), sont vendus directement à la ferme de Champs Haut, à Murat-Le-Quaire. Une commune qui a fait spécialement aménager un parking pour les cars. La ferme reçoit en effet 6000 visiteurs par an.
Une ferme pédagogique
Créée en 2000, elle accueille nombre d'enfants pour une visite qui dure entre 1 h et 2 h 30 (c'est ouvert toute l'année, mais sur réservation).
« On les fait participer à la traite des chèvres, à la fabrication du fromage. Ils donnent le biberon aux chevreaux, à manger au troupeau… On leur explique la reproduction, la naissance, la fromagerie… »
Adhérente à Accueil à la Ferme et en Milieu Rural, Murielle Cassier a suivi des formations proposées par cette association, et la ferme apparaît dans le catalogue annuel.

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier